‹ Histoire de VaubanChapitre 20 sur 35 · DE LEDIT DE NANTES · texte numérisé non relu

DE LEDIT DE NANTES

La nouvelle de la révocation de l'édit de Nantes avait été accuelUle par Vaid>an avec une véritable stupeur. Il comprit que cette mesure impolitique serait le signal de terribles déchirements intérieurs et d*înterminables complications extérieures. Bientôt il put se convaincre, en visitant les provinces du Nord et de l'Ouest, que le mal produit par la révocation ae l'édit de Henri IV avait dépasse les plus sombres prévisions.

Emu des calamités dont il était le témoin, et n'écoutant que son patriotisme, Vauban crut de son devoir de foire entendre la vérité au roi et de l'éclairer sur les conséquences d'une mesure dont il n'avait peutêtre pas calculé toute la portée et sur laquelle, d'ailleurs, il était encore temps de revenir. Sous 1 empire de cette préoccupation, Vauban écrivit à Louvois une longue lettre dans laquelle il lui aémon trait, à l'aide de pièces authentiques, que la révocation de l'édit de Nantes, dont les premiers effets seulement commençaient à se faire sentir, avait porte «n coup désastreux à notre industrie, paralysé notre commerce, tari -dans

1 Pour montrer la mauvaise foi ou l'ignorance des adversaires du. projet présenté par le gouvernement, il suffit de rappeler que les orateurs de l'opposition osèrent soutenir que Vauban était tombe en enfance quand il avait projeté de fortifier Pans.

Ici kaiiie* faricoMt de» gMmt dm r é S ptom cC asMianlé tar tooi les point* de llMràoo d'effirordblet ifyMfii

Dans «n coart arjoar ^^ it i BatoAci co liM, Vaabaa bU la ds- «iire BaÎD à «m ■«■oitf ce Fcnvoya à Lobvch. Il a'cK pet dîfBcilc dt coDccfoig de qaeUe fiiçoii Fnipcrievx WMiM ■ccacillk la coanfecte ptote«udon de «m cdbordouM. La lettre aM ^ a at a «a*!! Iv adranadt FoBtaîoeidcaa le 13 octobre iWT, et daaa laqaelle U c« aaenioai d*«a • ifioiif a, te rapporte endoMBCBi a I cavat de Yaaboa :

• ....• Je Too» rcavoîe eccae lottre, dinir Loavoit, aia aae voai

Je voa« diray ^ae a voat a coca pat plat fcahila ca fsctiacacioa qat le coateaa de voire a i ci aoir e doaae liea de cniire ^ae voaa Têtee ar Ici ■i n ic r ci doai il mite, voas ae aeriet pa* dae deacrrir le toi de 3br» S i|m, de foa vnraat, eac an inaêaieai qai ae savatt ai are, ai

:, ■■« «ivavaBiacs* 9 II Bi

je voa« ferais boate d'avoir peâiê toai a

^ * ••* * •aa^ T*a

parait «|ae Tom TaTcx lîut poar ce ■fanire, j*ai jagé qae Faôr de Ba- Toos avait boadM feeprit, et qa'il claitCoct à pnipoa de

T na c r e

Ea pr wo ce d*aae ia de aoa-tcccvoir anan braille daaa la ianm dam le Ibad, loat nam ^ Vaabaa cdt iccalé. MaH le it do devoir et la aoiiaa da droit i liant m profcadtMeat enta-

de la BMire loneitc priée par Loaie XIT. Il recopia eoa mfmmn et k it parrcair à a tadi ai e de Maiatcnoa. Otic cowaiiicatioa ae devait p8*« bêUi! avoir plo« de sacccs qoe la p récé d ente. GoaaM Loavoii, madame dr Mainieooo rr«u morde i la voii do patriotiime et do boo «COS. Kt cr|)codant. jaoMÙ la vérité o'avait été présentée soo» uoe foroM plos êl«x]urnie« jk^os on jour plo« ttoî.

Avjiii de combattre de froot les idées du roi, Vaoban commeoçaic par cou tester ropp>rtaniié de la révocatîott de Tédît de Nantes :

«^ 11 n'y a pas lieu de douter que le projet des cooTersiont ii*eût on 'tout le suoct^ que le roi en avait espéré, et Sa Majesté la saiisrioiion de conduire ce çraud ouvrage k une heureuse l^rfeciuHu si la tnève^ qui paraissait établie sur des fondemeQts si solides, eut subsisté tout le temps convenu entre les puissances inu^rt^vs ; et on y serait intaillibleinent parvenu en douze ou quînzo a nuées/ attendu que les plus anciens et les plus 0|nniàirv> liuj^uenois seraient morts ou fort diminuésdans cet espace de temps; que la plus grande partie de ceux du moven it;«, l^ix^ssi"* par la nécessité de leurs affaires, par le désir'da i^pos ou |vir leur propie ambition, s'y seraient accommodés,

> La trèxe de Ratisboane.

et que les jeunes se seraient à la fin laissé persuader. Jamais chose n'eût mieux convenu au royaume que cetle uniformité de sentiments tant désirée, à*il avait plu à Dieu d'en bénir le projet. On sait bien que cela ne pouvait s'exécuter d'autorité sans qu'il en coûtât au royaume; mais cette perte, quoique consiaérable, n'eût pas été comparable au bien qui en aurait réussi, si on eût pu parvenir à l'exécution totale de ce dessein, car ils ne se seraient pas obstinés à beaucoup près comme ils ont fait, s'ils n'avaient été flattés de l'espoir des protections étran|][ères et d'une g^uerre prochaine qui, étant enfin arrivée plus tôt qu'on ne l'avait prévue, a Fait ce que qui était trèsnon en soi dans les commencements est devenu très-mauvais par les suites.

