‹ Histoire de Tunis; précédee du̕ne description de cette régenceChapitre 22 sur 77 · IMP. V. COS. II. P. P · texte numérisé non relu

IMP. V. COS. II. P. P

PARTH. ARAB. ADIABEN. DD. PP.

(i) Vitr. lîb. I, cap. a.

(a) On sait que Jules César prétendait tirer son origine de Vénus , mère d'Éuée,

Cette inscription, la seule bien conservée de Hyblah , ne nous apprend ni quels furent les fondateurs du monument ni quel était le nom ancien de la ville où il fut érigé, quoique, à en juger par l'étendue de ses ruines , on puisse conjecturer que c'était une des principales cités de la Byzacène.

Nous sommesdans la même ignorance sur plusieurs lieux de cette province dont, faute de renseignements, nous ne pouvons déterminer l'identité avec les positions anciennes ; tels sont Nabhana h a huit lieues (32 kilomètres) à l'ouest deHerklah; Djelloulah , k cinq lieues (20 kilomètres) au sud-sud-ouest de Nabhana h ; Foussanah , à huit lieues ( 32 kilomètres) de Hydrah ; Zouâryn, Sbybah, l'une à six lieues (24 kilomètres) à l'est-sud-est de Qeff, l'autre à sept lieues (28 kilomètres) au sud-sudest; Mansous, à trois lieues (12 kilomètres) au sud des mines de Yousef, etc.

Dans les débris de Mansous on lit encore sur une pierre tumulaire l'inscription suivante :

VSVRV8 POKICINNVS

VKRECVNDIA INCOMPARABILIS

ET INGEMO CLARV8..:

OMNI S1MPLICITATE 1VCVHDVS.

Mais avant de pénétrer dans l'intérieur du Quartier d'Hiver , il convient d'explorer la portion de la côte du golfe qui s'étend au sud-sud-est, et qui dépend de cette division territoriale.

Sous ou plus vulgairement Soussah , située à cinq lieues (20 kilomètres) au sud-est de Herhlah , est la position la plus remarquable de toute cette côte, et mérite d'être regardée comme une des

Î principales villes de la Régence (3); c'est à en effet que se fait le plus grand commerce des huiles, des toiles, qui s'exportent dans tous les ports de la Méditerranée: mais les seuls vestiges d'antiquités qui y attestent son ancienne grandeur se réduisent à quelques voûtes, à quelques colonnes de granit, et

(3) Une autre ville du même nom se trouve dans le royaume de Marok : pour distinguer l'une de l'autre ces deux villes, les Arabes ont ajouté au nom de la dernière l'épithètc de êl-Aqsà, c'est-à-dire V ultérieure, la nias reculée, (J. J. M.)

L'UNIVERS

a d'autres débris sans importance.

La ville est ceinte de murailles , et bâtie à l'extrémité septentrionale d'une chaîne de collines qui se prolonge jusques à Soursef, I ancienne Sarsura, et derrière laquelle on a la vue d'une vaste plaine qui a plusieurs milles d'étendue.

A une lieue et demie (6 kilomètres) de Sous on traverse une vallée qu'arrose un ruisseau dont les eaux sont fraîches et claires ; puis à une demi - lieue (2 kilomètres) plus loin, sur le penchant d'une des collines qui se rattachent à celle sur laquelle la ville de Sous est bâtie, on rencontre, à environ un mille du rivage d'une petite baie, le village de Sahalyl, qui offre quelques ruines antiques.

Sur l'extrémité d'un petit cap, à cinq milles de Sahalyl, s'élève la petite ville de Monastyr. C est une ville florissante et murée comme celle de Sous ; mais on n'y rencontre que peu de marbres , de colonnes, et d'autres restes d'antiquités :

cependant elle a dû être construite par les Romains, peut-être même par les Carthaginois, dans une position qui commande à la fois le golfe de Sous et celui de Lemptah.

