‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 165 sur 351 · POLICE DES MŒURS · texte numérisé non relu

POLICE DES MŒURS

mettre, afin que le vice soit proscrit, ou que du moins il baisse le front et rougisse à Taspect de la vertu républicaine (1). » Comme la commune de Paris, la commune de Troyes mit « les mœurs à l'ordre du jour, » et déclara qu'il était « du devoir des autorités constituées de les épurer. » « La débauche la plus effrénée )> était signalée, et l'on proposa d'établir un hôpital pour y enfermer les filles de mauvaise vie (2). Vingt-quatre d'entre elles furent mises en arrestation, et conduites dans une maison particulière affectée à leur réclusion. Elles y reçurent une nourriture frugale, et furent assujetties à un travail, dont le produit fut employé à indemniser la commune. On les avait arrêtées si précipitamment que nulle précaution n'avait été prise pour pourvoir à leur entretien. Quatre administrateurs et un chirurgien furent chargés de les surveiller. La commune, manquant d'argent, demanda à la Convention une allocation de 200,000 1.; elle vota, en attendant, une dépense de 6,000 1. pour l'entretien de l'établissement, qui existait encore à la fin de 1797 (3).

Mais cette mesure, prescrite dans l'intérêt de la morale publique, ne remédiait pas aux désordres auxquels se livraient les troupes de passage et surtout les volontaires du bataillon de la Monta-

il) Les commissaires des sections à leurs concitoyens. Union, Surveillance. Placard.

(2) Dél. mun. du 15 brumaire. Arch. de Troyes.

(3) Dél. mun. des 18 et 19 nivôse, etc. Reg. des sections. L'établissement, transféré dans les bâtiments de la Providence, fut maintenu par une délib. du 12 germinal an iv. Le nombre des détenues était réduit à 6. Dél. mun. des 28 vendémiaire et 15 frimaire an v.

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