RENOUVELLEMENT DES AUTORITÉS
taient au directoire, on adjoignit Hérard-Dret et Gelyoti Le conseil fut composé d'anciens administrateurs, tels que Brocard, Gérard et Chaussin, auxquels on donna pour collègues Colarey père, de Piney, Dubois, de Croncels, et Vérollot. La municipalité subit des modifications non moins importantes. Si le maire Mignot fut maintenu en fonctions, ainsi que deux oflSciers municipaux, tous les autres furent remplacés (1). Duchâtel-Berthelin fut nommé agent national. Dès le 7 février, les nouveaux membres furent installés; ils s'empressèrent de réclamer les comptes de leurs prédécesseurs, dont un certain nombre, suivant Albert, aimaient mieux la révolution pour eux que pour leurs concitoyens (2).
Tous ces changements furent applaudis par la majorité de la population. Albert, s'étant rendu au théâtre, y fut acclamé, et à la fin de la représentation, une actrice, jouant le rôle d'une divinité, descendit sur des nuages de carton pour venir ofi*rir au représentant une couronne civique (3).
L'administration renouvelée fonctionna désormais avec d'autant plus de régularité que le comité révolutionnaire, dont les deux tiers des membres avaient été remplacés par le représentant, allait bientôt cesser ses fonctions, aux termes du décret
(1) Les officiers municipaux nommés par Albert furent : Joseph Savin, ^ilIard-Paupe, Bély, Bouchet, Loiselet, Faitot-Desruelles, Séguin, Lalesse,
GeofTrin, Aubry, Truelle-Lemaire, Ponsard, Bazin et Jeanson. Joum, du Département, du 24 pluviôse. Voir aussi sur la réorganisation des autorités : Arch. nationales, D, g 1, n" 2.
(2) Dél. municip. — Compte-rendUf... p. 10.
(3) Vers le 20 pluviôse. Arch. de l'Aube, L. 15^4.
346 MUNICIPALITES RURALES.
du 1 *' ventôse (1 ] . Dans les autres districts da département, où Maure avait nommé des perruquiers juges et des maréchaux-ferrants administrateurs, les épurations urgentes avaient déjà été faites par le comité de salut public ; Albert n'eut qu'à les compléter. La gendarmerie fut réorganisée parles soins du directoire départemental. Quant à la justice, le représentant n'eut que des éloges à donner au tribunal criminel, qui n'avait jamais été l'instrument des factions, et dont aucun jugement n'avait été infirmé. Les membres du tribunal du district de Troyes furent également maintenus en fonctions; mais sur quatre juges de paix delà ville, trois furent changés (2).
Dans les campagnes, le désordre résultant de l'incurie et de l'incapacité des autorités avait été plus grand que dans les villes. « Une des choses dont il faudrait que la Convention s'occupât, écrivait Albert, c'est de diminuer le nombre des municipalités des campagnes. » Dans beaucoup de •communes, personne n'était en état de remplir les fonctions de maire, d'agent national et de secrétaire. Le système de la Terreur, dit un arrêté du département, en comprimant toutes les âmes, avait relâché tous les liens de la subordination (3). Si dans certaines communes, il n'y avait eu ni excès, ni dégradations, ni destructions (4), un autre document officiel nous montre dans la plupart d'entre
(1) La dernière séance du comité est du 30 ventôse. Arch. de l'Aube, L. 43.
(2) Les nouveaux juges furent Varlet, Bourgeois et Picard.
(3) Arrêté du 7 messidor, réprimant des coalitions d'ouvriers à Nogent.
(4) Lettres du 30 germinal. Arch. de l'Aube, L. 1591.