‹ Histoire de Troyes pendant la révolutionChapitre 81 sur 351 · STATUE DE LA LIBERTÉ · texte numérisé non relu

STATUE DE LA LIBERTÉ

populaire avait demandé que les drapeaux tricolores placés devant les maisons des suspects fussent enlevés et remplacés par une inscription, sur laquelle on lirait : Ennemi du peuple. Le comité y consentit ; mais il alla plus loin dans l'exécution. Sur la porte de neuf maisons, on plaça des écriteaux peints en jaune, sur lesquels on put lire : Assassin du peuple (1). Ces désignations odieuses exposaient les habitants de ces maisons à la fureur des passions déchaînées. Certains locataires s*en effrayèrent pour eux-mêmes; l'un d'eux, Parisot, président du tribunal criminel, qui demeurait dans la maison de Parent, obtint du comité l'enlèvement de l'écriteau qui y avait été posé (2).

C'est au moment oîi la maison de réclusion contenait plus de cent suspects, parmi lesquels étaient des vieillards et des femmes (3), que le conseil général de la commune décidait qu'une statue de la Liberté serait coulée en plâtre par le citoyen Glédu, sur les dessins de Rondot fils, pour être placée audessus de la porte de Thôlel-de-ville (4). On élevait la statue de la Liberté, alors qu'il eût fallu la voiler, car jamais l'arbitraire n'avait été plus grand ni plus odieux. Quelque temps auparavant, on avait arrêté un homme des environs de la ville, parce qu'il avait osé dire : Nous avons demandé la

(1) Précis des opérations du comité. Arch. de l'Aube. Hist, du Terrorisme, p. 8. Compte-rendu d'Albert, p. 6. Sur les cartes rouges, voir aussi Comité de surv. de la 4* sect.

(2) Séance du 23 frimaire. Précis.

(3) Environ 105 jusqu'au 2 frimaire. Voir la liste drs détenus à l'Appendice.

(4) Bel. mun. du 2 frimaire. Arch. de Troyes.

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