(( De sorte que ce projet si pieux, si saint et si juste, dont l'exécution paraissait si possible, loin de produire l'effet qu'on en devait attendre, a causé et peut encore causer une infinité de maux très-dommag^eables à l'Etat.

u Ceux qu'il a causés sont :

u 1° La désertion de quaire-ving;t ou cent mille personnes de toutes conditions, sorties du royaume, qui ont emporté avec elle plus de trente millions de livres de 1 arguent le plus comptant;

u 2* Nos arts et manufactures particulières, la plupart inconnus aux étrang[ers, qui attiraient en France un argent trèsconsidérable de toutes les contrées d'Europe;

u B'* La ruine la plus considérable du commerce;

« 4» 11 a (jrossi les flottes ennemies de huit à neuf mille matelots des meilleurs du royaume ;

tt Et 5® leurs armées de cinq à six cents officiers et de dix à douze mille soldats beaucoup plus agfuerris que les leurs, comme ils ne l'ont fait que trop voir dans les occasions qui se sont présentées de s'employer contre nous.

u A l'é(];ard des restés aans le royaume, on ne saurait dire s'il y en a un seul de véritablement converti, puisque très-souvent ceux qnu'on a cru l'être le mieux ont déserté et s'en sont allés. Ce qivil y a de bien certain est que tous ceux qui l'ont été par les contraintes, on en voit fort peu qui avouent de l'être, ni qui soient contents de leur convei*sion; bien au contraire, la plupart affblent de paraître plus huguenots qu'ils ne l'étaient avant leur adjuration ; et si on reg^arde la chose de près, on trouvera qu'au lieu d'auf^menter le nombre des fidèles dans ce royaume, la contrainte des conversions n'a produit que des relaps, des impies, des sacrilèges et profanateurs de

ce que nous avons de plus saint, et même une très-mauvaise édification aux catholiques...

M Les rois sont bien maîtres des vies et des biens de leurs sujets, mais jamais de leurs opinions, parce que les sentiments intérieurs sont hors de leur puissance, et Dieu seul les peut diriger comme il lui plait... n

Après «Toir développé les considérations relatives à la mptnre de la paix intérieure, Vauban aborde les points délicats qui toucbent à la politiqae extérieure. Avec un sens prophétique auquel les éréaenienti ne devaient pas tarder à donner raison, il fait ressortir les dangers d'une politique contraire aux intérêts de la France et qui aurait pour premier résultat de reformer la coalition européenne :

tt 11 est à craindre que la continuation des contraintes nVxcite è la fin quelque (jrand trouble dans le royaume qui pourrait faire de la peine au roi par suite en plusieurs manières^ et causer de (jrands maux à la France, notamment si le prince d^Orançe venait à réussir à quelque grande descente, et qu'il y pût prendre pied ; car il est bien certain que la plus grande partie de ce qu il y a de huguenots cachés iraient à lui, grossiraient son armée en peu de temps et l'assistera ient de tout ce Î[ui pourrait dépendre d'eux, qui est bien le plus grand péril, e plus prochain, le plus à craindre, où la guerre présente puisse exposer cet Etat ; tous les autres me paraissant jeux d'enfants ou très-éloiçnés en comparaison de celui-ci.

u La roiitinnatioii des contraintes ne produira jamais un seul vrai catholique, et ne fera qu'ai(;[rir de plus en plus l'esprit des raillons protestants alliés de celte couronne, qui, à ce que j'apprends, sont à tons nionients prêts à nous abandonner à cause des ri^jueurs qu'ils apprennent qu'on exerce contre nos frères...

a L'obstination au soutien des conversions ne peut être que trcs-avaiiia{;eusoau prince d'Oran(;e, en ce que cela lui fait un très-(jrand nombre d'amis dans le royaume, an moven desquels i! est non-seulement informé de tout ce qui s'v fait, mais de plus très-désiré et très-assuré (s'il v peut mettre le pied) d'y trouver des secours très-considérables d'hommes et d'argent.

»4 Hue sait-on même, ce malheur arrivant, si une infinité de catholiques ruinés et appauvris qui ne disent mot, et qui, n'approuvant ni la contrainte des conversions ni peut-être le gouvernement présent , par les misères qu'ils en souffrent, leurrés d'ailleurs de ses promesses, ne seraient pas bien aises

de les voir réussir? Car il ne faut pas flatter, le dedans du royaume.est ruiné, tout souffre, tout pâtit et tout (jémit; il n'y a qu'à voir et examiner le fond des provinces, on trouvera encore pis que je ne dis. Que si on observe en silence, c'est que le roi est craint et révéré, et que tout est parfaitement soumis, qui est au fond tout ce que cela veut dire. »

Dans les pages suivantes, Vauban s'attache à démoDtrer que le dis* seniimcnt religieux a tellement affaibli le pays qu'en cas de guerre nous ne pourrions résister à une coalition. Et alors le roi serait obligé de subir les conditions de ses ennemis, qui ne manqueraient d'exiger des garanties pour la liberté des cultes. Actuellement, le roi peut encore revenir de sa pleine volonté sur sa décision et s'épargner la nonte d'une rétractation forcée :

u J'avoue, ajoute Vauban, qu'il est dur à un grand prince de se rétracter des choses qu il a faites, spécialement quand elles n'ont eu pour objet que la piété et le bien del'Ëtat; mais eiiBn le roi sait mieux que personne que, dans toutes les affaires de ce monde qui ont ae la suite, ce qui est bon dans un temps l'est rarement dans un autre, et qu'il est de la prudence des hommes sa{jes de s'accommoder aux changements qui n'ont pas dépendu d'eux, et d'en tirer le meilleur parti qu'ils peuvent.

