‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 197 sur 351 · ACCUSATIONS CONTRE LES NÉGOCIANTS · texte numérisé non relu

ACCUSATIONS CONTRE LES NÉGOCIANTS

Il n'était pas moins difficile de Tendre que de fabriquer; on ne put, à une certaine époque, livrer le coton au dehors, si ce n'est aux habitants des faubourgs. Un marchand, nommé Desguerrois, fut incarcéré pour en avoir vendu publiquement. Les fabricants ne pouvaient expédier aucun ballot sans le visa des comités de surveillance de leurs sections (1). Les réquisitions pour les armées, dont quelques-unes montaient à 100,000 aunes de toile, fournissaient cependant du travail à ceux qui pouvaient se procurer du coton brut, que la ville obtenait difficilement de la Convention (2).

L'administration accuse les négociants des difficultés de l'industrie, comme elle accuse les cultivateurs de la rareté des grains. Elle attribue à la malveillance une situation commerciale amenée par une législation détestable. « Jadis, écrit Rondot à Loyez, c'étaient les grands qui entravaient notre machine. Aujourd'hui, qui leur succède? les boutiquiers, qui, désespérés d'avoir été frappés d'une sainte loi, veulent en dépit de tout, même de leur propre sort, récupérer ce que leur propre voracité leur a fait perdre. Si la justice nationale voit encore ces êtres reptiles s'agiter pour faire le malheur du peuple, je ne vois plus qu'un moyen; c'est de les forcer à cultiver la terre ou d'être soldats (3). » Singulier moyen de ramener la confiance et de rendre au commerce l'activité qui lui manque.

Le printemps aggrave la situation déjà si pré-

(1) Dél. mun. des 18 et 23 floréal. Arrêté de Maure, du 21 fructidor an ii.

(2) La Convention ne procura à la ville que 175 balles de coton pesant 50,1221.

(3) Lettre du 3 pluviôse. Arch. de l'Aube, L. 136i.

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