EMPRUNT FORCÉ
cours qu'elles apportaient au département (1). Les nouveaux impôts soulevaient aussi de vives réclamations; tel était l'emprunt forcé, décrété le 19 frimaire an IV, dont le contingent avait été fixé k 4,926,600 1. pour le département et à 528,000 pour la ville.
Cet emprunt portait sur le quart le plus imposé des contribuables, d'après leurs rôles et leurs revenus présumés. La ville fut plus surchargée que les campagnes , parce que les évaluations dans les communes rurales furent faites à un taux trop faible. Les habitants de la ville, déjà frappés par la taxe révolutionnaire, multipliaient les pétitions contre la répartition qui les atteignait. Aussi l'emprunt rencontra-t-il de grandes difficultés dès le début. Le quart des plus imposés ne fut pas atteint; on refusait de payer; on dissimulait ses meubles; et l'on accusait hautement les administrateurs de ne pas s'être mis sur les rôles préparatoires (2). Ce ne fut qu au commencement de l'année suivante que Ton parvint à faire compléter les souscriptions de l'emprunt (3). La dépréciation des assignats qui, à la fin de 1795, perdaient 98 pour 100, était un obstacle au recouvrement des impôts et une gêne pour toutes les transactions. On fut obligé de permettre aux cultivateurs d'acquitter leurs contributions en nature, et dans l'été de 1796, on les au-
(1) Compte public de la gestion du commissaire du directoire, le 15 floréil an V. Arch. de l'Aube, L. 19.
(2) Correspondance des 13 nivôse, 12 pluviôse et 3 ventôse an iv. Ge jour-là, la commune a reçu 250 pétitions de dégrèvement. — Lettre du eoamissalre national du 17 pluviôse. Arch. de TAube, L. 3iO.
(3) Compte-rendu de Tan v.