DE L'OUVRAGE
Attaclieilieilt du mineur* -— L'attacliemeiit du mineur se fait au milieu environ des faces, sinon au tiers, à le prendre du côté des angles saillants des bastions, demi-lunes, ou autres ouvrages équivalents. Il vaudrait mieux que ce fât en approchant des épaules, parce que Teffet.de la mine couperait partie des retranchements ; mais on va pour Tordinaîre ^ la partie la plus tôt en état et la plus commode. Cet attachement doit toujours être précédé de l'occupation du chemin couvert, de rétablissement des batteries nécessaires sur le même de la rupture des flancs qui peuvent avoir vue sur le logement du mineur, et de la descente et passage du. fossé, auquel il faut ajouter un logement capable de vingt ou trente hommes dans le fossé, pour la garde du mineur.
Dans le temps qu'on achève ces préparations, on doit travailler à l'établir, ce qui se fait en deux manières. Tune ancienne et l'autre moderne : l'ancienne est d'envoyer deux ou trois travailleurs, qui s'enfoncent dans les décombres tombés au pied du revêtement, où ils font place pour poser des madriers, remarquant que si c'est un fossé plein d'eau, il faut se mettre en état de commencer 1 œil de la mine ^ un pied au-dessus de la superficie de l'eau, supposé qu'on ne la puisse pas rehausser ; et si c'est un fossé sec, il le faut commencer le plus près du fond qu'on pourra, afin de tenir toujours le dessous.
Après la place préparée, on y fait porter six, sept on huit madriers de sept k huit pieds de long chacun, sur un de large et quatre pouces d'épais, couverts de fer-blanc, à cause des feux d'ariiHce ; on les appuie bien joints les uns aux autres contre le mur, leur donnant assez de pied pour que deux mineurs se pussent loger dessous un peu commodément, .et y travailler à leur aise.
On les couvre après cela de |)eaux de bœuf fraîchement tués, quand on en a, et on bouche l'ouverture sous des madriers du côté du flanc, avec des tacs à terre, donnant toute l'épaisseur qu'on peut k cet épaulement.
Après quoi on fait entrer le mineur sous les madriers, qui commence aussitôt k percer dans le parement, et à enfoncer dans le corps du mur du mieux qu'il peut.
* Toutes les définitions contenues dans ce vocabulaire — sauf celles des mots bastions, fortifications et tranchées^ — ont été extraites par nous des traités et des rapports de Vauban.
HISTOIRE DE VADBAN.
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3° Aux poires, bombes, grenades et feux d'arlilice que l'ennemi lâche de pousser sur lui de haut eti bas des [lai'apeu ;
•° Aui surprises des sorties dérobées, dont on ne manque pas de régaler souvent, el par-dessus cela, à toutes les ruses el uontradic lions
De sorte que la condition d'un mineur en cel éut est extrêmement dangereuse el recherchée de peu de gens; el ce n'est pas sans raison qu'on dit ce me'lfer être le plus périlleux de la guerre.
Quand cet nltachemeut est fnvnriné du canou en batteries sur les chemins couverts, c'est tout autre chose, le |iéril n'en est lias à bcaucon|) prAs si grand. On euFonce un truu de quatre ou cinq pieds de prnfou-
peu de temps du canon et du inouaquet des flancs, des bombes, grenades et feux d'artifice qui ne peuvent plus rien faire peu de temps après son atlachemenl : il n'a pins que les sorties et lei contre-minet i
Ajoutons à cela que si, après qu'il y aura trouvé d'ébranlé ilu temps et qu'on recommence par y fai
oir décomblé et >i
Les mineurs se relèvent de deux heures en deux heures el travaillent avec lonle la diligence possible jusqu'à ce qu'ils soient prtu à chambrer. Pendant qu'ili avancent leur ouvrage, on Ni( approcher les iioudres, les <aci k terre et les fumiers nécessaires au bouchement de )a mine i portée dans les places d'armes plus proi:hainei ; les charpentiers de l'arlilterie préparent à mËnie lemps les étais, les bois, les planches poor ta galerie
Bastion» — Partie saillanle d'une enceinte fortifiée, qui a remplacé les tours carrée» ou rondes des anciennes forteresses. Le baidon est une grande m.isHe de terre, ordinairement revêtue de maçonnerie on de gazon, qu'on construit sur les angles de la figure que ('on fortifie, et m£me quelquefois aur les côtés, lorsqu'ils sont fort longs. Sa figure esl à peu près celle d'un pentagone. Il est composé de deux Faces qui Forment un angli* -aillant vers la i'.im)iagne, et de deux flancs qui joignent les faces ik l'enceinte. Les dimensions des faces et Hanca des bastions SoDt
' Traite de laUa^fie des places, p. ISS cl
