‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 217 sur 351 · POURSUITES CONTRE ROUSSELIN · texte numérisé non relu

POURSUITES CONTRE ROUSSELIN

empêcher l'esprit public de se former à la hauteur de la Révolution (1). »

Tandis que la chute des athées et des ultrarévolutionnaires de Paris augmentait l'audace des révolutionnaires de Troyes, la chute de Danton qui depuis son retour d'Arcis, voulait faire prévaloir la modération et l'humanité dans la politique, rendit confiance aux modérés et troubla leurs adversaires. C'est que Danton n'était intervenu dans les affaires de la ville que pour soutenir Rousselin; c'est que, s'il avait pu rendre quelques services particuliers, il avait été l'ami et le soutien des hommes qui proposaient les mesures les plus extrêmes. On savait qu'il était le protecteur de Rousselin; on espérait que celui-ci partagerait son sort. En effet, sur la motion de Couthon et de Robespierre, Rousselin fut rayé du tableau des Jacobins, et traduit au comité de sûreté générale sous la prévention d'intrigues et de dilapidation dans la commune de Troyes. Le représentant Garnier, qui avait toujours blâmé ses actes, engagea la commune de Troyes à féliciter la société des Jacobins et Robespierre de « cet acte de justice qu'il regardait comme aussi précieux qu'une victoire. » Plusieurs comités de surveillance n'avaient pas attendu cette invitation pour leur voter à l'unanimité des adresses de remercîments (2).

L'occasion était favorable pour les sectionnaires incarcérés de justifier leur conduite en accusant

(1) 2 et 3 germinal. Arch. de l'Aube, L. 1433.

(2) Reg. des comités des 3% 5* et G* sections. 10 et II prairial. Arch. de l'Aube.

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