‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 226 sur 351 · REGIME DE LA TERREUR · texte numérisé non relu

REGIME DE LA TERREUR

brement à Troyes, et un assez grand nombre d'étrangers vint s'y réfugier (1), pour y trouver une sécurité relative, que, grâce aux événements qui suivirent, Tacquiltement de Rousselin et de ses partisans ne put troubler.

Si la modération et Thumanité dominèrent souvent dans les décisions des autorités locales, si elles s'efforcèrent parfois d'atténuer les prescriptions du pouvoir central et de repousser les motions des clubs, si le régime de la Terreur fut moins sanglant à Troyes qu'ailleurs, ce régime doit-il être jugé moins sévèrement? Peut-il être excusé, parce que la sagesse et la prudence des habitants, ne fournirent point l'occasion de déployer contre eux d'excessives rigueurs? Ce régime a été le pire des despotismes, parce que non content de courber sous ses prescriptions les volontés, il a violenté les principes même de la justice et de la morale. Sous ce régime, la fidélité à une conviction politique est un forfait digne du dernier supplice; la foi religieuse n'est plus que du fanatisme; la modération est le plus grand de tous les crimes. En revanche, la délation, la vengeance, la spoliation, le vandalisme, l'athéisme deviennent des vertus. C'est d'un pareil régime, appliquant de semblables principes, que Joseph de Maistre a pu dire avec raison que c'était une révolution contre Dieu. Ne l'aurait-on pas cru, lorsque l'on vit les églises fermées, et ne se rouvrant que pour être spoliées et profanées; lorsque le seul titre de

(1) Lettre da district du 12 thermidor. Arch. de TAabe, L. 1509. Ainsi, le 6 floréal, un ex-noble, venant de Paris, est autorisé par la commune à fixer sa résidence à Troyes. Dél. mun.

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