réglées d'après la portée des bouches à feu, ainsi que la longueur de la courtine, partie de Tenceinte comprise entre deux bastions. Quant ^ la distancé entre les deui courtines séparées par un bastion, elle dépend du tracé de Tenceinte et de quelques circonstances locales : cette distance est ce qu*on nomme la gorge du bastion. On appelle bastion simple celui dont les flancs sont en ligne droite ; bastion u flancs con^ caves et à orillons, celui dont les flancs couverts sont disposés en ligne courbe et dont l'épaule est arrondie ; bastions vides, ceux dont le rempart est mené parallèlement aux flancs et faces, de manière qu'il reste un vide dans le milieu du bastion ; bastions pleins, ceux dont toute la capacité se trouve remplie par les terres du rempart ; bastion plat, celui qui est construit sur une ligne droite, et dont par conséquent les demigorges ne font point d'angle ; bastion détaché, un bastion qui est isolé à l'égard de l'enceinte ; bastion régulier, celui qui a ses faces égales, ses flancs de même, et les angles de l'épaule et au flanc égaux entre eux; bastion irrégulier, celiq qui a de l'irrégularité dans ses faces, ses flancs ou ses demi-gorges, de même que dans ses angles du flanc et de l'épaule. — C'est aux bastions que l'assiégeant s'attacbe lorsqu'il est assez près
f>our les battre en brèche. Tous les travaux du siège ont été dirigés vers e point d* attaque : ce point et ses approches sont le but des batteries, qui lancent des projectiles de toute espèce contre les bouches à feu de 1 assiégé, afin à* éteindre ses feux, tandis que des boulets, tirés à ricochet, sillonnent les remparts et les rendent inabordables. En même temps les batteries de brèche exécutent leur œuvre de destruction; c'est ordinairement dans l'une des faces du bastion attaqué que l'ouverture est faite ; lorsqu'elle est assez grande, et que, pour la rendre plus praticable dans toute son étendue, on l'a suffisamment aplanie à coups de canon, il ne reste plus qu'à traverser le fossé et à donner l'assaut '•
CSiemllIS couverts* — Les chemins couver u sont très-nécesteires à quelque fortification que ce puisse être. C'est là où on s'assemble pour faire des sorties et d'où on les soutient : là on reçoit les secours qui se jettent à la dérobée dans la place. C'est ordinairement celui de tous les dehors qui coûte le moins à faire et le plus à prendre quand la défense est bien entendue, mais celle qui l'est moins, et sur laquelle plus de gens se trompent.
Quand il y a un avant-fossé plein d'eau au bas du glacis, on y fait (non pas toujours) un avant-chemin couvert parallèle au premier, enfoncé de quelques pieds de plus et élevé d'une banquette ae moins pour conserver la supériorité du premier.
FortilicatlOIMl* — Si l'on compare, abstraction faite des dimensions, la figure des enceintes dans les places anciennes et modernes, on
* Nous avons emprunté les définitions des mots bastion et tranchée au vocabulaire très-précis et très-exact de M. Roy* (^Vauban. Lefort, éditeur.)
KI5TOIBE DE TAUBA5
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Lm <ii ay watmàts «t pâccraatf 4cs bo t fc e* à feti abattaient de loia, îa. ït-t Àe yna -« presane «aB.> péril poor ra*>ié{»eant, les murailles que nfa ^t: ic-itksptjii : jf> d-etni de leso.îrpe formaient des rampes prati- <raâ«er^: ja «lariM^ èi^> le» 6Ki«ê«. o« on 1rs comblait avec des faiscines, se HOC Af ^9B|[v i*^ n^fLaii à Jefi\ points : faire brèche de loin et donner fie. «>x o.'Mt^crTfci^î. M«s le nom de glacis, des enreloppes en terre a c-A.*Wr i*> EQoraiJle». Dans les places neuves, on s ele\a d:i ^, et OQ dot les fossés plus profonds, afin deconi . ^-*:»rr«i* la kauteur nécessaire contre l'escalade. T:»ir Ti^ ..S:?*r i<s t>*ux, on lit d&s /ans <es-if rayes ^ des cavaliers y Aa
*^ »nt>r-»e des cr^mlre^tmimes pour disputer et faire sauter I<>
»rcii£»
r^jLZïj .'e* a0c:-mae> places, les tours étaient ca>ematées; dans les non- "f^-f^^ :c cjs^m^U Ir* flancs des bastions et diverses partie» de l'cn- ■revr:-. «.> «Tïtnr de det\*n>e fut emplové d'abord avec sobncté. On s'e>l jpft« d^f*.v3t^ tzx i:eii\ e\cès contraires : les uns ont exclu les casemaies fV'zr ôes T;ces qui n'étaient pas sans remède ; d'autres en ont touIo •■»Je a.3 B»:<wt) «■vdiisif de défense.
i-^- r.-: A la îin du «quinzième siècle qu'on élarp,it les remparts et qu'on fi: des nara^^c-cs en lerrv. Le? glacis, les cavaliers, les fausses -braves, le» :np«r> daocs parurent dans le seizième siècle. La mine eut h peine h\l s^a:er le château de l'Œuf ;1503), que les Espagnols y commencèrent
VOCABUi.AIBE.
]« cDntre-mlDU. De» 1527, AlberL Oilrer t'eienjak
Ce ne fut que tous Louii XIV rju'on acheva de démber l'eacarpe aux
vue* de la campagne.
