ABSENCE DE ROUSSELIN
Rousselin pendant deux mois, afin qu'il pût achever « le grand-œuvre qu'il avait commencé (1). »
Le comité de salut public répondit aux députés du directoire que « les pouvoirs du commissaire n'étant pas révoqués, devaient subsister jusqu'à la régénération parfaite de la ville de Troyes (2). » Il n'était point question du département. De ce côté, ses pouvoirs n'étaient pas suffisamment en règle. Le nombre de ses adversaires augmentait tous les jours. En vain, pour plaire aux sans-culottes, il stimulait le zèle et l'activité du comité révolutionnaire. La loi du 1 4 frimaire, qui en amena la dissolution, rendit la situation de Rousselin plus difficile. C'est pour cette raison qu'il se fit donner par le comité une mission pour se rendre à Paris avec Gâchez, sous le prétexte de solliciter des secours, mais dans le but de faire confirmer ses pouvoirs et d'obtenir pour les sans-culottes une partie de la taxe révolutionnaire.
Pendant l'absence de Rousselin, la majorité de la population espéra que le comité de salut public lui donnerait tort, qu'il ordonnerait le remboursement de la taxe et en poursuivrait les auteurs, d'autant plus qu'aux termes de la loi du 14 frimaire, les taxes révolutionnaires ne devaient être exécutoires qu'après avoir été approuvées par la Convention. Les citoyens reprenaient courage, en songeant qu'ils né dépendraient plus de l'arbitraire du comité. En môme temps ses membres se divi-
(1) Dél. dép. du 15 frimaire. Arch. de l'Aube, L. 13.
(2) Rapport de Rousselin, p. 32.