C. SVELLIO PONT1ANO PATRVELI
Sur un troisième :
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Quelle que soit l'ancienne destination de ce monument , pour s'y rendre de Hamâmét on a traversé les ruines d'un port qui appartenait autrefois à l'ancienne ville A'Aphrodiseum, dont le nom est maintenant altéré en celui de Faradys.
Cette dernière position n'est plus immédiatement au nord de la mer, niais à quelque distance du rivage, en tirant un peu vers le nord-ouest, sur le bord de fa grande plaine où sont établis les Ouelea-Séyd , et au milieu de laquelle on trouve encore un monticule, nommé Selloum, qui parait avoir été formé par les ruines de quelque ancien village.
(i) C'est de l'arabe mindrak, ou mindréh, que nous avons formé le mot minaret, par lequel nous désignons les tour» qui accompagnent les mosquées : les Maures nomment soumah ces tours, qui sont appelées mddenèh en Égypte. ( J. J. M. )
On assure qu'autrefois les habitants du port de Faradys étaient les marins les plus habiles et les pirates les plus redoutés de toute la côte barba resque ; mais depuis plus d'un siècle cette po-
r dation a quitté Faradys pour s'établir Hamâmét, dont la position est plus favorable au commerce et à la navigation.
De là , en tournant un peu au sud-est , ou a encore environ trois lieues ( 12 kilomètres) pour arriver à Herklahj regardée par la plupart des géographes comme étant véritablement l'ancienne Jdrumetum, qui reçut le nom d'Heraclea à l'époque de la décadence de l'Empire.
Située au fond de la courbe que décrit la côte du golfe de Hamâmét, Herklah est assise sur une langue de terre resserrée entre la mer et un lac dont les eaux se déchargent dans la mer à travers un terrain marécageux : comme ce marécage se trouve directement sur la route qui conduit à Herklah, on y avait construit un pont et une chaussée qui longeait le marais et le lac , et il paraît que cette chaussée était l'ancienne limite qui séparait la Zeugitane de la Byzacène; maintenant elle est, avec la ville de Herklah et le château nommé Qassr-Ouâly (2), à l'occident du lac, les derniers points jusqu'où s'étend le Quartier d'Eté de ce côté.
Ce quartier, qui forme toute la largeur du territoire de la Régence , contient l'espace d'environ trois degrés de longitude, depuis Sebekhat, le point le plus occidental, jusqu'à Klybéah et Herklah , les deux villes les plus avancées vers l'orient. Herklah est en même temps la ville la plus méridionale de ce Quartier; au delà on entre dans la division territoriale désignée sous la dénomination de Quartier d'Hiver, et qui comprend toute la partie sud de la Régence.
(a) Le mot arabe Quassr signifie château, forteresse. Ouàly est le titre qu'on donne dans l'Orient au lieutenant d'un général, à on officier militaire; et spécialement à celui qui est chargé de la police. J. J. M.
L'UNIVERS
SECTION QUÀTBlÈMlï.
Quartier d'Hiver. — Zoungâr ; — Youse. , Ki&ser; — Sous, Sahabyl, Monaatyr, Cemptah ; — Agour, Toboulbah, Demàs, Djouj-y ; — Mahad yah ; — Djerby ; — Qayrouan, Spaytuth, Trouuah, Qassaréyn. — Beledèi-Djeryd, Tozer, Sebkhat él-Aoudyah, — Megs , él-Hammah ; — Tribus arabes. <•
Le Quartier d'Hiver comprend toutes les contrées de la Régence situées au midi du Quartier d'Été : toutes les parties que j'en ai vues sont bien loin d'être maintenant aussi fertiles que l'ont dit les anciens : celles qui sont le long des côtes de la mer sont en général sèches et sablonneuses , même dans les cantons réputés les meilleurs; l'intérieur des terres ne vaut guère mieux que ces rivages stériles.
A l'exception des plaines qui sont arrosées par la Défaylah, le Derb, et le Hattaab, on ne trouve que des forêts et des montagnes depuis Zoungâr, dans les cantons (VOusetét, de Trouzzah, de Spayttah, de Qassaréyn, en tournant à 1 ouest-nord-ouest, dans la direction du santon de Sydy-bou-Gannim , jusqu'à Hydrah et aux frontières de l'Algérie.
Le territoire qui avoisine Qayrouân est en général bas et marécageux , et en hiver les eaux stagnantes y forment fréquemment des lacs et des sebkhâs (1) qui se dessèchent à peine dans les plus grandes chaleurs de l'été.
Depuis le territoire de Ghilmah jusques aux bords de la rivière Akroud, on ne rencontre qu'un labyrinthe irrégulier de collines et de vallées, qui n'est pas beaucoup plus favorable a la fertilité que les terrains qui bordent la mer.