(( Sa Majesté doit enfin considérer que c'est la France en péril qui lui demande secours contre le mal qui la menace. Le mal est la guerre présente, ou plutôt cette conjuration générale de tous ses voisins unis et associés pour sa perte. C'est pourquoi, en égard à l'importance de la chose, il parait que le roi ne saurait rien faire de mieux que de passer par-dessus toutes autres considérations, qu'il faudrait regarder comme frivoles et de nulle conséquence à comparaison de celle-ci, et de faire une déclaration dans toute la meilleure forme que se pourra faire par laquelle Sa Majesté expose que s' étant aperçue avec douleur du mauvais succès qu'ont eu les conversions et de Topiniàtreté avec laquelle la plupart des nouveaux convertis se sont obstinés à persister dans la religion prétendue réformée, nonobstant les adjurations qu'ils en ont faites et l'espoir apparent qu^on lui avait donné du contraire, Sa Majesté ne voulant plus que personne soit contraint dans sa religion, et d'ailleurs pourvoir, autant qu'à elle appartient, au repos de ses sujets, notamment ceux de la religion prétendue réformée, qui depuis quelque temps ont été contraints de professer la catholique ; après avoir recommandé la chose à Dieu, auquel seul appar-

tient la oonvcrtion des ccean, elle rétablit Tédit de Kanle^ paiement et simplement au même état qo*il était ô-derant, permettant à tons ses' sniets, qui n*anront abpiré que par co»trainte, de suivre celle des deux religions qui kar puiiia, de rétablir les temples dans la quantité permise par le méneàiti donnant amnistie générale à tous ceux qui se aiNit absentés du royaume à Toocasion de ladite rdigion, même à eenx qui ont pris les armes contre elle pour le service de ses ennemis, et révoquant tout ce qui a été fait contre efle, de même que tontes les cffdonnances, saisies, confiscations Csites à Poocasion dei désertions jusqu'à présent, remettant un chacnn dans la pleine jouissance de ses bwns à commencer du jour de la paUicstion des présentes pour cenx qui sont demeurés dans le royanaie, et du jour de rnrrivée de ceux qui s*en sont absentés...

a Le premier bien qui arrivera de cette déclaration est que lei peuples tourmentés par les contraintes, se voyant en repos et en état de rentrer dans la jouissance de leurs biens, le feroBt aussitôt savoir à leurs parents et amis du dehors qui s^enti^àvcrtiront les uns les antres, et pour lors tons ceux qui ont quelque chose, qui souffrent des mauvais traitements qa*ils reçoivent chex les étrangers, feront leur possible pour revenv. De cette fecon le roi recouvrera tout ou la pins grande partie de ses sujets dans peu de temps. La tranquillité se r em ettr a dans le royaume; chacun ne songera qn*à rétablir ses affaires, et comme ils n'auront obligation qu'au roi de lenr rétablissement, ils ne s'amuseront pas à rechercher des protections étrangères qui pourraient leur devenir funestes par les suites. »

MI^^MOIRES DE VAUBaN RELATIFS A UX SYSTÈME DE CANAIX ET DE VOIES D EAU BELIAXT TOUTES LES VILLES DE FRANCE.

^ Cn des traits dbtinrtifs de Vaaban, c'est qu'il ne se concerne jamaii "'*ffl*">^"* one qursiioD. Nul inieu\ que lui ne tait pénétrer plus à fond dun^ too$ les détails d'une affaire sans perdre de rue TcBiemble. Ain*s rst-il ckar^ d'in«pectrr les places du Nord, il ne se contente pas ?* *»«^««"«' snrup«len*ement de sa mission, mais recheiche, et il indique le moyen d'augmenter les ressources militaires et d'ajouter à la riches» nationale. Ce |wt>hlème en apparence insoluble eu sa consUnte P^^wcupation. Pour arrirer à ce résultat, il forme le projet de relier

«nire elles toutes les places du Nord par une série de canaux. Des ports du pas dn Calais et de la Flandre maritime, dit-il, partirait une route d'eau continue qui, par TAa, la Lys, la Deule, la Scarpe, le Sauzet, TEscaull et la Hnisne, remonterait jusqu'à Mons et Cambrai, et descendrait jusqu'à Gand, pour y joindre les canaux de navigation qui régnent le long des côtes.

Après avoir exposé Tensemble de son système, Vauban énumère les moyens d'exécution :

(I Le pays in'ayant paru aisé et fort plat, j'ai envoyé Du pu y et Le Duc le reconnaître ; de cette façon, il ne nie parait pas de difficulté pour la façon de ce canal, et il n'y aura de terres extraoraînaires à couper que celles qui se trouveront entre le château de Waca et de Waterloo ; le reste, de part et d'autre, ne demande que les excavations ordinaires et trois ou quatre pas. Au reste, si ce dessin avait lieu, ce canal déboucherait d'une part dans la Doulle vers Marquette et dans l'Escaut parEpierre; il laissera bien quelque partie de notre pays en dehors, mais le rétablissement du retranchement, quand on en aura besoin, y remédiera, et ce canal servira d'un second obstacle à l'ennemi qui voudrait pénétrer dans la Ghàtellenie. Cette situation serait extrêmement commode au commerce de Lille, Tournay et Yalenciennes, et serait d'une utilité merveilleuse pour le débit des chaux et de la pierre de taille de Tournay, et pour les bois, terres et charbons du Hainaut, dont il ne passerait que la quantité qu'il nous plairait, ce qui rendra la ville de Gand déserte en peu de temps, aussi bien que celles de Bru(j[es, Audenarde et Gourtrai. Que si vous voulez bien ne pas tant faire d'attention à la défense du pays dans la construction de ce canal, mais simplement avoir égard au commerce, on pourrait, au lieu dedescendre à Waca, prendre par le marais du Pont à Trésin, et aller chercher le petit ruisseau qui sort du village de Baisieux, et, suivant après son vallon, déboucher dans l'Escaut près du Pont-Achin; ce chemin serait le plus court et tellement commode qu'il n'y aurait guère plus loin de Tournay à Lille par eau que par terre. »

La possibilité du canal établie, et son utilité au point de vue de la défense bien exposée, Vauban insiste sur les avantages qu*en retirerait le commerce national :

