DÉGÂTS DANS LES CAMPAGNES
elles « les propriétés plus ou moins dévastées, les forêts déchirées par la hache furtive ou dépouillées sans pudeur par des attroupements audacieux ; les clôtures renversées ; les champs dévorés par des animaux pendant le sommeil de leurs maîtres ; les prairies couvertes d'avides brebis jusque dans le temps de leur plus utile végétation; enfin tous les présents de la nature livrés à Timpolice qui les dégrade et les dévore. » C'étaient là, selon l'administrateur qui traçait ce triste tableau, les résultats de la Terreur et de la coupable indulgence des fonctionnaires, trop souvent les protecteurs naturels ou les complices de ces abus et de ces dévastations (1).
Tandis que le directoire départemental cherchait à y remédier, en faisant exécuter la loi du 6 octobre 1791 sur la police rurale, en nommant des gardes-champêtres dans les communes qui en manquaient, et même en faisant faire la nuit par les troupes des patrouilles dans les campagnes (2), la municipalité de Troyes était assaillie de réclamations de la part des propriétaires, victimes du «brigandage révolutionnaire. » Elle ne pouvait leur accorder des indemnités, qui auraient pu s'élever à « une somme énorme, » et que ses ressources ne lui permettaient pas de payer; mais elle ordonna le remboursement ou la /restitution des objets enlevés ou employés par la commune pendant la période de la Terreur, tels que les armes
(1) Séance du département, du 17 messidor. Arch. de TAube, L. 18.
(2) Déi. du 11 messidor. Arch. dei'Âube,L. 40.