Au-delà des montagnes de Qassaréyn, jusqu'à Ferréanah et aux frontières du Sahrâ, on a à traverser une vaste plaine, stérile et sans aucune espèce d'habitation ou de culture ; cette plaine est longée de chaque côté par deux chaînes de hauteurs peu considérables, mais qui, à droite et à gauche, bornent l'horizon d'une manière désagréable.
Le pays est aride et inculte jusques à Kapsah, et à Djeryd, la vue y étant
(i) Voyez sur la signification du mot Sebkd, ou Scbkliah, ci -dessus la noie i de la page ia.
également bornée à quelque distance par des montagnes, dont la chaîne s'étend au sud-est jusqu'à Djebel- H adeffan , et à un grand tac qu'on appelle Sebkhat-él-Aouayéh : une autre branche de cette chaîne se dirige à perte de vue vers le sud -ouest, le long d'immenses marais salants, et paraît être une continuation d'une des ramifications de l'Atlas (2).
La partie limitrophe du Sâhrâ qui passe pour être une des dépendances de la Régence ne le cède en horreur à aucune autre portion de ce vaste désert, et justifie bien réellement ce qu'en disait le Tasse :
Jddicntro solo
Fertildi moêtti, e d'inféconde arène. (3).
C'est ordinairement de Herklah (4) que l'on part pour s'enfoncer dans les districts du Quartier d'Hiver : en sortant de cette ville on suit la direction de l'ouest,!un peu inclinée vers le sud, et l'on arriveà Zoungâr, l'ancienne Zacchara, dont j'ai déjà dit quelques mots cidessus (5).
La petite ville de Zoungâr est, comme nous l'avons vu , à six lieues environ (24 kilomètres) au sud de Zaghouân : elle faisait partie de l'ancienne Byzacène, et maintenant c'est le point le plus septentrional de la division du Quar- ** tier d'Hiver. Elle est remarquable par ses eaux abondantes et son grand tem pie, semblable à celui de Zaghouân; mais ses environs , ses ruines et son temple même, sont couverts d'une forêt de chênes verts tellement épaisse , qu'il est très-difficile de pouvoir y pénétrer.
Le temple de Zoungâr, à en juger par quelques débris d'ornements qui subsistent encore, paraît avoir été d'ordre corinthien , et avoir été, comme celui de Zaghouân, recouvert d'une coupole :
il renfermait trois niches , placées immédiatement au-dessus de la fontaine , et qui étaient sans doute destinées à recevoir autant de statues de Nymphes, Naïades ouNapées, qui présidaient à ces sources.
(a) Les Maures donnent à l'Atlas le nom de Deren , d'où le pays de Derne a pris sa dénomination, ou celui de il- Djebel, c'est-àdire la montagne par excellence. (J. J. M.)
(3) Tasso, Gerus. Ub. canto XV.
(4) Voyez sur Herklah, ci-dessus, page 35.
(:>) Voyez ci-dessus, page 9.
TUNIS
. Cependant Vitruve (1) nous apprend que les anciens regardaient comme divinités protectrices des fontaines Vénus, Flore et Proserpine, et que Tordre corinthien était ordinairement préféré pour la construction des temples qui leur étaient consacrés : rien n'empêcherait alors de croire que ce temple était dédié à ces trois déesses; et ce qui semblerait confirmer cette hypothèse, i c'est l'inscription suivante qu'on lit encore sur la frise du portail :
PRO SALVTB CAESARI8 APHRODIS11 (2)
TOTIVSQVE DIVTNAE DOMV8 EIVS CIVITAS ZVCCHARA FECIT ET DEDICAVIT.
A cinq lieues (20 kilomètres) au sudouest de Zoungâr sont les ruines de Yousef; c'est là qu'est la source de la Chilianah, qui, après avoir traversé et fertilisé les vallées de Dessous, de Touggahetde Toubersok, à l'ouest, va se jeter dans la Medjerdah, à peu de distance de Testourah.
A trois lieues ( 12 kilomètres) au sudouest des ruines de Yousef, on rencontre d'autres ruines, celles de Kisser (l'ancienne Assuras , ou Assurus), puis celles d'ffyblah, presqu'à la même latitude que Kisser, dans une vallée étroite qu'arrose un ruisseau.
Ces dernières ruines sont les plus remarquables que Ton trouve dans cette partie de l'ancienne Byzacène ; on y voit des pans de murailles encore debout, le pave entier d'une rue, des autels, des tombeaux de toutes formes , assez bien conservés : les uns ronds, les autres octogones ; les uns soutenus par des colonnes, les autres carrés et massifs ; mais la plupart des inscriptions que portaient ces sépultures ont été détruites soit par le temps, soit par les Arabes.
Au milieu de ces ruines , le monument qui frappe d'abord les yeux plutôt par sa masse que par sa beauté, est un grand arc de triomphe portant l'inscription suivante en caractères de près d'un pied ( 30 centimètres) de dimension :
1MP. CAES. L. SEPTIMIO 8EVER0 PERTISACI AVC. P. M. TRIB. POT. III.