Âprèi l'inTenlion de la poudre, on s'a|ipliqu3 surtout h jierfeclionner lei iontét. On eihailMa \e» conlrocarpes. et l'assiËgeanl fut obtigê de la renverser par la sape ou la mine. On praliijua dans le fond même dea fouéa des chicanes de tome espvce. Telles furent les caponières; leJs étaient les moineaux, espèces de casemates qu'un ingcnieui' italien, Nicolo Bonnet, lit en 1553 dans les fossés de Sainl-Damien.
I.a roDtrcacarpe rendait les sorties plus difEciles. Le corridor ou che- Diiii couvert, espace ménagé entre le glacis et le fossé, fut destiné à ras~ Mmhler les troupe! et à les recueillir dans leur retraite. On lit une baoqoelle intérieure aux glacis, el ils fournirent contre l'aisiégeant des ieni de niouu|ueterie rasants «l meurlrien.
Les anciens n'avaient d'autres ouvrage» ettérieurs que les boulevards, les baréaeanei et les batlUt, petites pièces de mMjonnerie ou de charpente que couvraient les portes, les ponts ou la (rte de* faubourgs.
Led moderne* ont imaginé celte foule d'ouvrages eiiéiienr*, connus ■OUI le' noms deravelins un desu-lune*, de cunlre'^ardea; d'ouvrage* i. cornes, de lunettes, de redoutes, de tenailles, etc. On a donné le nom générique de dehori ï ceux qui enveloppent le chemin couvert de l'enceinte, et celui d'ouuro^ri aiianeis *v\ pièces qui sont jetées su delà des glacis. Autour de celles-ci, on a construit de* aiiant-chtmins couoerti. Au ba* des glacis, on a creusé de* evant'foisii. Sous le* glacis, •aa» les ouvrages et jusque dan* la campngne, on a développé des syitëroet de
C'est ainsi que, après avoir rcdoit l'assiégeant 1 s'avancer jusqu'au bord des (-lacis pour faire brèclie, on n'a rien oublié pour l'empiicher d'jr arriver et le forcer, pour ainsi dire, à faire plusieurs sièges avant le siège . principal.
La furtilicalioa moderne est née dam les guerres civiles Att Pays- Ras. Elle s'est introduite en France pendant le* troubles de la Ligue. C'était durant la gnerre intestine qui déchira le royaume soua Charles VII qu'on avait commencé l'i perfectionner l'artillerie. Des exemples plu* récenl4 acbèveraient de prouver que les arts prospèrent dans le cours même des agitations politiques, et que l'espiit humain ne brille jamais de plus d'éclairs qu'an milieu des tempêtes <■
InV«l«Ullirei — La prpmi^re chose qu'on doit faire est l'investiture de la place; ce qui se fait ordinairement par un détacbemeni de quatre
■ Si c'est nue place un peu con*idérable duiit h circoovallaiion puiss< avoir quatre ou cinq lieues de tour, compris les boasillementi qu'on lu fait faire, il en faudra au miiins commander quinze à dit-huit mille e danx i trois mille chariots, même quatre mille, srlan que la place C* grande...
Quand loi ligne* sont achevées, on congédie le* paysans, mail on re. tient deux cent* chariots et cinq on six cents paysan* pour le service dei charnii* et des ambulances.
4M HISTOIRE DE YAUBAN
<Mi cinq mille ckeranx, phu cm Moins, selon qne la faraison eic forte, coMsndés par an lieatcnanc général et dans on trots Maréckan 4t camp, qmj pour bien faire, doivenc marc&er jonr et nnîl, avec toais b diligence possible, josqn'à ce qa*ils soienc à «ne iiene on deax et b place, où, faisant knite, il^ règlent lenn détachements particnlîen et In dispositions de llnTestitnre, en sorte i|n*ils pnisaent arriver tooiib BMne kenre à on pen plus de la portée dn canon de la place, k laqmtte on ne se doit sMmtrer qne par des «létacbeasents, qni, ponssant de Com côtés jnsqn'anx portes ae la rille, enlèrcnt tont ee qm se tionre dcbon, ho m mes et bestianx. Ces déta^emenu doivent être somenns par «pielqnes escadrons i|n*on fera avancer autant ipill sera necfsfuif ; iJ ton même bon d^essayer <piel<|oes volées de canon p on r avoir lien d'es reasanracr la portée. Pendant «ine cette petite expédition se fât, oa doit se saisir de tontes les avenues ^vorables an s eco n r s qni ponrrait te jeter Aans la placx. En an asol, bien investir la place le pins près <|ae Toii f eiii par les postes qne l'on prend tont antoor. Le jonr, on se tient kon <!•* la portée dn canon, et tonionrs en état de se doiuier la aMin les ms aux antres. De nnit, on s'apprôdie à la portée dn moniqnet ponr poavoir former antoor de la plice nn cercle garni de tronpes, en sorte qa*0 n'y reste point on pen de vide qui n'en soit rentpli. En cet état, on tonme le dos à la place, et oo dispcwe des petites sardes devant et derrièfc ponr n'être pas snrpris ; on fait enfin tète à l'ennemi de qnelq ae cdié qa*il se puisse présenter, tenant tonjours moitié de la cavalerie a cbevil, pendant que l'autre oMt pied à terre ponr on pen reposer les ckevaax et les koounes.