Lemptah est l'ancienne Leptis parva, qui avait reçu cette épithète , non comme indication de son peu d'importance, mais pour la distinguer d'une autre ville de la Cyrénaïque, qui portait le nom de Leptis magna , et qui est maintenantconnuesouslenomdeLe&fflfaAO).

Cette ville paraît avoir eu autrefois plus d'un mille de circonférence , mais maintenant on n'y voit plus que le château , et un amoncellement de pierres qui paraissent .avoir formé autrefois un môle , du côte du nord.

Les ruines â'Àgour sont à quelques nulles de Lemptah, vers l'ouest; la situation de cette petite ville sur un rocher, et l'immense quantité de pierres

(i) Les ruines de Leptis magna ont été visitées en 1806 par mon ancien ami et collègue J. D. Delaporte , qui y a recueilli une riche moisson d'inscriptions latines, grecques , phéniciennes et puniques : il a publie ces inscriptions en i836. (Voyes Journal Asiatique, tome 1 er de la III e série, page 3o5 et suivantes.) (J. J. M.)

qu'offrent ses débris , lui a fait donner par les Arabes modernes le nom de Bou-Hadjar, c'est-à-dire la pierreuse (2).

Entre Bou-Hadjar et Demâs , et à environ quatre milles de cette dernière position, on rencontre un grand lac d'eau salée, qui s'étend jusqu'à une demilieue (2 kilomètres) de Toboulbah, petit village bâti au bord de la mer.

Demâs est l'ancienne ville de Thapsus ; elle est située sur une langue de terre fort basse, à environ trois milles au sud-est de Toboulbah. La grande quantité de ruines que l'on y trouve pourrait faire croire que c'était, après Carthage, la ville la plus considérable de ces parages, si d'ailleurs tous les renseignements fournis par les historiens ne concouraient à prouver son importance très- secondaire sous les Romains.

Le cap de Demâs et celui de Monastyr forment entre eux la baie de Lemptah, dans laquelle on rencontre plusieurs Iles remarquables.

La première de ces lies, située parallèlement à la côte, s'étend dans sa longueur presque depuis Demâs jusqu'à Toboulbah, puis les îles Djoury ( les anciennes Tarichiœ), en face de Lemptah et de Tpboulbah, puis encore une autre île qui se prolonge depuis Monastyr jusqu'à moitié chemin de Lemptah.

A cinq milles au sud de Demâs, est assise dans une péninsule la ville dV£ Medèah , ou plus correctement MaJw.dyah, que les géographes modernes nomment Africa, et qui paraît avoir été autrefois une place forte et importante. Son port est creusé dans l'enceinte même de la ville, et s'ouvre du côté de Kapoudyah ; mais maintenant les eaux sont si basses qu'elles ne peuvent qu'à peine recevoir les plus petits navires.

Léon l'Africain nous apprend que cette ville doit sa construction au khalyfe

(a) Le mot hadjar signifie en arabe pierre, roc/ter; nous avons déjà vu que le mot bou, altéré par les Maures de celui de dbou (père), entre dans la composition d'un grand nombre de mots pour former des adjectifs vulgaires.

( Voyes ci-dessus , la note 4 de la page ao.)

