LETTRE DES PATRIOTES EXCLUSIFS
dent (1). Au moment d'entrer en fonctions, le 14 avril, ils prêtèrent tous le serment de haine à la royauté, qu'une loi récente venait d'imposer à tous les fonctionnaires nouveaux, sous peine de la déportation.
La plupart des officiers municipaux étaient des hommes modérés, qui désiraient rester en dehors des luttes des partis; ils ne voulaient pas désavouer les actes de l'administration précédente, dont l'élection n'avait été cassée que pour vice de forme ; ils conservèrent Dubois pour secrétaire, et manifestèrent l'intention de ne pas changer le personnel des bureaux. Cet esprit de modération déplaisait aux révolutionnaires, que l'on appelait alors les patriotes exclusifs» et qui avaient fondé un club dans la maison de Chaperon, située rue de la Levrette. Pleins de confiance dans leur influence qui venait de triompher, ils écrivirent aux officiers municipaux une lettre arrogante, pour leur rappeler que la nomination de certains d'entre eux était due à leur recommandation et leur enjoindre de destituer le secrétaire de la commune, comme étant ennemi de la République, et trois employés suspects. Les officiers municipaux se montrèrent justement offensés d'une pareille injonction, et trois d'entre eux, Laurent, Brissonnet et Boyau, donnèrent leur démission.
Cette démission, qui fut suivie de celle du secrétaire Dubois, causa un véritable désarroi parmi les
(1) Les sis: autres étaient : Laurent, tapissier; Brissonnet, arpenteur; Nicolas Gueu, tapissier; Chaumet, épicier; Sainton, imprimeur, et Boyau, teinturier. Dél. mun. du 25 germinal an iv.