ELECTIONS DE LAN VI
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tration mmicipale de Troyes, cinq furent réélus. Les modérés et les royalistes n'essayèrent point de luttor ; les abstentions, comme de coutume, furent nombreuses (1).
La lutte fat plus vive et plus sérieuse à l'assemblée électorale de l'Aube qui se réunit dans une des salles de l'évéché. Les révolutionnaires avaient pour candidats Sutil, l'ex -accusateur public, Sevestre et Jaillant; on annonçait l'arrivée de deux cents dragons pour les soutenir, et l'on racontait que Sutil, pour obtenir plus de voix, donnait des dîners de cent couverts au nom du directoire. Les modérés furent obligés de se rallier autour d'anciens conventionnels, qui avaient donné des gages de leur humanité, et qui s'étaient prononcés contre la réaction révolutionnaire qui dominait depuis le 18 fructidor. Us appuyèrent les candidatures de Courtois, de Ludot et de Bonnemain. A la vérification des pouvoirs, une vive discussion s'éleva à Toccasion de la nomination de Sevestre, qu'on voulut faire rayer de la liste, parce qu'il était neveu d'une émigrée. Comme une partie de l'assemblée réclamait énergiquement son maintien, l'autre protesta et se retira en déclarant qu'elle faisait scission. Des scissions s'étaient déjà produites dans les assemblées primaires. A Rigny, où les royalistes modérés dominaient, les patriotes, tout en reconnaissant leur infériorité numérique.
(1) Il y eut 1,246 votants. Bourlier-La Prairie, le premier élu, eut 775 voix. DorgemoQt, Faitot, Dupont et Miiony furent également élus au premier four de scrutin ; Rabiet et Bourotte le furent au second. En prairial, Sissous, nommé en remplacement de Bourotte, appelé au département, fut choisi pour président. Miiony fut nommé commissaire national le 2 floréal.
444 ASSEMBLÉE SCISSIONNAI&E.
fioutlnrent que leurs choix devaient être valables, par la seule raison a qu'une minorité républicaine qui opère légalement doit l'emporter sur une majorité influencée parle royalisme (1). » T^s scibsionnaires de Troyes, également en minorité, obtinrent de l'administration départementale l'autorisation de se réunir dans l'église Saint- Jean (2). Ils étaient au nombre de cent dix, bientôt réduits à quatrevingt-quatorze par les menaces des terroristes. Ceux-ci ne cessaient de faire des manifestations aux abords de l'église; ils dansaient autour de l'arbre de la liberté, planté sur la place de l'Hôtelde-Ville, chantant la Marseillaise et criant : A bas Vasc^emblée de Saini-Jeanl A bas Courtois I Vive l'assemblée de TEvêché et les patriotes de 93! Les électeurs ne se laissèrent pas ébranlt^r par ces clameurs, et nommèrent membres du Conseil des Cinq-Cents Ludot et Bonnemain, et membre du Conseil des Anciens, Courtois qui en avait été président en avril 1797 (3). Les électeurs de Tévêché, qui avaient pour eux la majorité et la légalité, firent preuve de conciliation en consentant, après un nouvel examen , à rayer Sevestre de la liste. Ils nommèrent également Ludot, et choisirent en outre pour députés Sieyès et Sutil.
Le département avait deux représentants de
(1) Résumé des motifs qui ont déterminé les patriotes du canton de Rigny-le-Ferron à faire scission, in-4* de 4 p. Voir aussi sur ces scissions : Arch. de l'Aube, L. 1462.
(2) Dél. dép. du 11 germinal an vi. Le nombre des électeurs était de 256.
(3) Précis de ce qui s'est passé dans le département de VAubepen' dant la tenue de l'assemblée électorale de l'Aube... (par Courtois). Paris, in-S" de 15 p. — Rapport de Boulay (de la Meurthe). Moniteur du 16 floréal an vi.