MAURE
Maure tenait une boutique d'épicerie à Auxerre, lorsqu'il fut envoyé à la Convention par les électeurs de l'Yonne. Il avait voté la mort du roi, en s'écriant : Quand il aurait mille vies, elles ne suffiraient pas pour expier ses forfaits. Ami de Marat, qui l'appelait son fils, il appartenait au parti de la Montagne. Il avait rempli plusieurs missions, notamment dans les départements de Seine-et-Marne, du Loiret et de l'Yonne ; il poursuivit l'aristocratie à Coulommiers, fit dresser la guillotine à Sens, et envova de nombreuses victimes au tribunal révolutionnaire. Cependant ses intentions valaient quelquefois mieux que ses actes. Il était accessible à certains sentiments d'humanité, surtout lorsqu'il n'agissait pas sous l'influence des déclamations révolutionnaires. Sa tête était exaltée, son caractère faible, et lorsqu'au 4 prairial les terroristes furent proscrits, il se fit sauter la cervelle, après avoir écrit ces mots pour apologie : « Je ne suis pas un méchant homme, je n'ai été qu'égaré (i). »
Le comité de salut public avait donné à Maure les pouvoirs nécessaires pour procéder à l'épuration des autorités et de la Société populaire. Ce fut par cette dernière qu'il commença. Huit membres pris dans son sein en choisirent vingt-quatre pour former le conseil du représentant; de concert avec eux, il épura les comités de surveillance et les administrations. Un certain esprit de conciliation présida au choix des nouveaux fonctionnaires, qui ne furent pris ni parmi les sectionnaires ar-
(l) Mémoires de Lombard de Langres, Liv. I, ch. IX, — Biographie générale. — Moniteur,