« Vous pouvez juger, Monseigneur, de l'excellence de cette communication par elle-même, mais bien davantage par celle de la Lys au canal d'Ypres, si elle se faisait, ou que les charbons

442 HISTOIRE DE VADBAS.

d'Anglelerre , qui imporleni beaucoup d'argent du royôt en seraient bannis par ceux du Hainaul, dont nos marchands feraient le comnierce, outre que le fer, les bois, la cbaui (qui est un grand article), la pierre de laille et mille autres «choses y trouveraient encore leur issue très-favorableuient, inëiiie les fourrages, blés, avoines, pois, fèves, clianvres, à cause de la marine, huile de t.aha et toutes les manufactures du pays, et même lea munitions de guerre et de bouche. Au surplus, le canal d'amont (je veux dire celui de Lille à Douai) servira bien à l'évacuation des bld'sd'Arlois, de Cambrésis, |;ouverncnienl de Douai el panie de celui de Bouchain, mais que ceux de ce [pays-ci n'y niuonlenl qu'avec beaucoup d'incommodité, parce que la'Scarpe est fort faible en été elle tour forl jjrand; cependant l'un et 1 aulresonl forl bons, et le roi ne saurait jamais faire de dépense plus petite '. »

Ce pi'njet de caDalisation ijiic Vauban ne disait ijn 'indiquer en 16SS, dan» SDu rapport k Louvoia, deviendra par la suite la conclanlE préoccupation (te ta vie. Il a laissé dans un mémoire détaillé, véritable roonii- «nenl de la science économi(|uc à ccde époque, tout un ensemble de vuoi'qui aiéi'ite de fixer l'aticntion, parm que ion génie crênieur l'esl livré pleine carrière et porl<> l'empreinie de ion amour du bien public.

Sa Bollicltude ne >'arTèle jilufi «eulement k la défense de notre froolii're du nord ; elle s'éleud à toutes lea parties du royaume.

■ Les rivières qui deaceodeni des Vosgee forment des lignes trantversalea, utile* contre un ennemi qui s'avance entre le Rhin et les montagnes, mais qu'un passage du Rbin fait eu deç.^ des positions occupées peut tourner el rendre inutile. L'III seul offrait une ligne diagonale plui favorable k la défenie, mais faible, mal soutenue, qui ne s'étendait que d'Altliirch k Strasbourg, el ne se rattacbail pas aux pl.icei d'Huningue et de Neiif-Rrisarb. Vauban imagina de tracer un canal, parallèle au Rhin, dirigé d'Hnningue à Landau, par Neuf-Brîsacb et Strai-boui^. Ce travail devait donner entre le fleuve el les montagnes une seconde ligne de défense soatenue par les rivières qui deacendent des Vosges, mullipttcr sur cette frnntïèrc les cumbinnîions de défense, el rendre les Iransporti militaires et commerciaux indépendanu des crues du Beuve, •de ses débâcles, des péages étrangers, et, un temps de guerre, du feu des places el des |iusles ennemis'. -

Notre frontière de l'est, protégée par les monts du Jura ei le coun du Hh6ne, n'était accessible que du côté de la Snisse. Aussi Vauban conseille- t-il de ronserrer par ions les moyens possibles t'amilié ou su moins la neulralitè de ce petit peujile, qui, réduit à ses propres forces, 1 danger |iour la France, mais nui jiouvalt jouer un raie coroplicalion européenne, en permettant ans

■décisif dans le

' Vauban k Louvois. le 12 c * Allkt, Hittoire du t/énie

'toliie 1609. (I)ép<'.t de la guerre,),

troupes de rAutrîcke de passer par son temtoire pour nous envahir. Pour assurer la neutralité de la Suisse, les égards et le« assurances de paix ne suffisent pas : il faut avoir recours à des proof*(l('s plus effectifs, et ne pas craindre de prodi(;uer rar(;ent. Cette nécessité eot d'autant plus impérieuse que la république helvétique, effrayée par Tinsatiable ambition de Louis XIV et par son esprit d'intolérance, penchait du côté de l'Autriche et de la Hollande.

Mais Vauban n'arrête pas là ses suppositions. 11 prévoit qu'un jour l'Alsace pourra être séparée violemment de la France, — les événements ne lui ont donné, hélas ! que trop raison, — et il recommande de fortifier d'une façon toute particulière les places qui commandent le cours de la Saône, du Doubs, du Rhône et de l'Ain. H faut, en outre, rendre navi{;nliles le Doubs, la Savoureuse et les autres affluents du Doubs, de manière à unir la frontière d'Alsace à celle des Juras, Belfort à Besançon, Besançon aux places de la Franche-Comté, et ouvrir une vaste artère de circulation |)our l'écoulement des produits des Juras et des Vosges, qui seraient portés directement au Rhône, et de la dans les ports de la Méditerranée.

Le canal du Rhin au Rhône, qui a été terminé il y a quelques années, remplit le but que s'était proposé Vauban. Mais ce projet déjà si vaste d'unir le Rhin aux ports de la Méditerranée n'était qu une des parties du plan général dressé par l'illustre ingénieur. Les canaux de Bourgogne et du Charolais, dont il a\''ait étudié depuis longtemps les projets, devaient constituer la partie capitale de son œuvre. Avec une clarté admirable et une grande abondance de démonstrations, il fait ressortir les avantages militaires et commerciaux de cette combinaison. En cas de guerre, les recrues et les munitions peuvent être transportées sans fatigue, sans encombrement et sans grandes dépenses, du centre de la France au

Îûed des Vosges et des Alpes. Pendant la paix, les canaux servaient à 'écoulement des produits des bassins de la Seine, de la Loire et même de la Garonne, grâce au canal du Languedoc. En même temps Mesgrigny étudiait une voie de communication entre la Sambre et l'Oise. Ainsi donc, une navigation non interrompue de Lyon à Bordeaux, de Mantes à Strasbourg, du Havre à la frontière de la llollaiide donnait un écoulement aux marchandises de toutes nos provinces, alors séparées les unes des autres par les difficultés du terrain et l'absence de voies de communication.

