LETTRE DU DISTRICT
provenant de ces déplorables brisements , forent trouvés à son domicile (1).
Le mystère dont les auteurs de cette œuvre de destruction s'étaient entourés en l'accomplissant au milieu de la nuit, l'absence de procès-verbaux, l'irrégularité des opérations, le défaut de contrôle, le transport des pierreries et de certains métaux chez Rondot (2), contribuèrent plus tard à le faire accuser, ainsi que deux de ses coopérateurs, d'avoir détourné une partie des objets de prix qu'il avait reçu Tordre de faire enlever de Saint-Kerre. Lorsque près de quatre mois plus tard l'agent national adressa au district les objets précieux qui lai avaient été confiés (3), le district le désavoua hautement, et refusa de recevoir le dépôt qu'il voulait lui remettre. « Nous avons, citoyen, lui écrivit-il, pris lecture de ta lettre du 27 de ce mois et de l'état y joint; nous n'avons jamais, d'accord avec la municipalité, décidé que telle ou telle pièce du trésor de Saint-Etienne serait conservée. Nous ne pouvons en conséquence recevoir les lambeaux que tu nous renvoyés. Ce dépôt ne pourrait nous concerner qu'autant que nous aurions concouru avec le département au brisement de ce trésor, pour la conservation duquel il avait été pris toutes les précautions possibles. Le dépôt légal des pierreries regarderait le receveur du district. D'après les
(i) Dél. du district du 7 messidor an ii. Arch. de TAube, L. 33.
(2) Rondot se disculpait, en disant que, s'il avait gardé pendant quelque temps des pierres précieuses ou gravées, rubis, etc., ce n'avait été que pour les nettoyer, les dégager de leur chaton et les classer. Dossiers du tribunal criminel.
(3,) Lollrc du 27 prairial. Corr. mun. Mémoire de Rondot, p. 25.