‹ Histoire de Tunis; précédee du̕ne description de cette régenceChapitre 73 sur 77 · NIS · texte numérisé non relu

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quelle les Européens donnent le uom de petit ducat d'or :

A ji

Les monnaies de Tripoli sont encore plus fréquentes à Tunis que celles d' Alger, et les monnaies d'or surtout y sont souvent plus nombreuses dans les forts payements que celles de la Régence.

Je crois donc devoir ajouter encore ici les deux empreintes suivantes de ces monnaies de Tripoli, qui sont remarquables par l'élégance avec laquelle elles sont frappées :

La face, B, porte dans un double cercle ponctué, et en quatre lignes, l'inscription suivante :

Soultân êl-berréyn, —ouKhâqan êlbahareyn, — és-Soultdn, êbn — és-Soultân.

« Souverain des deux continents , — et mo- « narque des deux mers, — le Sultan , lils « — de Sultan. «

Cette inscription de la face est la même que celle des sequins du Kaire.

Le revers , A , offre d'abord , dans le même entourage, le toghrâ, ou chiffre impérial, du Sultan Abd-êlHamyd, dont nous avons déjà vu ci-dessus une monnaie ; puis en dessous de ce chiffre, et en quatre lignes, on lit la légende suivante :

Dourib — /y — Traboulous-Gharb -

« Frappé— à— Tripoli d'Occident— 1187 (1). »

Cette monnaie a été frappée l'année de l'avènement du Sultan Abd-él-Hamyd.

(i) L'année 1 187 de l'hégire a commence le jeudi a5 mars de l'an 1 773 de l'ère chrétienne.

TTV.

Cette secondeempreinte est celle d'une variété du sequin de Tripoli qui ne diffère de la pièce précédente, du côté de la face, B, que par les traits qui séparent les lignes et par l'insertion du chiffre dix-sept au-dessus du mot êbn (fils).

La différence du côté du revers , A , est plus grande; elle consiste surtout en ce qu'elle ne porte pas le toghrà impérial , et qu'elle contient l'inscription suivante, en quatre lignes également séparées par des traits :

EsSoullân — SelymKhân; azz nasr-ho!

— Douribfy Traboulom— Gharb, 1203.

« Le Sultan — Selym-Khân ; Dieu illustre sa « victoire !— Frappé à Tripoli — d'Occi- «dent, 1303(1). »

Le Sultan dont cette monnaie offre le nom est Selym-ben-Moiixtafa (III e du nom), vingt- septième prince de la dynastie ottomane, qui succéda à son oncle, Ibd-él-IIamyd, l'an 1203 de l'hégire (1789 de l'ère chrétienne) : c'est lui oui occupait le trône deConstantinople à répoque de notre mémorable expédition d'Égypte, et il a régné jusqu'à Tan 1222 de l'hegire (2).

Une remarque essentielle àr faire ici est que les- sequins de Tripoli sont en or du plus bas titre, et que leur alliage est d'argent, ce qui fait paraître très-pâle cet or ainsi allié.

Je terminerai cette notice par unavertissement essentiel au commerce , à l'égard des divers sequins de Tunis , ainsi que ceux de Tripoli , d'Alger, et même

(r)l/année iao3 de l'hégire a commencé le mercredi 20 sept, de l'an 1788 de notre ère.

(a) L'année \ii-x de l'hégire a commencé le mardi iù lévrier 1807 de l'ère chrétienne.

du Kaire; c'est que, ainsi que je l'ai déjà dit ci-dessus, leur valeur intrinsèque ne concourt pas toujours avec leur valeur nominative, et qu'il est prudent de ne les accepter en payement qu'après leur avoir fait subir l'épreuve du trébuehet du changeur, et après s'être assuré de leur titre métallique.

Dans les pays les plus civilisés de l'Eu rope, où des lois fixent de la manière la plus stricte le titre et le poids des espèces d'or et d'argent , et où Ton met en usage les procédés les plus parfaits pour y parvenir, il n'est cependant pas trèsrare de rencontrer des pièces de même valeur dont le titre et quelquefois le poids ne sont pas rigoureusement les mêmes ; et ce fait est trop bien connu des essayeurs, etdeceux qui s'occupent ducouv merce des métaux précieux, pour que l'on puisse être étonné de voir que les sequins et même les piastres n'offrent pas un résultat identique lorsqu'on les soumet à l'essai et au trébuehet, quoique ces pièces soient frappées la même année, et on en sera d'autant moins surpris, qu'on devra se rappeler que les gouvernements orientaux qui font frapper ces pièces n'ont aucune loi qui les astreigne à une stricte régularité : de manière qu'ils sont maîtres d'altérer le titre et le poids de leurs monnaies ton tes les fois que cette altération leur paraît convenir à leurs intérêts.

Arrivé au terme du travail que je m'étais imposé pour la Description et la Notice hi>torique de la Régence , je ne puis poser la plume sans témoigner ma reconnaissance aux personnes instruites qui ont bien voulu m'ai- (1er de quelques renseignements relatifs à cette contrée, entre autres, à M. Duchenotw , qui a séjourné quinze années à Tunis en qualité de chancelier du consulat (maintenant secrétaire interprète du ministère des affaires étran gères et professeur à l'École des jeunes de la 11 gues établie à Paris au collège de Louis-Je- Grand), dont je ue puis assez louer l'obligeauce; j'associerai dans mes remerctmenfc M. Alix Desgranges, dont j'ai fait menti -a ci-dessus, page 211 , et M. Alphonse Rousseau, premier interprète du consulat général «le la république française à Tunis, membre de notre Société Asiatique de Paris.

J. J. Marcel.

TABLE DES MATIÈRES

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