‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 227 sur 351 · RÉGIME DE LA TERREUR · texte numérisé non relu

RÉGIME DE LA TERREUR

prêtre était une cause de transportation, d'incarcération et parfois de mort; lorsque l'athéisme triomphant installa dans la cathédrale dépouillée le culte de la Raison? Ce ne sont pas seulement les lois divines qui sont outragées, ce sont aussi les lois humaines. Des femmes, des enfants, des vieillards, sont incarcérés, uniquement parce qu'ils ont pour parents ou pour alliés des émigrés; des innocents, parmi lesquels se trouve un vieillard ayant à peine conscience de ses actes, sont livrés à la guillotine de Paris sous des inculpations vagues et sans portée. Des taxes arbitraires sont levées et en partie dépensées sans contrôle; la spoliation est organisée, l'argenterie est enlevée et brisée. Ni la liberté individuelle, ni la sécurité du domicile, ne sont respectées. Les transactions sont soumises à mille règles vexatoires et inutiles. L'inquisition pèse sur les actes et les intentions; elle est exercée par des agents fanatiques, pour qui l'insolence devient un droit et la dénonciation un devoir. L'indiscipline est partout; des bandes armées et souvent avinées, le bataillon de la Montagne et la garde soldée, molestent les habitants et les détenus. L'instruction, malgré les décrets de la Convention, est délaissée; le collège est déserté; les écoles primaires ne s'ouvrent pas. L'ignorance et la misère augmentent; le travail est paralysé. Telles étaient les conséquences, non point extrêmes, mais pour ainsi dire atténuées, d'un régime qui avait supprimé la liberté, avili l'autorité, déshonoré la justice, et en ébranlant les croyances anciennes, compromis pour longtemps les principes nouveaux.

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