PROCLAMATIONS ET ARRÊTÉS
se procurer le grain que le sabre à la main, écrivent Rondot et Loyez... Les habitants de notre arrondissement, quoique avec un cœur bon, sont froids et mercantiles... L'égoïsme du cultivateur est plus difficile à détruire qu'il ne Test de renverser les suppôts des despotes (1). » Loyez croit qu'il est nécessaire d'effrayer ceux qui cachent des grains et font des provisions de vivres. « Ton parricide sera découvert, dit-il dans une proclamation, en s'adressant à celui qui se refuse à exécuter la loi, et sous la hache de la justice, tu expieras ton forfait. » Il ajoutait, en parlant de ceux qui faisaient des provisions que « leur système de conservation pouvait devenir pour eux et pour les autres celui de la destruction (2). » La commune ordonnait à tous les citoyens de la ville de verser le jour même tous les grains qu'ils avaient chez eux, sous peine de confiscation au profit des pauvres, et au prix du maximum. Elle voulait que les cultivateurs ne pussent en conserver pour la consommation de plus d'une semaine. Les troupes et la garde nation'ale étaient envoyées dans les cantons et dans les districts pour faire battre, charger et amener les grains de la dernière récolte. Dans certaines communes, la résistance des habitants leur fit
pour les approvisionnements des usages de l'ancien régime. Il est intéressant de comparer les mesures prises à ce sujet par les autorités révolutionnaires avec celles que prescrit une déclaration de Louis XIV d'avril 1709, et surtout avec les ordonnances rendues à Troyes la même année par le commissaire député du roi en Champagne, De la Mare. {Traité de la Police^ 2» édition, t. II, p. 910.)
(1) Lettres des 30 nivôse et 21 pluviôse. Arch. de l'Aube, L. .1364.
(2) Proclamation du 8 pluviôse. Imp. Déjà une circulaire du 16 frimaire avait menacé de la peine capitale les cultivateurs récalcitrants.