ROBERT ET GUÉLON A PARIS
leurs persécuteurs. Parmi eux se trouvaient deux hommes énergiques, Augustin Guélon et Robert, qui ne craignirent pas de demander à être transférés à Paris pour faire au comité de sûreté générale des révélations importantes. Le comité ordonna leur transport à Paris (1). Grâce à l'influence de Garnier, ils obtinrent d'être mis en liberté provisoire, et firent imprimer leurs dénonciations contre Rousselin et ses partisans. Guélon, sachant qu'il risquait sa tête, ne ménagea pas ses adversaires. Ses accusations, précises, hardies, accablantes, étaient comme autant de traits lancés d'une main vigoureuse contre des hommes qu'un acquittement pouvait encore rendre redoutables.
Rousselin, comprenant le danger des accusations dirigées contre lui, chercha des témoins favorables à sa cause. Sûr d'en trouver à la Société populaire de Troyes, régénérée par ses amis et composée de ses adhérents, il lui écrivit pour lui demander une attestation de bonne conduite. Sa lettre fut lue à la fin d'une séance, où les tribunes étaient à peu près dégarnies. L'attestation, accordée sans réclamation, fut envoyée aux corps constitués, qui y adhérèrent (2). Quelques jours après, la Société populaire écrivait au club des Jacobins pour se plaindre des dénonciations faites contre Rousselin; sa lettre fut renvoyée au comité de salut public (3). Le district, de son côté, unissant
(t) Robert fit sa demande le 26 floréal. Quant à Guélon, il fut transféré à Paris le 25 prairial, par ordre du comité, du 18, signé de Robespierre, Billaud-Varenne et Barère. Arch. de TAube, L. i486. •
(2) 21 et 22 prairial. Arch. de l'Aube et de Troyes.
(3) Lettre de Robert, du 8 messidor. Arch. de l'Aube, L. 1489.