ÉLARGISSEMENT DES DÉTENUS
Vers quantité de gens d'une indulgence qu'ils ne méritaient pas (1). »
Maure essaya en vain de nier. Il avait, il est vrai, prescrit quelques arrestations; mais, s'il n'avait pas fait relâcher dix-huit femmes ou parentes d'émigrés, il en avait mis neuf en liberté. Pour les prêtres élargis, le chiffre était rigoureusement exact. Mais sur les 1 25 suspects dont il avait ordonné la délivrance, se trouvaient 26 sans-culottes, dont 5 femmes, 4 domestiques et 4 laboureurs. Huit hommes de loi, 7 militaires et 15 marchands étaient aussi du nombre (2).
Il ne restait plus au Grand-Séminaire que cent un suspects incarcérés. Les nobles, les prêtres, les femmes, filles, mères ou sœurs d'émigrés étaient en grande majorité (3). Ces détenus ne tardèrent pas à être élargis. Le 10 octobre, le rapport décadaire de la commune disait : « La Terreur n'est plus à l'ordre du jour... la liberté, la confiance renaissent enfin. » Le 2, la garde des détenus avait été réduite à huit hommes; le 10 novembre, elle le fut à quatre; la maison de réclusion ne contenait plus que trente détenus, La plupart d'entre eux étaient des malheureux auxquels personne ne s'intéressait (4). Le 25, il n'en restait plus que qua-
(1) Séance des Jacobins du 3 vendémiaire an m. Moniteur an m, n"' 7 et 10.
(2) Arrêté du 21 fructidor.
(3) Ex-prêtres : 25; ex-nobles : ^2; femmes, filles ou sœurs d'émigrés : 24; hommes de loi : 11; militaires : 4; anciens fonctionnaires : 4; médecins: 2. Parmi les hommes de loi se trouvent 4 huissiers. Il est permis de croire que des rancunes personnelles n'avaient pas été étrangères à leur incarcération et à leur maintien en prison.
(4) Gorr. et dél. municipales. Lettre de Loyez du 25 brumaire. « Comme