TUNIS. 39

Mahady, prince de la dynastie des Fati« taies. Un édifice menace-t-il de s'écroumites (1), qui régnait d'abord à Qay- 1er, une ville a-t-elle été ravagée par la roudn,et que la ville a pris son- non? guerre, incendiée, bouleversée pur un de celui de son fondateur. Les beaux tremblement de terre ou quelque autre chapiteaux, les colonnes, les fragments événement funeste , on abandonne Péri 'entablements , et les autres débris d'ar- dinYe et la ville , que Ton croit dès lors chitecture antique qu'on trouve à Mà~ sous une fatale influence, et au lieu de réhadyah pourraient faire croire que parer les dommages causés par le temps, cette ville a été non fondée, mais re*» la guerre, l'incendie ou tout autre fléau , construite sur les ruines d'une ville plus on va s'établir dans une habitation nouancienne ; mais il paraît que ces débris velle, que Ton désertera à son tour si les antiques ont été apportés des villes circonstances qui ont fait quitter la prevoisines par l'ordre du khalyfe fonda- mière se renouvellent dans la seconde, teur, pour embellir sa nouvelle ville. C'est ce système qui a multiplié d'une Il n'est pas en effet dans les habitudes façon si étonnante les ruines qu'on rendes princes de l'Orient de reconstruire , contre dans tout l'Orient , au sein même de réparer ou de rétablir ; ils laissent des pays les plus peuplés et des villes les tomber en ruines un vieux palais , une plus florissantes, ville ancienne; ils aiment mieux fonder C'est ainsi qu'en Égypte à la Thèbes auprèsdu palais ruiné et de la ville dé- aux cent portes a succédé la Memphis vastée un éditice nouveau, une ville des Pharaons, puis P Alexandrie des nouvelle à laquelle s'attache leur nom Ptolémées , puis à ces deux villes la Fosde fondateur, et qu'ils enrichissent des fati des conquérants arabes ; à Fostatt dépouilles les plus précieuses du palais enfin la grande ville du Kaire , fondée démoli ou de la ville ruinée dont ils immédiatement auprès de Fostatt par achèvent ainsi la destruction ; et cette les nouveaux khalytes de la dynastie fatimanière d'agir n'est pas particulière aux mite.

princes ; elle est pratiquée généralement Toutes ces villes qui se sont rempla-

par tous les habitants des contrées orien- cées l'une l'autre se sont , chacune à

, i, l eu r t<> ur i embellies et décorées des défi) Les Fatunites sont les princes dune poui || es architecturales des xilles aban-dynastie puissante oui i commença a régner 5 0nne>g auxque 1les elles succédaient,

Zv^(m^^^\^J^^ Portique, tel marbre preneux qui a

surnommé êàlahady, en fit le fondateur; ains. successivement voyage des temples

il était de la tribu de Ketamah, qui habitait en de Thebes a ceux de Memphis , puis a

Mauritanie les montagues des environs de Alexandrie et aux mosqiTées du Kaire. Fez : il prétendait descendre du khalyfe Aly

et de Fatimah, fille du Prophète, descen- iSamque, hominum instar , hnbent urbes ma

dance qui valut à sa dynastie le titre de Fa- Pa ^ l6lwcedtw< ^^^J^V»6«^/^ limite. Èl-Mahady commença à se taire con-

naître dès Van 269 de l'hégire ( 83a de notre

nastie des Aglabites, qui régnait alors en Afri- u e ,ia uc 3. u

que Ce prince, qui avait fait de Mahadyah la , qui y envoie un gouverneur, aucapitale de son nouvel empire, mourut à Rou- m

kadahy après avoir régné en Afrique pendant (a) Tripoli est appelée Tarabolous par les

vingt-cinq années, l'an 3a» de l'hégire ($33 Arabes; il y a en Syrie une autre ville du

de Père vulgaire ), et laissa le trône du kha- même nom : pour distinguer ces deux villes

lyfat africain à son fils él-Qâym-beâmr-lUak. l'une de l'autre, les Orientaux nomment celle-

Les Fatimites sont aussi désignés par les noms ci Tarabolous ês-Chdm , c'est-à-dire Tripoli

d'Obevdites , d'Alides et d'Ismaéliens. ( Voyez de Syrie , tandis qu'ils donnent à la première

ci-apres dans la seconde partie les éclaircisse- la dénomination de Tarabolous él-Gharb ( Tri*

menU historiques. ) ( J. J. M. ) poli d'Occident ). ( J. J. M. N

L'UNIVERS

quel il confère le titre de hâkem (1).

Cette grande île, cmi a près de dixhuit millesde circonférence , offre quatre ports aux navigateurs de cette côte; savoir : à l'ouest Adjym , à Test Djerdjys, et Mer sot és-Souq , enfin au sud Menai êl-Qantarah (2).

