‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 215 sur 351 · ETAT DES ESPRITS · texte numérisé non relu

ETAT DES ESPRITS

plusieurs sous la même tente avec un peu de paille, des patriotes comme nous n'hésiteront pas à coucher plusieurs dans la même chambre, et même dans les corridors (i). » Le conseil général restait sourd à leurs réclamations; sachant que leurs partisans étaient nombreux , il craignait qu'ils ne pussent communiquer avec eux pour recouvrer leur influence.

Les passions surexcitées par les événements de décembre étaient loin d'être apaisées à Troyes. Loyez traçait à la fin de Vhiver un tableau instructif de rétat des esprits : « Il n'est sorte de version, écrivait-il au comité de sûreté générale, que Ton ne fasse à Troyes depuis l'affaire des sections. Aujourd'hui telle quantité d'individus du nombre de ceux incarcérés va être traduite au tribunal révolutionnaire; demain tel nombre doit être élargi; un autre jour, c'est un commissaire qui arrive et qui va faire incarcérer encore; puis un autre qui doit tout pacifier, en rendant justice aux patriotes vexés. En ce moment on répand que tous les Troyens qui sont à Paris pour solliciter vont être recherchés et incarcérés. Enfin les esprits sont continuellement dans une tension plus ou moins inquiète et alarmée. Il serait bien à désirer qu'un commissaire ad hoc et non influencé prît une connaissance réelle des faits, et terminât une lutte et mit fin à des débats qui altèrent l'esprit public, entretiennent la discorde, excitent les haines et les passions politiques.

(1) Lettres des 2 germinal, 25 et 30 floréal. Arch. de l'Aube, L. 1591 et 1550.

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