ÉLECTION £T TIRAGE AU SORT
gens aisés ; à Ervy, tous les employés du district et des finances furent élus. Il leur restait, il est vrai, la faculté de se faire remplacer à prix d'argent. Dans d'autres localités, les jeunes gens riches, étant les plus nombreux, s'entendirent pour faire partir les manouvriers. A Auxon, ceux-ci s'insurgèrent ; ils mirent dans la nuit le feu à la grange d'un de leurs concitoyens aisés, et le lendemain, ceux-ci consentirent à ce que l'on recourût à la voie plus équitable du tirage au sort. A Villemoyenne, la maison d'un des auteurs du scrutin fut également incendiée.
Quelques rares communes se distinguèrent par le patriotisme de leurs habitants. Telle fut celle de Chesley, qui avait déjà fourni, lors de la levée d'août 1792, le double de son contingent. Dans certaines localités du district de Nogent, on cita des paroles courageuses prononcées par des mères au moment du départ de leurs fils, des actes de dévouement accomplis par des pères de famille et par de jeunes citoyens (1). Ces exemples étaient nécessaires pour secouer l'indifi'érence de la majorité des campagnes. Les représentants Garnier et Turreau, afin d'exciter leur ardeur, leur présentèrent, dans une proclamation entraînante et déclamatoire, le tableau des maux dont les menaçait l'ennemi :
« Citoyens, disaient-ils, la patrie vous appelle,