Ce n'est pas tout. Vauban veut utiliser toutes les rivières navigables de France, « soit en prolongeant la navigation du celles qui le sont déjà, soit en rendant totalement navigables celles qui ne le sont point, ou en faisant de nouveaux canaux à travers les pays, pour communiquer la navigation des rivières les unes aux autres •.

Apre*» avoir fait l'énumération des cent quatre-vingt-dix rivières susceptibles de devenir navigables, soit pendant toute l'année, soit pendant quelques mois seulement, Vauban fait ressortir les avantages économiques et commerciaux de cette mesure.

tt Le royaume augmenterait considérablement ses revenus, ajoute-t-il, et le débit de ses denrées deviendrait tout autre

U4 HISTOIRE DE TAUBAN.

Wil n^est notamment si on «ffinindiuntt la nangatioa. On ne saurait donc disconvenir qoe cela ne fikt bon et tièiexceilent; mais la question est de la mettre en ezécntioa; c^est la difficulté qu'on peut objecter, et qui eflèctivement sa serait une si on wj prenait tout à coup eC que dès à prémt on voulût tout embrasser. Il est Uen sûr même qn*oa n'ea viendrait pas à bout ; les peu|des sont trop pauvres et le ni trop en dette.

a Mais si la Dlme rayale pouvait avoir lien, qu'elle ftt one fois bien établie, les peuples soulagés et les deCtes de TEtit acquittées (chose qui arriverait dans peu), poar lors les pys se raccommoderaient, et ce qui parait impossible deviendrait aisé. En s'y prenant peu à peu et avec ordre pour peu cpie le ni s'y affectionnât et y mtt du sien, on verrait bientôt la navîgition des principales rivières s*aocrottre et se prolonger dn cM des sources, et s'étendre après dans les principales bmncbes, et de là passer dans les moindres, sitût qu'on s apercevrait des commodités que la navigation apporte, qui seraient un puMsat motif pour exciter ceux qui seraient à portée de se les procoier, qui ne manqueraient pas en mémo temps d*en rechercher ks moyens et drentrer dans tout ce qui leur paraîtrait possible pour s'attirer ces avantages; d'où s'ensuivrait le plus ^land bien qui pût jamais arriver à ce royaume, par le débit aisé de ses denrées, qui en procurerait un accroissement oonsidérsbie, et par consiyquent an(pneDtation de biens et de commodités, et une très-grande facilité aux provinces de s^ntre-secourir les unes les «lutres dans les chères années et dans les temps de guerre. >»

Devançant les idées de son temps, Vaoban demande qu*ane îo\% \t» nau\ achevés, ils fassent entièrement affranchis de tout péages et

canaux

impositions^ excepté |M>ur ce qoi serait absolument nécessaire à leur entretien et aux gages des éclusiers.

u Encore vaudrait-il mieux, ajoute-t-il, que la navi|;alion fut totalement libre; car la facilité du transport des denrées en aagmenterait le débit, et par conséquent améliorerait toutes les oropriôtés voisines du canal; de là augmentation des revenus fies (larticuliers et |)ar conséquent des re^'enus de TEtat. »

Les droits de |)éages sur les routes et les canaux, ToiU la grande plair du ré(;ime Hnancier à celte é|M(|ae. Sur ce point cromme »or les antres, VaiikÀn ne |vir\-iendra (tas à faire triompher ses idées, et cette pbie ira ItHijoars en s^agrandissant an point de derenir intoieFable. Soixante

APPENDICES. ihS

années après celte réforiiie proposée pai' Vaubnn, • un Laleau île vin du LnugireJoc, Daiiphiné on lloussillon qui remonte le RhCine et descend la Luire |>our aller ■ Paris pur te canal île Briare paye en ruute, sans compter lc> ilroîl* du Uhline, de trente-cinij il quarante sorici de droiu, non eompria le» entrées de Paris. — De Pontarlier à Lyon il y ■ vingtcinq ou trente péages ; de Lyon k Aigues-Mortes il y en a davantage, de sorte que ce qui i:oûte dix nous en Bourgogne revient il Lyon i quinie cl à dii-liuil sous; et à Aigues-Mortes, il plus de vlngt-einq sons'. A Iteiines, une barrique de vin de Bordeaux revient à siiixantc-douis livres, non comprit le prii J'acitat, parsuite de l'étêvation et de ta iDultiplicilé des droits». <•

Vauban termine son mémoire par l'énuroéralion des nvaiitages que procurent les nrroMments arlificieJs, et qui (lerinellenl l'êtaliliMenient ile.4 prés, et par coniéqiient I eleva|;e des bestiaux, et il conclut en deuiandaiil l'a inéliora lion (lei voies de coui muni calions pnr terre.

Comme on le voit, le plan de Vnubao dans ce mémoire est vaste ; il embrasse tout un ensemble d'idée* et d'améliorations qui louchent aux [miuls les pluft importants de notre lyslèmc économique. Et ce ne sont pai là des utojiies. Toutes sont maïquées au coin du lion «eus. Rien de cliiraérique. Les améliorations qu'il propose ont été réalisées à In snliifairtion générale, et 11 demande que l'on procède avec lenteur, n'abandonnant rien au hasard, rien i l'imprévu.

Nous ne pouvons quitter l'analyse de ce mémoin> sans signaler les vuei de V.-iuban au sujet de la refonte des monnaies. Il propose à ce sujet • de Faire une assirinblée de députés de l.i |ian de toutes Us princi-

de convenir d'un titre et d'une monnaie universelle, et de créer de concert et h même temps toutes tes autres • ■ Pour la première fois Vauban éineitait l'idée d'une convention monétaire, que d illustre* économistes ont depuis réalise avec un succès |>ariiel, et qui sera, il faut l'L'S|iérer, un dL-.' progrès Icii plus utiles de l'avenir.

