‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 164 sur 351 · ARRÊTÉS DE LA COMMUNE · texte numérisé non relu

ARRÊTÉS DE LA COMMUNE

commerce, chaque jour on prenait des arrêtés nouveaux, souvent pour des motifs sans importance. Le i 0 février, on signale au conseil des citoyens et des citoyennes qui se promènent dans les rues sans cocarde, au mépris de la loi. On leur rappelle qu'ils doivent porter la cocarde, et du côté gauche, selon l'usage. Plusieurs habitants ne tiennent pas compte de cette injonction. Le 19 juin, on les menace de poursuites, « même dans le cas où les couleurs des cocardes qu'ils porteraient ne seraient pas assez saillantes pour être distinguées. » Nul ne peut voyager sans passeport. La commune, s'apercevant qu'on en délivre « une quantité prodigieuse, i^ se réserve de statuer sur tous ceux que l'on voudra obtenir (i).

. La liberté est partout méconnue. Les aubergistes ayant demandé à se réunir pour rédiger une pétition au conseil de la commune, celui-ci refuse de délibérer sur leur demande et leur répond qu'ils peuvent faire des pétitions individuelles (2). Sous l'ancien régime, les corporations pouvaient s'assembler pour traiter de leurs intérêts et présenter leurs plaintes.

Cependant on s'efforçait parfois d'appliquer les maximes de vertu, dont les orateurs de l'époque abusaient trop souvent. Les commissaires des sections engageaient « leurs concitoyens à veiller scrupuleusement avec eux sur les mœurs publiques, à livrer à la censure du peuple les individus, quels qu'ils soient, qui pourraient les compro-

(1) Dél. municipales. Arch. de Troyes.

(2) Dél. muD. du 29 nivôse. Arch. de Troyes.

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