TERRORISTES FONCTIONNAIRES
obtenant des fonctions publiques; Pecquereau était employé aux convois militaires de l'armée de rOuest; Thomas et Ride, inspecteurs des fourrages à l'armée de Sambre-et-Meuse; Déan fils, inspecteur des hôpitaux à Tarmée du Nord, Sergent et Hadot, employés à Paris, Tun à la trésorerie nationale, l'autre au comité de législation (1). Quant à Rousselin, fort de l'appui de quelques conventionnels, il brava la colère des habitants de Troyes, et on le vit plus tard, riche, influent, titré, faire, à la tête du journal le Constitutionnel qu'il avait fondé, une opposition violente à un gouvernement modéré, après avoir été l'agent de la Terreur et le flatteur de Napoléon (2).
C'est en vain que la commune de Troyes réclama dans les termes les plus vifs contre l'impunité qui dérobait des hommes compromis aux poursuites qui atteignaient leurs complices ; c'est en vain qu'elle demanda à la Convention d'ordonner leur arrestation. Albert, dont la mission de réorganisation et de justice était désormais terminée (3), avait
(1) Liste des fonctionnaires destitués depuis le 9 thermidor. Arch. de TAube, L. 1569. Cette liste contient 32 noms. Combien d'individus, écrivait Loyez le 24 frimaire an m, qui formaient des noyaux d'intrigue vendus au robespierrisme dans les départements, remplissent de places dans les bureaux à Paris. Ce sont autant d'insectes qui s'attachent et forment panier avec les grosses mouche? de la queue du terrorisme 1 II est bien instant de dénicher ces oiseaux de mauvais augure. Id., L. 1433.
(2) Dans un chant national, intitulé la France délivrée ou la Lyonnaise, publié en 1814, l'ancien ami de Danton s'écriait :
Napoléon, roi d'un peuple fidèle, Tu veux borner la course de ton char ; Tu nous montras Alexandre et César, Et nous verrons Trajan et Marc Aurèle !
Rousselin mourut le 15 juin 1847, à Paris.
(3) Elle avait duré 125 jours; ses dépenses montèrent à 24,824 1. 1\ avait