EXTAIT DUN MÉMOIRE DE VAUBAN • SL'B L'INSTITUTION UHNL EXCELLENTE NUDESSE ET LES MOYEN.S DE LA niSTlNGlIEB PAB LES CÉNÉHATKINS -.

lion est appelée à jouer d.ins un Etal bien ordonné méritent d'autant |ilus d'être reproduites que des écrivains, s'appuyint sur différents passages de la Dîmf royale, l'ont représenté comme un adversaire systématique de la noblesse.

' Lelroine,Z)e fadminlslrallon provinciale et Jela rèfirint de l'impôt. ^ Archives naùonaiea, Aemantroncei du Parlement de Bretagne,

liïSTOIHE DE VADtl.

le de te convaincre, p.ir U lec Vauban n'a jiimaia atlaqué l'inglitution lie la noblesic, : l'abus que l'on faisait de celle instilntian. Témoin dei acnndales aui-

aucl» lionnaienl lieu le traKc des lellres de noble»R cl l'aviliiiaeinenl es titres nobiliaires prodigiiM à des IntrignnlS ou ii de* indignes, il demande nne férié d^ réfomin propre» à retever le preilige d'une inatilation qn'il regarde comnic un puissant moyen dlionorer la verin et de l'ëcuiopeiiscr le niêrile :

u Ce qui (erait, écrit-il, la juste récompense des grandes actions el du sangversé pendant pliisicnrs années de service, se donne présent ement pour de Targent. C'est pourquoi les secrétaires aes intendants, les trésoriers, commissaires de guerre, receveurs de tailles, élus, gens d'affaires de toute espèce, commis, sons-commis, de minisires et secrétaires d'Etat, m^niQ leurs domestiques et autres gens de pareille étoffe, obtiendront

Elus Facilement la noblesse que le plus brave et honnéie omme du monde qui n'aura pas de quoi la payer ; car il ne faut que de l'argent, et ces gens-lâ n'en manouent pas; les charges de secrétaire du roi, qui sont, comme d ordinaire, au plus offrant et dernier enchérisseur, sont des moyens sûn pour y parvenir; il n'y a qu'à enacheterune pour être noble comme le roi, et quiconque a de l'argent en peut aclieler; il ne Jàut que s'y présenter.

u J'ai vu des hommes travailler de leurs bras pour gagner leur vie, qui sont parvenus à être secrétaires du roi; el loul homme qui, par son industrie, aura trouvé moyen d'amasser du bien n'importe comment, trouvera k coup sûr celui d'anoblir ses laiTins par une de ces charges, ou par obtenir des lettres de noblesse, de façon ou d'autre, s'il s en veut donner la peine en les payant. Il y a même je ne sais combien de charges de robe et de Einance dans le royaume quiannoblissenl; mais comment le dirai-je f pas une seule de guerre, pas même, je crois, celle de maréchal de France; chose étonanie s'il en fut jamais, vu les tins pour lesquelles la noblesse a été créée qui sont toutes militaires et pour cause de services rendiu à la guerre, qu'il faut procurer pour en obtenir d'autres ! n

Après avoir tracé cet éloquent tableau des vices d'une inilitulion nui 3 rendu de li grands services it la monnrcbie, Vauban |Kise en principe que les service» niililaire» doivent serrir de base i la noblc»ae. Les rlScompenBCS d'argent ne suffisant point aux huuimes d'honneur, ÎI Iciir faut quelque chose qni les distingue da commun des autres hoioraes.

Itien lie plus juste que de conserver un noyau de noblesse mïliuïrr; mnia le roi n'aurait-il pas intérêt à agrandir le cercle de In nobleue eu

ne « donnant plus de titres attachés aux fonctions », mais en allant rechercher dans toutes les classes les hommes qui ont marqué par leursservices leurs talents ou leurs vertus?

a La classe des producteurs, ajoute Vaiiban, ne serait pas oubliée; pourquoi, par exemple, la noblesse ne serait-elle pas accordée :

u Pour avoir trouvé quelque excellente mine d'or ou d'arçent dans le royaume, auparavant inconnue, ou quelque chose d'équivalent ;

il Inventé quelque art ou manufacture très-utile à l'Etat, entrepris ou achevé quelque ouvragée de g^rande utilité et réputation, on découvert quelque terre auparavant inconnue dont la possession peut être utile à l'Etat:

u Un marchand qui, en commerce ]é(j^itime, aurait (jagné deux cent mille écus, bien prouvés, à condition de continuer le même commerce sa vie durant ;

a Une action de générosité extraordinaire et bien prouvée qui peut être de quelque utilité à l'Etat et gflorieuse à la nation ;

u Un homme qui excellerait dans les belles-lettres et qui se serait rendu fameux par quelques excellents ouvragées... n

Telles étaient, exposées d'une façon très-sommaire, les principales idées de Vauban sur la noblesse. Comme tous les écrits de Vauban, ce Mémoire se distingue par un admirabe bon sens uni à .une grande hardiesse. Dénoncer les vices de la noblesse et demander au roi de s'affranchir des préjugés du sang pour choisir les nobles uniquement parmi les plus dignes, sans distinction de caste, certes, l'innovation était hardie; mais en même temps quoi de plus conforme à la logique et aux vrais intérêts de la monarchie que de renforcer par d'utiles réformes une institution dont la place était marquée dans l'Etat?

Ajoutons, en terminant, que Napoléon, en créant Tordre de la Légion d'honneur et en essayant de reconstituer une noblesse, semble s'être inspiré des idées de Vauban.

