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LA SOCIÉTÉ POPULAIRE ET LES DÉTENUS

VOUS représente comme des victimes de Tintrigue... des lois bienfaisantes vous mettent à même d'éviter le piège et de le repousser (1). » Les détenus demandèrent qu'il leur fût du moins permis de communiquer avec leurs parents et leurs domestiques, en présence d'un commissaire de la municipalité. Le conseil général passa à l'ordre du jour sur cette pétition (2).

C'était surtout la Société populaire qui réclamait des mesures de rigueur. S'inspirant des doctrines de Marat, dont elle plaçait le buste dans la salle de ses réunions (3), elle applaudissait à l'incarcération des parents d'émigrés et des ci-devant prêtres. Elle demandait à la Convention de décréter que les suspects d'un département seraient transférés dans un autre, et elle écrivait aux autres sociétés pour les prier d'appuyer sa demande (4). Le 8 mars, sur la proposition de Bourdon, elle nomma une commission de douze membres pour « examiner la conduite des personnes détenues, afin d'envoyer les plus criminelles au tribunal révolutionnaire, et par là de donner plus d'aisance à ceux qui resteraient en prison ou seraient dans le

(1) Corr. mun. du 22 nivôse an ii. Arch. de Troyes.

(2) Dél. du 1" pluviôse. Id. Réclamation des détenus. Arch. de l'Aube, L. 1502.

(3) La société se réunissait à Saint-Urbain, en thermidor, comme l'atteste la curieuse lettre suivante, citée par M. Vallet de Viri ville, dans les Archives historiques du département de V Aube, p. 287 : «Nous invitons les membres composant le département. Si posible est, de donner au porteur trante chuiliette (chevillettes) en fer, provenant des démolitions du Clocher de Urbain, pour construire des lenterne pour Eclairer La Société populaire qui va être Se soir à Urbain; Locale destiné à y tenir ses séances. »

(4) Adresse de la Société populaire régénérée de Troyes à la Convention nationale, in-S» de 4 p. Lettre du 4 ventôse.

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