‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 191 sur 351 · TAXE DES DENRÉES · texte numérisé non relu

TAXE DES DENRÉES

commune, qui débutait par une sorte de dithyrambe en rhonneur des sans-culottes, ne remédia à rien. Des désordres analogues avaient lieu deux mois plus tard. Un piquet de quarante hommes, fournis alternativement par les bataillons de l'Aube, de la Montagne et la compagnie des vétérans, fut commandé pour protéger, les jours de marché, les habitants de la campagne contre ceux qui voulaient s'emparer de leurs produits. Lorsque les laitières arrivaient, les femmes se jetaient sur elles pour leur enlever le lait qui ne pouvait être vendu qu'aux personnes ayant des enfants. Un peloton de quatre hommes, dirigé par un officier municipal, dut se rendre le matin aux portes pour assurer « l'arrivée et l'entrée des laitières (1). )>

Souvent on éludait la loi pour aller chercher à la campagne, dans un rayon de cinq lieues, les denrées qu'il était difficile de trouver à la ville. De nouveaux tableaux du maximum furent dressés par l'agent national du district conformément à la loi du 6 ventôse, pour fixer le prix des aliments et des denrées (2) ; avant d'établir le prix de la viande et de la volaille, il fut nécessaire de faire préalablement un recensement des bestiaux. En ville, la taxe était fréquemment dépassée par les bouchers ; et on leur reprochait d'acheter les vaches à un prix trop élevé, pour avoir un prétexte de vendre audessus du cours. Certains registres des comités de surveillance contiennent les plaintes des acheteurs

(1) Arrêtés des 6 et 7 germinal. Dél. mun. du 26 pluviôse. Arch. de Troyes.

(2) Tableaux imprimés du 27^ floréal an ii.

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