LETTRE DE VAUBAN A M. DE CALIGNY, INTENDANT, POUR LUI DEMANDER UN SUPPLÉMENT DE RENSEIGNEMENTS STATISTIQUES SUR LES FLANDRES.

On sait quelle place importante occupe la statistique militaire dans les travaux du grand état-major de Berlin. Durant l'invasion allemande, nous avons pu noxii convaincre que les officiers prussiens délégués aux

réquisitiouA connaissaient sourent mieux que nos autorités locales la recsooitres de la moindre des communes rurales. Chez nous, au codtraire, avant nos désastres, le service de la statistique ne fonctionnait que trè^m|iarfaitement au ministère de la çuei i*e, et si l 'ad mioiâi ration avait quelques données sur les ressources de notre pays, elle n'en possédait aucuue sur celles de nos voisins.

Et ce|>endant, en donnant une extension exceptionnelle aux travaax de la statistique, les Allemands ne faisaient qu'appliquer les idées de Vaoban, qui peut être regardé comme le créateur de la science stitisiiqae. Quarante années avant la publication de la Dtme royale, Vanliaa s'était iai|iosr la tâche de faire une vaste enquête sur les ressources et les besoins du royaume.

Nous avons vu avec quel soin Vauban s*enquérait, dans le cour4 de ses innooftbrables voyages, des ressources des pays qu'il traversait. Mais coasme tous les bommes soucieux de décourrir la vérité, il ne se Hait pas à ses |uropres lumières. Avant de quitter la province dans laquelle il avait été envoyé en inspection, il remettait aux intendants et aux ingéniewrs placés sous ses ordres des questionnaires détaillés qui devaient l«i ikre envoyés avec des notes. Si le rapport des intendants lui paraiisait inco«n|ilet ou obscur, il écrivait pour avoir un supplément d'indi-

La lettre suivante^ adressée à M. de Caligny, est un des norabreui exemple» qui |w\Hiv«ac avec quelle conscience et quel soin miuutieui ^''»*^tt s acquiilaii de la tùdfee qu'il s'était imposée. Elle nou^ initie, tfi otaire.» a La uaeibode adoptée pour la composition de la dime royale, «t pe«t servir de Modèle aux économistes de notre temps.

i^Hnmo *»u |*eM; **«i cvuivaiocn^ par le pott-scriptum de cette lettre, N,tuKAu ur sjf cvMU«rtu.ùt |vï> de jviver de sa personne, il pavait aussi de *a tvHn>^. It ^>nrl«-vjiit >ur ><?> Ji^>|H>iiilrmenU le:* sommes nécessaires à la WHifrctivn vl- l ttï.juv'ce. Nv»Mc* e\emple de dôsintéressemeut dans une ^nr >; ^p^va.;* eu CrJÛ;> de p.itrto(i>me et d'abnégation.

* i.o uu-movro vjuo vous uravez envoyé est si sensé et si bien twhv :vLxo que ivla mèuie nous doit obli(^^»r à lui donner loute U Jvt^Vv;o:i jws>iL>io; o\*si ce qui uie fait vous le renvoyer |VHU xvvts prur d*v ajouter loul ce qui pourrait lui inan*

" . ** t'*^ "^'^*rx* cluxse quil y faudra donc ajouter est une carie v^u u ra,:drait prvtuiiv sur là moins mauvaise des plus récentes n;ui v'u v^;.: ^;o tr^x^x^ cl y marvjuer par des li^'ues poncluées i>v u- v> .i:x xio.tx de jMy> vîoiit il est parlé dans le mémoire. ^v >* M .. ;Mt\v;:rir tvHito la description générale ancienne et Uvx.tv<vv iXKîr \v .r s*;. \ a riea de remarquable à ajoutera la HvAî>;y a,,\ V u::v :s qui c:i aurvnii besoiu.

-^ r \^i ..uk^c Si. dans t oauuiération des dépendances, il nV a P^-^.- sv jMr^vs^-. v-ab..e^ ou quelque lieu considérable, et

expliquer à )a marge ce que c'est que branche, si ce sont des hameaux ou annexés ou des fermes, ce que conlient la mesure de terre de ce pays-là, par rapport à l'arpent plus commun de France qui est de cent perches, la perche de vingt-deux pieds de roi de long et de quatre ceni quaire-TÏngl-qualre carrés de superKcie avec une petite propoilion géométrique de l'un à l'autre. Parler du rapport commun des terres de l'endroit de chaque cbâiellenie, savoir ce que la mesure ou l'arpent rend

fiar commune année de raaiëres de blé, pois, (eves, colza, etc. ; es semences remplacées, quel rapport les mesures k blé, à vin ei à bière de ce pay»-là ont avec celles de Paris. Si les terres de ces pays-là ont besoin d'être fumées, et comment on les rehausse avec delacbaux, cl dire comment cela se fait. Combien de façon on leur dunne, et quelle semence fait le plus de proKl, la quantité de mesures déterre en Friche et ce qui cause cet abandon; s'il y a des maisons en ruine ou abandonnées dans les villes et principaux lieux, et à quoi va la diminution des peuples de chaque lieu, en faire des notes à la marge si cela se peut par dénombrement, sinon par estimation.

H Les eauv et les rivières sont bien décrites, mais il faudrait parler des sas du pays et dire leur chute et l'ouverture de chacun. Le sas de Bousmgue mérilerail que l'on joignit au plan un proHI de long et un de travers à ces mémoires, de même que le giiiudal de la Fîniille, et enfin les pentes des eaux du pavs et les côtés de leur écoulement autant qu'on le peut connaître.

u Nous pourrions par les suites y joindre les plans des places fortifiées, réduilssur l'échelle commune que qpus nous sommes feite, méuie des principaux lieux ; en passant dans ce pays-là, j'en demanderai aux ingénieurs de chaque plan pour les joindre au mémoire qui pourra devenir une rareté singulière, si vous voulez bien vous attacher à la perfection.

u II làut dire le nombre et la forcedes garnisons ordinaires en temps de paix, ou du moins fort approcbaai. Le nombre des ecclésiastiques distingués suivant leur espèce, et les revenus des hënéRces depuis l'évéché jusqu'aux plus petites cures; idem, desabhayes, prieurés, commanderies de loule espèce, couvents rentes ou non reniés; car, reniés ou non, il laut que tout vive, et tels mendiants y a qui font meilleure chère que des religieux reniés.

u II faut de môinenombrer toute la noblesse grande cl petite, ei nommer par leurs noms et ce qu'ils possèdent.

