‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 52 sur 351 · PRÊTRES INCARCÉRÉS · texte numérisé non relu

PRÊTRES INCARCÉRÉS

une pétition écrite, et dans le cas de nécessité indispensable. Ces mesures suscitèrent des plaintes nombreuses, même de la part de la Société, qui les avait provoquées; elles furent rapportées quelques jours plus tard, et le droit de délivrer des permissions pour voir les détenus fut remis aux comités de surveillance de chaque section (1).

L'Oratoire servit aussi de prison aux prêtres âgés ou infirmes, hors d'état d'être déportés. On se rappelle quelles mesures rigoureuses avaient été prises contre les prêtres insermentés ; quatre-vingt-trois avaient dû quitter le département, au mois de septembre 1792, pour se réfugier en Suisse (2). Ceux que leurs infirmités ou leur âge exemptaient de la déportation durent être enfermés à la maison de l'Oratoire (3). Mais l'hiver se passa avant que cette maison fût disposée pour les recevoir, et ce ne fut que le 16 juin 1793 qu'un nouvel arrêté du département prescrivit leur réclusion immédiate. Ceux qui avaient plus de 400 liv. de pension étaient tenus de se nourrir à leurs frais. Ils étaient privés de toute communication avec le dehors, et ne pouvaient môme faire venir le linge dont ils avaient besoin. En outre , leur chambre était située au-dessus du corps-de-garde, et les vieillards se plaignaient de ne pouvoir dormir, par suite du bruit que faisaient, la nuit, les sentinelles du poste (4).

(t) Dél. mun. des 23 septembre et 4 octobre 1793. Arch. de Troyes.

(2) Liste des ecclésiastiques qui ont pris des passeports pour se conformer à la loi du 26 août 1792. 10 en prirent le 3 septembre; 73 s'en firent délivrer du 15 au 21. — Arch. de l'Aube, L. 1554.

(3) Dél. dép. du 21 septembre 1792. Arch, de l'Aube, K. 1. {ï) Réclamation du 5 juillet 1793. Arch. de l'Aube.

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