Le matin, on se retire peu à pen avec le jour, £ûsant sonvcnt kilte, jusqu'à ce qne le lever du jour donne lien de se retirer an quartier, posant des gardes ordinaires qui font tête à la place, et d'antres plas fortes sur Ic^ avenues do côté des secours : après quoi, les escadrons qui ne sont pa^ de garde se retirent au camp pour prendre un peu de repo^ san$ se dé>kal>iller ni desseller les chevaux qu'autant de temps qu il e>t nécessaire pour les panser.
Pendant ce temps—là, celui qui commande envoie des partis i la guerre pour apprendre des nouvelle» des ennemis, et continoe de s'arranger et de régler ses gardes. On commence aussi à reconoaitre la situation plus convenable pour asseoir les camps et les lignes quand rarméc sera amvee, et c*est à ouoi les ingénieurs qu'on suppose devoir être arrives aus>it'>t que le détachement se doivent particulièrement appliquer. Quand ceux qui investissent ont quelques troupes d'infanterie avec eux, on les dispose par (petites gartles sur les principales avenues de U plat-e, soutenues jvar de plus grandes que Ion poste derrière elles; an défaut d'infanterie, on y emploie des dragons.
l»es le jour même que la place est investie, tout se ntet en mouve- »ent, I artiUerie et sa suite ; les vivres et tous les canons, le* pa^^tani commandés et les chariots.
Ce qui se fait i la diligence de riniei.dant.
Pendant que les dis|K.>itions de linvestiture se font, Tarmée marche
» grandes journées et arrive de\ant la place, pour l'ordinaire denx,
rx^is, quatne ou cinq jours après linvestiture ; le lieutenant général qui
» ïJite va au-dcwni d elle une demi-lieue ou environ pour rendre
VOCAItUI.AIRE.
coraplE au g(-nér>1 de ses diligcncea, lequel général tnière ilia|)asiuon pour le campemenl de l'année autoar de la place; le lendemuiii il le rectifie et Fait, avec le* officiers généraun et les principaux ingénieurs, le tour de ladite place pour eo déterminer la circonvallationi et apiés avoir rêioiu la figure et le circuit des lignef, qui est toujoun celui qui doit i'tre U règle du cnmpenn'nl, tuulca td troupe!) «e placent selon les quartiers qui leur soni ilc-iiinés, et le géiivral distribue ■m officiera généraux cliacun le leur. Ou rr-gie ïi mi-me temps le quartier du roi, celui des vivres et le parc de l'artillerie ; ce qui se recdUe les jours suivants, et autant que possililo par rapport aux attaques.
LnnelleB. — Pour mieux soutenir cet avant-clicmin couvert, ou doit faire di-i lunettes entre les deux, devant les angles saillants des places d'armes du premier chemin couvert. Ces lunettes ne sont autres que (le petites demi'lunes, qu'on nomme ainsi pour les différencier des grandes; elles sont nu peu plus élevées que le parapet du [;r.-ind chemin convert. On les gaïonne devant et derrière avec une bermi- et des parapets à preuve; elles doivuni, de plus, être isolées par un bon fossé plein
Denil-iDneil. — Les demi-lunes sont, sans contredit, les meilleures et les plus excellenteB pièces des debors, parce que ce sont elles qui sont les mieux défendues et qu'elles sont situées sur des angles rentrants qui leur donnent beaucoup d'.-ivantag e ; elles dominent et profitent le chemin couvert et les autn-a dcliors qui «ont devant i-t à rûlé d'elles. Elles doivent tlrr revêtues, leur fossé profond à peu près comme celui de l.t place même, et de moitié ou des deux lien da sa largeur; leur élévation doit £tre moindre que celle du corps de la place de 4, 5 à 6 pieds. Quand elles sont grandes et bien faites, ce sont de loua les dehors les plus dîfliciles à prendre. Et si, dans la capacité des grandes, on en fait de petites qui soteni revêtues i même hauteur que la première, qui aient leur parapet k preuve et un fossé revêtu tout autour, on pourra défendre toutes les traverses de la grande pied h pied et tout Hntéricur de la demï-lniie jusqu'à oLli[;er l'ennemi k monter du canon sur sa pointe, qui n'y fera pB« touiours l'effet qu'il pourra désirer, parce qui: les batteries des courtines le pourront commander, si elles sont prêtes et disposées à l'avance pour i:et effet, en sorte qu'il n'y aura plus qu'à ouvrir les embrasures. Pour conclusion, une demi-lune bien faite et environnée d'un bon fosM est un excellent ouvrage.
