‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 188 sur 351 · RÉQUISITIONS MILITAIRES · texte numérisé non relu

RÉQUISITIONS MILITAIRES

tions sur réquisitions. Les autorités supérieures même se croisent ; les comités de la guerre et de la marine se contredisent continuellement; nous ne savons à qui donner la préférence (1). » A ces comités, Rondot aurait pu ajouter le ministre de l'intérieur, qui demandait 4,000 quintaux d'orge pour les brasseurs de Paris. C'était peu en comparaison de l'armée de la Moselle qui réclamait 120,000 quintaux de grains, du département des Ardennes et des Vosges, qui devaient en recevoir 33,000. Trente mille pintes de vin sont réquisitionnées pour l'armée de la Moselle (2). On prescrit en outre le recensement des cochons, et sur 1 ,697 que contient le district, 21 5 sont pris pour les approvisionnements militaires, à la fin de 1793 (3).

Quand les réquisitions pour les armées sont en retard, les administrations en sont rendues responsables. Le comité de salut public reprocha au directoire de l'Aube l'inertie et la faiblesse des autorités dans la livraison des réquisitions demandées par l'armée des Ardennes. Le directoire se justifia; il obtint qu'on réduirait la réquisition; il prouva qu'il avait employé des mesures promptes et « même révolutionnaires. » Par ses ordres, 1 50 hommes de cavalerie et un détachement du bataillon de la Montagne avaient parcouru le département, arrêtant les maires qui n'obtempéraient pas à leurs injonctions (4).

(1) Lettre du 19 nivôse. Arch. de l'Aube, L. 1364.

(2) Lettre du 27 frimaire. Dél. du 5. Id., L. 307 et 14.

(3) Dél. du district du 23 frimaire. Voir aussi Arch. de l'Aube, L. 1563,

(4) Dél. des 7, 12 et 19 germinal. Arch. de l'Aube, L. 1. Lettres de germinal, L. 301.

prendre les effets pour les causes, c'était rejeter sur les administrés les résultats de Tineptie des administrateurs.

Les autorités craignaient toujours de ne pouvoir suffisamment alimenter le marché. Tantôt elles le déplaçaient, tantôt elles le supprimaient, comme le fit Gâchez, pour concentrer le dépôt des grains à Saint-Urbain, « parce que, disait-il, les plus hardis et les plus forts se procuraient plus que le nécessaire aux dépens du public (1 ) . » Les administrations alarmées étaient réduites à faire connaître la situation de la ville au ministre et à la Convention, soit par des lettres pressantes, soit en leur envoyant des députés. « Du pain, citoyen ministre, écrit le district le 1 3 octobre 1 793, du pain pour les 27,000 individus qui habitent notre ville; dans peu, nous en demanderons pour les 57,000 habitants du district (2).»

Le recensement qui avait été fait, et qui certainement était au-dessous de la réalité, inspirait ces appréhensions. Les habitants de la campagne, autorisés par un décret récent à garder les grains qui leur étaient nécessaires pour un an, cherchaient plus que jamais à éluder les arrêtés qui les contraignaient à en apporter une partie à la ville. Pour presser les plus récalcitrants, on envoya chez eux des gardes nationaux, qu'ils étaient tenus de recevoir à leur « pot et sel (3). » — « On ne peut

(1) Dél. mun. des it octobre et 6 brumaire.

(2) Arch. de l'Aube, L. 46. Le district écrit le même jour : notre seule ressource est 131,000 quintaux de tous grains... Nous avons déjà reçu deux mois de cette récolte.

(3) Dél. du district du 25* jour du ï" mois. On s'inspirait trop souvent

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