‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 341 sur 351 · LETTRE DU REPRÉSENTANT GARNIER · texte numérisé non relu

LETTRE DU REPRÉSENTANT GARNIER

Convention aucune députation. Aucun cri de remerciement n*est encore parvenu jusqu'aux représentants. Le peuple dort-il? ou serait-il encore opprimé? Qu'il parle! La-Convention est là pour le vçnger. Vos frères sont tous libres. Quatre seulement ont été renvoyés à un plus mûr examen, parce que ma probité ne m'a pas permis de garantir leur civisme auprès des représentants, mes collègues, qui, m'ayant consulté pour asseoir leur arrêté, n'ont dû recevoir de moi que la vérité la plus pure; les quatre sont Porcherat, Leblocteur, Hardy et Bourgoin, clerc de Robin. Vous ne trouverez pas sur la liste de ceux à mettre en liberté ceux qui en jouissent déjà provisoirement, parce qu'on ne peut pas mettre dehors ceux qui ne sont pas dedans. Ce sont Barotte, Gérard A vity, Jacqueminot, Rabiel- Hurlot, Paupe fils et Delmas, auxquels la liberté définitive est également rendue. Maure, mon collègue, qui est un excellent citoyen, va se rendre incessamment dans votre commune; il fera le reste,!!et ce sera le bien, parce qu'il le veut. Je vous invite à avoir en lui beaucoup de confiance ; il la mérite, et d'être tellement pénétré du bien public que vous n'ayez à lui indiquer que des choix épurés de tout motif particulier, afin que les fonctionnaires publics réunissent les vertus aux talents et à l'amour du peuple, qui a besoin d'être aussi bien administré que jusqu'ici il l'a été mal. »

La lettre deGarnier est intéressante, parce qu'elle nous fait voir les comités de salut public et de sûreté générale sous un aspect inaccoutumé. Mais en ordonnant l'élar-r gissement des sectionnaires et la poursuite de leurs oppresseurs, les comités ne se préoccupaient pas uniquement des intérêts de la justice; ils obéissaient aussi à l'influence de Robespierre et à la politique qu'il essaya de faire prévaloir à la veille du 9 thermidor.

Rousselin, qui, nous le savons, était l'ami de Danton, Bssaya de faire unedi version en sa faveur à la tribune des Jacobins, à l'époque où celui-ci fut traduit au tribunal révolutionnaire. Robespierre en garda le souvenir, et lorsque, le 6 prairial, Rousselin, voulant faire oublier son dévouement à la cause de Danton, demanda qu'on décernât

Page 1