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HISTOIRE DE VADriAN.
sépares, on eu poui conlre-furts; celle-ci éboiillt de leire et u
dsns les lerre<
>, qui va cbercber le di
o fonde excaval
do„, quand elle riiiait
De» parallèle** — La figure de la première lîene parnllèle doil tire circulaire, un peu aplatie nur le inilieu: elle Huit Buaii emtjraucr touica lot atlaquei par son étendue, qui sera fort grande et débordera le aeciiiiile ligne de 25 i 30 Inisefl de chaque bout. Quant à set aalm mesure», ou peut lui donuer depuis IS jusqu'à 15 pieds de large sur 3 de pmfandeiir, remarquant ciue, daun lei endroits où l'on D« poutralt pas creuser 3 pieds, à canse du roc ou dei maraic qui peuTCnt se rencontrer dans le Cerrain qu'elle doit occnpar, il faudra l'élargir dnvantaj>e, ahn d'avoir dei terres néce««aires k son parapet. jus<|u'^ ce qu'elles *oient ackovées, un n'y doit pas faire entrer les balaillOD», mlii seulement des délachcments a mesure qu'elle se perfectionnera. Les usages de i:elte première ligne ou place d'armes tout : 1° De protéger les tranchées qui se poussent en vivant jusqu'à 11
2° De flanquer et de dégager la tranchée;
3" De garder ces premières batteries;
V De contenir tous les bataillons de la garde, sans en embarrasser la
5° De leur f.iire toujours faire front à la place sur deux on liuLi ran^s de hauteur ;
6" De communiquer les attaques de l'une i l'aQtre jusqu'à ce que la seconde ligne soit établie;
7* Elle fait encore l'effet d'une exoellenlr contreTallation contra U place, dont elle resserre et contient la garn eonde ligne doit être parallèle à la ^
e ch.-ique bout, et pli Ters la place de ISO, 140 ou 150 tuisea; ses lai-geurs «t profondcarj doivent ître égales i celles de la première ligne.
La tranchée continue toujours son chemin jusqu'il ce qu'elle soit par- Venue à la distance marquée pour la troisième ligne; de sorte que la seconde n'est pat plus l6t achevée que commence la tpoiiième, et arant même qu'elle le aolt totalement; pour lort, on y fait entrer les bataillons du la ^iremière llgnp, et on ne laisse dans celle-ci que la réserve, qui ei^t environ la tiers de ]a garnison.
Les propriétés de la deuxième ligne sont les m^mesquc celles de la
A ISO, 140 ou ns
la deuxième ligne, on i circulaire que les deu chemin couvert autant
fort dangereuses.
«la
toises, un peu plus ou uti peu nioins, au dell de :tahlit la troisième parallèle, plus Courte et moiiis< X premières, ce que l'on fait pour approcher do
rvitcr les enlilad( iremière ligne parallèle est il 300 SO toiiea seuil
vocahui.aihe.
ili-mi-plnces d'am
fiouue en avant ui
oiivra(ii;s de la place i]ue le Feu eu éteint oj ai tort affaibli (lu'oii neul
impunémenl le méprUer.
Maia si U garnison esl forte et m tre pi en an le, el nue les balteriei k ■ icocbet ne puissent être emnloyëcî, il but s'approcbnr jusqu'à portée de U grenade, c' est -à-dire i 13 ou 14 toises des auRleB «aillanU.
C'est iiir le revers de celle dernière li|!ne que l'on fait les ama» d'onlils, lacA h terre, piijnels, {•aliinna et fascines, fort abonda m ment, pour fournir au logement du chemin couTerl. {De tattaijuc de< plates.)
Place* de glierre. — Une place de guerre est une forlerewe «ituée sur U frontière, près des paya ennemis, où elle est nécessaire pour la aùrcté du nôtre; la clûture ilc laquelle . est un rempart revêtu.
d'un parapet î) épreuve du cauun, bien flanqué, leqoel est
' '' ' ■ - ■■ :( de uluiienn deliors qui con-
laquelle, rappoité .lu corpa de
e fusaéi aeci ou pleins d'eau cl de uluiienn 1 aon enceinte, le composé de laquelle, rappi la place, achève sa forLÎËcalion, et c'est ce qae noos appelons ph ville de guerre.
Les places sont régulières on irrégulières, ou compoiées de toutes le*
Les places réfjalières sont celled dont tous les angles el lignes de même nature aoQt égaui ou égales entre elles.
Les irrégulières aont celtea qui n'ont rien d'égal dana leur enceinte, soit parce rju'on a été obligé pai- la situation ou pour avoir été [lAties en différents temps par des gen^ de goiils différents, ou parce que c'étaient des places fortitiees h l'antique qui avaient de bons restes qu'on a voulu conserver et approprier à la fo ni G cation moderne. (Difease det pUce..)
ReconnalHaBre «l'une place. — Ce nVsi pas une chose
aisée que de bien démSler le fort et le faible d'une plaee; vous avei beau la reconnaître de jour et de nuîi, voua ne venez nos Ce qu'elle renferme dam soi, si voua ne l'apprenez par d'autres j c est «ur quoi il ne faut encore rien négliger.
L'ignorance de la nation sur l'attaque des places a clé autrefois si grande que j'ai vu meure en question fort sérieusemenl s'il n'était pae plus k propos d'attaquer une place par son fort que par aon faible, et iiir cela dispater du pour el du contre avec chaleur.
