TERRORISTES INCARCÉRÉS
Aussi signalait-on les murmures et même les cris menaçants avec lesquels la majorité de la population avait accueilli la nouvelle de l'élargissement des terroristes (1); une députation fut envoyée à Paris par un grand nombre de citoyens pour s'en plaindre à la Convention.
Les réclamations énergiques des administrations, les démarches actives des citoyens et de plusieurs députés, parmi lesquels était Piefret (2), firent revenir le comité de sûreté générale sur sa décision, et par un nouvel arrêté du 1 8 juillet, les détenus libérés furent réintégrés au Gi^and-Séminaire. La municipalité continua à leur accorder des permissions de sortie, et comme la plupart d'entre eux ne pouvaient payer leur garde, dont la solde avait été mise à leur charge, elle les fit transférer à la maison d'arrêt (3), en attendant qu'ils fussent jugés par le tribunal criminel.
Parmi lès terroristes incarcérés se trouvait Rondot fils. Dès le 17 octobre 1794, il avait été arrêté ainsi qu'un des commissaires chargés de procéder à l'enlèvement du trésor de Saint-Pierre, et,^ sur l'accusation de l'architecte Milony, une enquête fut faite par le comité révolutionnaire du district (4). Les pièces de cette enquête venaient
(1) Lettre du 19 messidor. Àrch. de l'Aube, L. 340.
(2) Sans approuver les termes de la pétition des citoyens de Troyes, il l'appuya et en fit YOter le renvoi au comité. Séance du 21 messidor. Moni^ teur, n» 295.
(3) Corr. municipale des 8, 10 et 15 thermidor. Arch. de Troyes.
(4) Dél. du comité du 26 vendémiaire. Arch. de TAube^ L. 43. C'est à cette poursuite et à cette enquête que se rattachent les dépositions consignées dans le registre du district (Arch., L. 1594), le Mémoire imprimé de Rondot et les Observations de Milony, dont nous avons parlé dans le chapitre XXXIII.