‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 51 sur 351 · SUSPECTS INCARCÉRÉS · texte numérisé non relu

SUSPECTS INCARCÉRÉS

dut, en refusant son ministère à une mesure vexatoire et arbitraire (1). C'était de sa part un acte d'énergie stérile. Le département ne revint pas sur ses décisions, et la commune dut prononcer définitivement sur le sort et les réclamations des citoyens suspects.

Les suspects condamnés à la réclusion furent d'abord enfermés dans l'ancienne abbaye de Saint- Loup (2). Au mois de septembre, ils furent transférés à l'Oratoire. Les détenus conservaient encore la consolation de recevoir de fréquentes visites de leurs parents et de leurs amis. LaSociété populaire dénonça un semblable abus à la commune. La commune le fit cesser. Il importait, suivant elle, que les suspects fussent « séquestrés de la société, et que tous moyens d'intelligence avec les ennemis de la chose publique leur fussent otés. » En conséquence, elle arrêta qu'à partir du 23 septembre les détenus de l'Oratoire ne recevraient plus leurs subsistances de leurs familles, qu'ils prépareraient eux-mêmes leur nourriture, ou la feraient préparer par le concierge qui devieadrait leur pourvoyeur, et qu'à cet effet, il leur serait délivré le blé nécessaire pour faire ou faire faire leur pain. C'était aussi entre les mains du concierge que devait être déposé tout ce qui serait apporté de leurs maisons : linge, bardes, argent, lettres et papiers. Enfin, nul ne devait dorénavant communiquer avec eux, sans une autorisation du corps municipal ; elle ne pouvait être accordée que sur

(h Dél. municipale du 16 juillet 1793. Arch. deTroyes. (2) Arrêté du district du 22 juia 1793.

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