Il n'y a juiinl de place qui n'ait son fort et son faible, i moins qu'elle ne soit d'une conalruction régulière, dont lei pièces de même qualité sont toutes «aies entre elles, el situées au milieu d'une plaine rase qui l'environne a perle de vue, et qui n'avantage eu rien une partie plus que l'autre. Pour lora, on la peut dire également forte el faible partout) et en ce cas il n'est plus nuestion que d'en résoudre les attaques par rapport aui commodités, c est-à-diri; par le cftté le plus it portée du
Juartier du roi, du parc de l'artillerie, des lieux dont on peut tirer des iscines el gabions et des accès plua commodea. Maia comme il ae trouve peu de places fortiBées de la sorte, et que presque toulea aont régulières
M4 HISTOIRE DB TAUBAII.
ea des parties et ifrégulièret en d'antres, par rapport à leon IMiGitioos, presone toujours composées de vieilles et de nouvelles piieM,oi à quelque aéfaut ou aTantaoe de la sitoatioa plus grand à un e5cé i(s*à rautre, on de la campagne des eoTirons, cela rait une dirersité qâ iwt oblige à autant de dinerentes obserrations.
tw«rfnre de la fm«glié>» — Le jour der onwiMie ltMt Tenu, Jes fsrdes s'assemblent, sur les deos on trois benras di Tapé»* midi, et se mettent en bataille, après quoi «m hit la prikn; le gfatnl les Toit défiler si bon lui semble.
Lés traTailleurs s'assemblent aussi près de là, tons ■mis de fii^ dues, de piquets, et cbacnn d'une peAe et d'une piocbe, s* qMid la nuit approche et que le jour commence à tomber, m gardes se sMIlmt en marche, chaque soldat portant une fisscine avec ses aiaMs, Q^f* doit être repété a toutes les cardes. A l'égard des ontila, il airfEt nm fiûre prendre aux travailleurs les deux premières gardes^ et de lealeiaff à la tranchée, où on les retrouve.
La garde de cavalerie va, dans le même temps, prendre les posMs qn lui ont été marqués sur la droite et la gauche des attaques, oii anr Tnas des deui, selon qu'il a été jugé convenable. Tout cela se fiiit le pramier jour en silence, et sans tambour ni trompette; les grenadiers et anlics déuchements marchent à la tète de tout, suivis des bataillons, ec eem-d de* travailleurs, lesquels sont tous disposés par divisioas de rtn qna ats en cinquante, chaque division commandée par un capitaine, va ntia i r nant et deux sergents; on les hh marcher par quatre on par sis defreal, jusque près de l'ouverture de la tranchée, oà, quand la tèie dee Croupei est arrivée, le brigadier ingénieur de jour, qui a son dessin réglé, vs poser les {grenadiers en avant par où se doit conduire la tranchée, pendant que les bataillons se rangent à droite et ^ gauche de l'ouverture de ladite tranchée, derrière les couverts qui s'y trouvent, sinon sax endroits qui auront été marqués à leurs majors, où ils déchargent leurs fascine»; nuoi fait, iU se tiennent sur leurs armes en silence, toujoun prêts à exécuter les ordres qui leur sont donnés. Pendant cet arrangement, le brigadier de jour, qui a [Huté ces détachements, donne le premier coup de cordeau et montre ce qu'il y a à faire au sons-brigadier pour continuer le trait ; il fait ensuite défiler les travailleurs un a on, portant la fascine souh le bras droit, si la place est à droite, et sous le bras gauche, quand on la laisse à gauche, et commence lui-même par
Poser le premier des travailleurs, et puis le deux^ trois, quatre, cinq, un après l'autre, leur l'ecommandant : 1® le silence; 2* de se coudier sur leur fascine; 3* de ne point travailler sans qu'on leur comioande.
Quand il en a posé quelque nombre, il cède la place au premier ingénieur, c]ui continue à poser et à faire poser pendant que lui, brigadier, va prendre garde au tracé.
Quand le travail est disposé, on fait haut les bras, et tout le monde travaille, avertissant toujours les travailleurs de jeter la terre du côté de la placr. On se diligente tant qu'on peut, jusqu'au grand jour; poar lors, on fait mettre les détachements à couvert sur les revers de quil J a de fait de la place d'armes, et derrière les plus proches replis de là
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tête des tranchées, où on les fail concther sur le ventre, car elles sont encore Lien faibles au matin ; après cela, on congédie les travailleurs de la nuit et on les relève par un pareil nombre de jour, commençant par la tête, au contraire de ceux de la nuit, qu*on a commencés par la queue.