Le territoire de Djerby est très-fertile, et doit peut-être cet avantage à la quantité de pluie qui y tombe; il produit une grande abondance de fruits de toute espèce, tels que raisins, pèches, olives, figues, grenades, amandes; mais il est à remarquer qu'on n'y trouve pas de dattiers, et que les habitants sont contraints de tirer des différents ports de la côte les dattes nécessaires à leur consommation : du reste, le marché est grand et bien fourni , et de nombreux marchands y ont établi leurs fondouqs ( magasins ou boutiques ). Les principales exportations consistent en chaux, en poteries fabriquées dans nie et en huile qu'on y récolte.

L'île tout entière est divisée en portions séparées, et chaque propriétaire a sa maison et son jardin y attenant :

ces maisons sont généralement bâties en mortier de terre; cependant on en rencontre quelques-unes construites en briques.

La population de l'île se compose de plusieurs races différentes, parmi les-

Î nielles domine la race arabe; cependant e district de l'ouest , dont le port est visà-vis de Gâbês, n'est habité que par une population nommée Adjtjm^ comme le port lui-même : le langage de cette peuplade est le berbère, et leurs femmes se voilent beaucoup plus strictement que dans le reste de l'Ile : quoiqu'ils reconnaissent l'autorité du Koran , et qu'ils en approuvent la lecture , les doctrines de leur foi s'éloignent des croyances orthodoxes de l'islamisme, et se rapprochent de celles des Ouahàbys et des Beny-Mezzâb : quelques-uns même d'entre eux rejettent Aly-ben-Aby-Tâ' leb (3) : mais ils évitent en général de

(i) Hâkem signifie en langue arabe gouverneur. (J. J. M.)

(a) En langue arabe Mer soi és-Souq signifie le port du marché, et Mersat él-Qantarak, le port du pont. (J. J. M.)

(3) Aly, û\sd'Aoou.Ta!eb, était cousin

manifester publiquement leurs croyances, quoiqu'ils refusent de faire leurs prières avec les partisans de la secte de Mdlek, et qu'ils aient pour leur culte des mosquées particulières.

Maintenant, après avoir achevé l'exploration de toute la côte maritime , nous allons nous enfoncer dans l'intérieur des terres, pour visiter les parties méridionales du Quartier d'Hiver.

Qayrouân, la seconde ville de la Régence pour le nombre des habitants et le commerce, est située dans une grande plaine stérile et sans presque aucune végétation, à environ neuf lieues ( 36 kilomètres) de Sous, et à la même distance au sud-ouest de Herklah.

Cette ville est entourée de murailles comme celles de Sous et de Mahadyah, et à peu de distance de son enceinte on trouve un vaste étang, auprès duquel est une citerne où se recueillent les eaux pluviales : l'étang sert à abreuver les bestiaux, et fournit l'eau nécessaire pour le lavage, l'arrosage et les autres usages ordinaires : quanta la citerne, elle paraît d'une construction très-ancienne, et elle existait déjà du temps tfAboul-fédah, qui lui donne le nom de él-MAouahel :

elle est employée à la boisson des habitants; mais souvent, au milieu de l'été, l'eau y manque, ou bien elle se corrompt,

de Mahomet, et devint son gendre en épousant sa fille Fatimah ; cette double parente ne put toutefois lui assurer la succession du Prophète, et il fut trois fois écarté du trône de l'islamisme par Aboubtker, Omar, tKOthmân.

A la mort de ce troisième successeur du Prophète, Aly tenta de ressaisir la souveraineté dont il avait été frustré; mais il ne tarda pas à en être de nouveau dépouillé par Moaouyali, fondateur de la dynastie des Ommiades. Dès lors deux sectes s'anathémisant réciproquement se sont établies en Orient; Tune, la secte des Sounnites, admettait leskhalyfats à 1 Aboubtker, d'Omar et d'Othmàn; l'autre, qu'on appelle secte des Chyïles; ne regardait qu'Aly et ses descendants pour légitimes imams et successeurs du Prophète : cette dernière opinion est particulièrement professée par les Persans, mais elle a aussi de nombreux partisans parmi le» peuplades de l'Afrique ;les Fatimites, qui ont conquis l'Égypte , et les Chériû, qui se sont assis sur le trône de Marok, prétendaient également tirer d'Afy leur origine.

causant ainsi chaque année des fièvres pernicieuses et d'autres maladies épidémiques.

