‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 266 sur 351 · MUNICIPALITÉS. DB CANTON · texte numérisé non relu

MUNICIPALITÉS. DB CANTON

Auprès de Tadministratioii élective , qui se re^ nouvelait annuellement par cinquième, le pouYoir exécutif plaçait un commissaire national qu'il pouvait révoquer, mais qu'il était forcé de prendre parmi les habitants du département. Comme le procureur-général-syndic, il avait la mission de provoquer, de solliciter l'accélération des travaux administratifs, mais non celle de les exécuter luimême. Si les fonctions de cet agent avaient été mieux définies et plus étendues, si elles avaient été données à des hommes plus sympathiques à la majorité de la population, le double intérêt de la décentralisation administrative et de l'unité gouvernementale aurait été concilié d'unç manière sérieuse et plus eflîcace que dans le système de la Constituante. En attendant la décision du Directoire exécutif, l'administration de l'Aube chargea provisoirement Gabriel Pavée des fonctions de commissaire national. Etienne Pierret fut nommé secrétaire général (1).

Aux administrations départementales étaient désormais subordonnées les municipalités de canton, formées de la réunion des agents municipaux qui étaient réduits à un seul dans les communes rurales. On s'était si souvent plaint de l'incapaoité et des lenteurs des administrations locales qu'on espérait trouver dans cette réforme de grands avantages pour l'expédition et la bonne gestion des affaires (2). Les bureaux de l'administration

(1) Dél. du !•' brumaire an iv. Arch. de l'Aube, L.. 26.

(2) Déjà, Albert avait voulu réunir plusieurs municipalités en une seule, afin d'avoir « plus de latitude pour le choix des fonctionnaires. » Lettre du 24 pluviôse an m. Bibliothèq. de Troyes, manuscrit n* 2356,

centrale furent réorganisés pour répondre aux nouvelles nécessités du service; ils furent au nombre de neuf, et le traitement des employés fut ramené au chiffre qu'ils touchaient en 1790 (1). La dépréciation constante des assignats rendit ce chiffre insufiBsant, et provoqua des réclamations légitimes, qui furent renvoyées au ministre de l'intérieur (2).

Pour éviter de semblables réclamations, motivées par la dépréciation constante du signe monétaire, la loi avait fixé le traitement des administrateurs à mille myriagrammes de froment, et celui du commissaire national à un tiers en sus, dans les villes au-dessous de cinquante mille âmes. L'état des finances ne permit pas de salarier les autres fonctions administratives ou municipales.

Les assemblées primaires furent réunies le 1*' novembre pour nommer les municipalités de canton et la municipalité de la ville de Troyes, qui ayant plus de 5,000 habitants, devait avoir une administration spéciale. Dans les sections de la ville, les abstentions furent nombreuses , et aucun des candidats ne réunit la majorité absolue. Ce fut seulement à un second tour de scrutin que les sept officiers municipaux furent élus définitivement par 1402 votants. C'étaient tous des hommes paisibles et modérés, ayant accepté la Révolution sans la combattre, et disposés par leur caractère et leurs principes à contribuer à l'apaisement des passions.

(1) Trente-huit employés furent répartis entre les bureaux suivants : 1* Secrétariat; ^ Contributions; S** Biens nationaux ; 4" Police; S** Etablissements et travaux publics, ô** Dette des émigrés, 7" Contentieux; S** Archives. Delyon fut mis à la tête de ce bureau.

(2) Dél. du 17 prairial an iv. Arch. de l'Aube. v.

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