D^S oatlla» — Les outils dont on se sert dans les sièges sont : pics à boyaux, pics à roc, pioches, ])elles de fer, bêches communes, feuilles de sauge, pelles de bois ferrées, et non ferrées, et luuchets de Flandre. Ces derniers sont les meilleurs de tous en bon terrain comme celui des Pays- Ras; rarement sont-ils propres ailleurs, parce que, le plus souvent, les terres sont dures et mêlées de tuf, cailloux et pierrailles. Les pics à boyaux, qui ont une pioche d*un coté et une pointe de Tautre* sont bons mêlés avec des pioches communes; les pelles de ier^ appelées escoupes, ne sont ])as mauvaises, lorsqu'elles ont une bonne douille et qu'elles sont bien emmanchées. Les bêches un peu longues, qui s'enfoncent dans la terre avec le pied, sont encore assez bonnes, parce qu'elles enlèvent la terre et font l'excavation d\m seul coup. Les pelles de bois sont bonnes, parce qu'elles prennent beaucoup de terre à la fois; mais elles se cassent facilement... Toutes ces sortes d'outils, qui doivent être bien emmanchés, se tirent des magasins, où il y en a, pour l'ordinaire, des amas de longue main assemblés à loisir. Pour être bons, ils doivent être de quatre a cinq livres, fabriqués de bon fer de bonne trempe, et bien acérés sur les tranchants, avec les pointes bien renforcées de bonnes et fortes douilles à la tête, ce (|ui se voit rarement, parce que tout cela se prend à des prix faits et que l'on ne tient pas la main avec assez d'exactitude à leur exécution.
OWÊ'wn^eH A cornes* — Les ouvrages à cornes sont, pour l'ordinaire, de grandes pièces bâties pour occuper plus de terrain sur quelque avenue problématique ou commandement nuisible à la ])lace, on pour en augmenter les fortifications dans les endroits faibles ou qui ne sont
fias d'une égale force aux autres. On les place le plus ordinairement sur e milieu des courtines ou devant les pointes des bastions, dont la capitale prolongée les coupe en deux parties égales par le milieu : l'une ou l'autre situation sont bonnes.
La tète de ces ouvrages, étant bien bastionnéc, présente aux attaques, à peu de chose près, l'équivalent d'un front de place; aussi sont-elles capables de la même défense.
Quand ces ouvrages sont bien revêtus, leur fossé profond et revêtu avec de bonnes demi-lunes accommodées de même, et le tout enveloppé d*un chemin couvert bien traversé, il n'y a rien de meilleur.
Ooimm^en couronna* — Les ouvrages couronnés suivent immédiatement après ceux des cornes ; ceux-là sont douilles des antres et quelquefois triples, mais rarement. Ils sont ordinairement faits pour occuper quelque grande avenue faible, pour couvrir quelque partie dé-
fectoease d*iioe place, pour occopcr an grand terrain on pour Krrir^ dôtnre à «peUpie fiobooif oa partie de place ouii
If. — Tontes les placn de gnerre doircnt être CBfironnées d'no rempart de 15, 18 à 96 piedj de bant, Imt^j ma teireflai de 4, 5 à 6 toi«es . non compris lei banquettes, rintcricor do rcâpart soaieno par les talus natoieU et réglés à terre ccKirante, et rexténcv par de gro> murs de maçonnerie appelés rerètement, on par des fatoanages on placages fascinés.
— \o«u entendons par la sape la t2cc d'osé tran* chée poussée pied à pied, qui «rbemine jour et nuit éeiIffnL Qooiqu'elle avance peu en apparence, elle fiait beancoap de Aiwin, ci efifieC, parce qu'elle marche toujo<irs. C*est un métier qui demindf mat espèce d*apprirntissage pour s*y rendre babile, auquel on est bientôt bit, <fî>ad le courage et le désir du gain sont de la partie.
Voici comment elle se conduit.
L*oavrage étant tracé et les sapeurs instruits da cbcmin qu'ils doirat tenir, on commence par faire garnir la tète des gabâons, tucinei, sxs à terre, fbnrcbes de fer, crocs, gros maillets, mantelets, etc.
Cela fait, on perce la tranchée par nne ouie itui e que les sapeon foot dans l'épaisseur du parapet k Tendroit qui leor est nMMitré, après qioi le sapeur qui mène la tète commence ne £ûre place pour son preâio' gabion, qu il pose sur son plan, et Tarrange de la main, du croc et de la fourche, du mieux qu'il peut, posant le dessos deasoss, alio qae h pointe des piqneu des gabions, dérobant le sommet, paisse serrir à tfOir le> fascines dont on le charge. Cela fut, il le remplit de terre en le jeast de biai> en avant et se teDant ud peu en arrière pour ne pas se decoa- \T\Ti à mesure qu'il remplit le premier gabion, il frappe de tempi A temps de son maillet ou de sa pioche contre pour faire entasser U terre.
Ce premier rempli, il en pose un second sur le même alignement, qu'il arrange et remplit comme le précédent; ensuite un troisicme, avec les mème< précautions, qu il remplit de même. A près ce troisième, un quatrième, se tenant toujours à couvert et courbé derrière ceui qui «ni remplis, ce qu'il continue toujours delà sorte; mais parce que les joints des gabions sont tort dangerrfux avant que la sape soit achevée, » faudra les fermer de deux ou trois sacs à terre dosés bout à bout *ttf chaque joint, et que le deuxième sapeur arrange, après que le troisicin* et le quatrième les lui ont fait passer.