Quelquefois aussi l'eau de l'étang où s'abreuvent les bestiaux est presque tarie et s'altère par les chaleurs; cependant les habitants n'ont pas remarqué dans leurs troupeaux d'épizooties habituelles : la cause probable de cette différence entre l'état sanitaire des hommes et celui des animaux, tient sans doute à ce que les eaux de la citerne, renfermées sous des voûtes, sont entièrement soustraites à l'action de l'air, tandis que les eaux de l'étang en reçoivent à chaque instant l'influence.

^ On trouve à Qayrouân divers débris d'ancienne architecture : la grande mosquée est réputée la plus belle et la plus sainte de toutes les côtes barbaresques ; s'il fallait en croire les habitants, le nombre des colonnes de marbre , de granit , et même de porphyre ou d'albâtre qui la soutiennent et la décorent, s'élèvent à plus de cinq cents : l'entrée des mosquées étant interdite scrupuleusement à tous les chrétiens , je n'ai pu vérifier si ce nombre avait guelque exagération.

Je n'ai pu même apprendre si parmi les matériaux antiques qui ont été employés à la construction de ce magnifique édifice, il existe quelques blocs portant des inscriptions anciennes : quant à celles qu'on peut rencontrer en d'autres endroits de la ville, elles sont tellement mutilées ou encroûtées de ciment, qu'il est absolument impossible d'en déchiffrer la moindre partie.

C'est à tort que quelques géographes ont confondu Qayrouân avec l'ancienne Cyrène, malgré la ressemblance des deux noms. La position de la ville antique est tellement différente de celle de la ville moderne, qu'il est impossible de donner la moindre vraisemblance à cette hypothèse (1).

(i) Léon l'Africain attribue la fondation ou la reconstruction de Qayrouân à lbrahymben-Aglab, fondateur de la dynastie des Aglabites , qui avait été nommé gouverneur de l'Afrique par le khalyfe Haroun àr-Raehjd, et s'y rendit indépendant l'an 184 de l'hégire (800 de l'ère chrétienne) : ce prince régna environ douze années, et mourut l'an 196 de l'hégire (81a de notre ère), laissant

Un des lieux les plus remarquables de cette province pour l'étendue et la magnificence des ruines qu'on y rencontre, c'est Spaijtlah (l'ancienne Suffetula)] située a environ douze lieues (48 kilomètres) de Qeff, sur une éminence entièrement couverte de genévriers, auprès d'un petit ruisseau.

Ce ruisseau coule au nord-est, se perd un peu plus loin dans les sables, et reparaît ensuite pour continuer son cours vers Guelmah.

t Auprès de la ville du côté de l'est, s'élève un magnifique arc de triomphe, d'ordre corinthien, percé d'une grande arcade au milieu et de deux petites latérales : malheureusement l'inscription qui contenait la dédicace est tellement ruinée qu'on n'y peut lire que les mots suivants :

im». CAE8AR. AVG

AirroNiN

puis après une grande lacune,

SVFFETVLENSIVM...1... HANC AEDIFICAVERTNT ET DD. pp.

Depuis cet arc de triomphe jusqu'à la ville s'étend une chaussée pavée en pierres noires et bordée de chaque côté par un petit mur à hauteur d'appui.

Vers l'extrémité de cette cnaussée est un magnifique portique , sous lequel on passe pour entrer dans une grande esplanade , où sont les ruines de trois temples contigus , dont il ne reste que quelques pans de murs avec des frontons parfaitement conservés.

Dans chacun de ces temples est une niche, qui a dû avoir autrefois sa statue; ce qui est particulier au temple du milieu , c'est que derrière sa niche on remarque une petite cellule , qui servait sans doute aux oracles.

