ARRESTATION DES TERRORISTES
les auteurs immédiats des actes de terrorisme, qui devaient être poursuivis; dans la seconde, ceux qui s'étaient laissés entraîner par faiblesse ou ignorance. La passion présida sans doute à quelquesunes des appréciations dont la conduite des prévenus fut l'objet ; les actes avaient été si violents, que le langage s'en ressentait. Plusieurs de ceux qui comparaissaient en accusés devant le conseil municipal étaient qualifiés d'aboyeurs de section, d'hommes de sang, de vrais bouchers du genre humain, d'hommes féroces et suant le crime. Mais si les expressions dont on se servait à leur égard étaient parfois outrées, si quelques-uns d'entre eux pouvaient invoquer la légalité pour excuse, ils avaient participé à des actes criminels; ils les avaient excités; ils avaient réclamé des mesures plus impitoyables, et des innocents avaient été victimes de leurs déclamations et de leurs violences. Quarante-trois terroristes furent rangés dans la première section ; trente-et-un dans la seconde (1). Les premiers furent arrêtés par ordre d'Albert, le 1" mai, et incarcérés au Grand-Séminaire, où ils avaient fait enfermer tant de victimes (2).
Comme il arrive la plupart du temps dans les révolutions, les chefs échappèrent, les comparses furent atteints. Pecquereau, Thomas, Ride, Antoine, Déan fils. Sergent, Bourdon et Hadot, grâce à la protection de quelques représentants, s'étaient mis à couvert de la justice de leurs concitoyens en
(1) Dél. mun. des 2^ 3 et 4 floréal. Arch. de Troyes.
(2) Corr. mun. du 30 prairial. Id.