Au vingtième ou trentième gabion posé et rempli, on reprend les 5*ci de la queue pour les rapporter en avant, afin de les épargner, de sorte qu'une t^ntaîue de sacs à terre bien ménagés peuvent suffire à condoirt une sape depuis le commencement Ju siège jusqu'à la fin. ^I^ »**'
—^ Les sorties ont toujours pour objet de faire du mais**
assiégeants, soit pour battre U tranchée en tout ou en partie, ou rai<r
raekpia bont considérable et mal protégé de ses logements, retarder le j>rogrèt des attaques, attirer Tassiegeant sous le feu de la place, pour lors très-bien préparé; reprendre quelque partie fie cbemin couvert aouvellement perdue, et où Tassiéfjcant ne sera pas bien rtabli ; le chasler d*une brèche où il sera encore mal affermi, soit dans Ioh tlcmi-lunes, Bontre^rdes, ouvrages ^ cornes, ou dan:t l'enclos de la place même, de chicaner le passage du fossé, et en6n chasser ou tuer le mineur dans Min trou. VoiU, en général, les objets de toutes les sorties.
nr A rlOOCliet* — Tant qu'il s'agira de démoutcr le canon ennemi, on pourra battre à pleine charge; mais aussitôt qu'il sera démonté, il but battre en ricochet, et pour cet effet, mettre les pièces sur la semelle, c*est^-dire à toute volée, et char{>er avec des mcsui-es remplîea et raclées avec autant d'exactitude que les sauniers en apportent à metnrer le sel, versant la charge dans la lanterne, la conduire doucement au fond de la pièce par laquelle on coule la bourre, appuyant defcot do refouloir, tans battre; ladite pièce chargée i de lu sorte, pointée et abattue sur la semelle, comme il est dit ci-dessus, il n'y aura plus que le trop ou le trop peu de charge qui puisse empêcher le coup d'aller on on veut; mais on a bientôt trouve la véritable charge qu'il faut quand, chargeant toujours de même poudre et de mesure, on l'augmenteet diminue jusqu'à ce qu'on voie le boulet entrer dans l'ouvrage, effleurant ce sommet du parapet ; ce qui se voit aisément , parce qu'un conduit le boulet de l'œil.
Quand, une fois, on a trouvé la vraie charge, il n'y a qu'à continuer; comme la pièce ne recule pas, tant que la même poudre dure, le boulet se porte toujours où il doit aller. (^Attaque des places.)
VMIlICli^^ — La tranchée est une espèce de chemin creusé dan^ la terre pour approcher d'une place assiégée. Pour s'ajiprocher des emplacements que la nature du terrain et la configuration des ouvrages de la place désignent pour y établir des batteries, on part d*abord d'un lieu où Ton soit h couvert du feu de l'ennemi ou à une distance qui en rende TefFet peu sensible, et l'on chemine, en se couvrant successivement d'un rem|>art, ou plutôt d'un parapet de terre. Partout où le sol le permet, ce rempart s'établit en creusant un fosse dont on rejette les terres du côté cle l'ennemi pour en former un parapet. Lorsque le sol,. DU pierreux ou marécageux, ne permet pas de creuser, le par^ipet se Forme de fascines et de terre, de gabions ou de sacs à terre qu'on y apporte, ce qui rend l'ouvrage bien plus long et plus difKcîlc. C'est cette espèce de chemin couvert qu'on appelle tranchée. On évite avec soin
3iue la direction du tir, d'un point quelconque de la place, puisse en/?er la tranchée dans sa longueur : pour cela, on la conduit ordinairement en zigzag; c*est ce qu'on appelle la tranchée à crochets. Cette tranchée se fait quelquefois double et quelquefois simple : c'est-^-dire que du point du départ, ap|>elé la queue de la tranchée^ on pousse un chemin couvert à droite et à gauche, ou bien on ne s'étend que d*un aeul côté» -~ Lorsque les tranchées )>ar lesquelles on s'approche de la place font arrivées à la distance où l'on doit établir les batteries, on
ouvre une nouvelle tranchée dans une direction parallèle au développement extérieur du front qu'on attaque, et qui, pour ce motif, porte le nom de parallèle. C'est sur cette ligne qu*on établit les batteries au point convenable pour l'effet qu'elles doivent produire. De cette première parallèle, on continue à avancer vers la place par de nouvelles tranchées. Selon l'importance du nombre ou des effets de l'artillerie des assiégés, on forme, en avant de la première, une seconde et même une troisième parallèle; quelquefois, on avance directement pour s'établir au haut du glacis des ouvrages ; c'est ce qu'on appelle U couronnement ou chemin couvert. On concevra facilement que, dès l'instant où l'on arrive à la portée des petites armL>s, il se présente de nouveaux dangers dont l'assiégeant avait été à i'abri jusqu alors; aussi cette opération est-elle une des plus difficiles des sièges. Ce dernier bout de tranchée se fait soit directement, en se garantissant du feu d'enfilade par des massif;; ou tra> verses très-rapprochées, soit au moyen de zigzags très-courts, et toujours en observant que les travailleurs soient bien à l'abri du feu de Tennemi.