En s'avançant à huit lieues (32 kilomètres ) à l'ouest de Qayrouân on arrive aux ruines de Trouzzah ( Tuzzo de Etolémée). Ce lieu renferme plusieurs chambres souterraines et voûtées, qui sont toujours^remplies d'une vapeur chaude

sa nouvelle souveraineté à son fils Abou-L Abbàs-Abd-Allah, dont les descendants se maintinrent sur le trône pendant un siècle entier, et furent renversés par les Fatimîles l'an ao6 de l'hégire (908 de l'ère chrétienne.)

L'UNIVERS

et sulfureuse ; ces thermes naturels, que les Arabes fréquentent, ont fait donner à l'endroit ou ils sont situés le nom de Hammâm Trouzzah, c'est-à-dire les bains chauds de Trouzzah.

A quelques milles au sud de Trouzzah on rencontre, sur les bords de la rivière JMergalyl, les vestiges d'une grande cité, probablement autrefois Jquss Regix ; puis à quatre lieues (16 kilomètres) vers l'ouest, sur les bords de la rivière Dé/aylah, les ruines de l'ancienne Masclianis.

La rivière Dé/aylah a sa source dans une chaîne de montagnes nommée GebeU Megala (1), et qui s'étend depuis Trouzzah jusqu'à Spaytiah. Les Arabes cultivateurs des plaines nue parcourt cette rivière ont coutume d'arrêter son cours par des digues et de la faire déborder,

Îiour opérer par ses eaux l'irrigation de eurs cultures, et subvenir au manque d'eaux pluviales dont elles sont rarement favorisées.

A six lieues environ (24 kilomètres) vers l'ouest de Spaytiah , on aperçoit la ville de Qassareyn, assise sur une éminence autour de laquelle la rivière Derb serpente d'une manière agréable, arrosant les belles prairies qui l'entourent.

Sur une éminence qui semble presque susoendue en saillie au-dessus de la rivière , et qui fait face au nord-est , s'élève un arc de triomphe plus remarquable par la masse de ses matériaux que par l'élégance de son architecture :

il ne se compose que d'une grande arcade surmontée d'un atlique , et d'un entablement qui semblerait appartenir à l'ordre corinthien , si les pilastres qui le supportent n'étaient évidemment gothiques.

On y lit l'inscriptiou suivante :

COLONIAE 8CILLITANAE Q. MANLIV8 FELIX C. FIL1V8PAPERIA RECEP- TV8 P08T A LIA ARCVX QVOQVE CVM INSIGN1BVS COLONIAE SOLITA IH PATRIAM LIBERAL1TATE EREXIT OB CVIVg DEDICATIONEM DECVR10NIBVS SPOHTVLAS CVRIIS EPVLAS

(i) Le nom de Gebel-Megala parait être un composé hybride, comme celui de Bazil- Bàb. ( Voyez ci-dessus la note 6, page a5. ) Gebel-Mégala signifiera alors grande montagne , étant formé de l'arabe eebcl {montagne) et du grec {grande).

Au-dessous de cette grande inscription et au-dessus de la clef de la voûte on aperçoit encore les restes d'une autre inscription en plus petits caractères; mais on n'y peut plus déchiffrer que les mots suivants :

IN8ICNIA CVRANTE M. CELIO AN. CV

Les plaines qui s'étendent au-dessous de la ville offrent un grand nombre de monuments funéraires, de toutes les formes , mais dont les plus considérables ont la forme de tours, ce qui a peut-être été l'origine du nom moderne de cette ville (2).

Sur l'un des monuments qui ont cette forme on lit l'inscription suivante :

M. FLAVITS SECVNDV8 FILIVS FECIT L. FLAVIO SEC.VNDO PATRI VIXIT AIW. CXII. H. g. E.

FLAVIAE VRBANaK MATRI PIAE V1X. ANN. CV. H. 8. E.

A cette inscription, qui m'a semblé curieuse par son double exemple de longévité, j'ajouterai les fragments suivants , qu'on peut encore lire sur la façade d'une sépulture ornée de pilastres corinthiens :

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