Il Nombrer aussi tous les gens de robe et de pratique du pays, non-seulement à chaque cbâiellenie, mais encore au bout de S»

450 IMSTOIPE DE VAUBAN.

la table de déiiombrcinenl ^^ dire autant que vous pc

(|ue les rharges valent de revenu, ce qu'elles ont été M--i)diies;

idem, les (jens de finances.

B Faites aussi l'i^numératioadetouteslesdiffërenles levées «gui se (ont dans le pays, et marquez bien leurexcés et leur enlrelailiement. Ne manquez pas de dire voire avis a pan et sur un cabier détachi';, sur les réparations du pays dont vous seriei d'avis, mais de manière que le roi y puisse trouver vériiablemem son compte, et toujours en comprenant le passé, le présent et l'avenir; le possible sans êti'e trop à charge avec 1 impossible qui détruit tout et toujours dans la vue de lepeupler le pays, qui est le plus grand bien qui puisse revenir au roi, attendu que princes sans sujets ne sont que des particuliers incommodes.

u Après que vous aurez bien recberché votre caboche sur tout cela, \ous verrez si vous ne pouvez pas dire quelque chose de plus sur les bestiaux, et notamment sur la volaille dont vous n'avez point parlé; elle ne laisse cependant pas de faire un profil considérable tout le long d'une année. II faut prendre le parti de mettre la plus grande partie en marge par apostilles, notes et en amlsatioa; ceux qui auront besoin de plus grande étendue, vous pourrez en faire des Feuilles à part; surtout, je vous prie de rapporter à la fin de la table du dénouibremenl toutes les remarques suivantes eu abrégé à la tin, comme par exemple :

« Il y a dans le pays 757 femmes veuves et mariées plus que d'hommes ;

u Ij'iSl filles â marier plus que de garçons; ^H

Il 341 petites Hlles plus que de petits garçons; . ^|

H 734 suivantes plus que de valets.

a La même chose des religieux et religieuses.

Il En tout, 3,363 femmes el filles plus que d'hommes et de garçons.

u 11 iàul dire aussi qu'il y a dans ce pays d'ecclésiastiques, savoir :

u Un évéque, tant de chapitres, composés de tant de chanoines.

u Tant de paroisscset tant de curés et de prêtres pour les desservir.

" Tant d'abbés, tant de prieurs, tant de moines de l'ordre de Saint-Iternard. tant de l'onire de Saint- Augustin, tant de prémontrés, et ainsi de tous les autres.

u Tant de couvents de récollets, tant de religieux; tant de couvents de capucins et laat de religieux; tant de couvents de

AI'PF.NDICKfe. 451

vannes et tant de religieux; laat de maisons de jésuircs qui conliennent tant.

.1 Faire la même chose descouvenlsde femmes ei de tous les autres ordres et maisons pieuses, avec le lotal an bas.

Il Après cela, mettre l'abrégé de la noblesse dans la même table et celui de leurs Familles, celui de* esempis par charge, même par industrie. Celui-là expédié, venir à l'abrégé des geus do robe, de pratique et des finances; celui des maleloli, des chariots, s'il est possible, et des moulins à vent, à eau, et ce qu'ils peuvent taire de [arinc on un jour, les usines et autres moulins à huile, et foulons à drap et tout ce qu'il y aura de remarquoble dans le pays. Tout ce que vous rapporterez dans la marfje se pourra n^péter dans la table, et si vous poussez celle recherche aussi loin qu'elle peut aller, vous verrex que nous saurons parfaitement le fort et te faible du pays où vous êtes.

Il N'oubliez pas, s'il vous platt, la quantité d'arpenls de bois dans chaque pays et de nous dire comment on en bit les coupes et en quel temps.

u Si vous pouvez satisfaire à ces demandes, comme je n'en doute pas, vous aurez fait le bel ouvrage en ce genre-lA qui se puisse ^ire, et vous promets de lui donner tout le lustre possible, de mettre votre nom à la léte, et de vous en faire tout l'honneur-, peut-être ser\ira-I-il de modèle pour de plus grands. N'oubliez rien de ce que je viens de vous dire, et no craigneii pas d'y ajouter du vôtre tonl ce qui vous viendra dans l'esprit. Souvenez-vous que vous avez cinq bon* mois pour faire cela, el quequand il en faudrait metlre six, je ne les plaindrais pas. Faites-moi, s'il vous plall, réponse à ce mémoire, et que ceci demeure entre vous et mot .

u Je suis, etc.

'il'. S. — Dépensez-y une cinquantaine do pislolos ou deux cents écus; je vous les rendrai incessaniuient, et cela pour employer quelque personne inlelligenie & qui vous donnerei l'état que vous voudrez approndro. "

nESTENDANCE DE VAfBAN.

! (l'Osnay, tilla de Claude

', écuvcr, baron d'Epiry, et Orliaine avait été passé Is 25 ni3rs, au château il'Rpiry, .

se.

■ ISTOIBE DE TAUBA^I

■e grotie toor fu variée, en

de vaif

de ValenÔBay, Barqois

deM ejyyi Ty comte d'An-

•^ a'eBt qa'oiie fiUe,

xwisLe

aa Par-

r, gcDure

itr d'Aooay,

de Roombo/a

ît» CB ^vaEté d*aSiié, kcrité

r. So« fiU, le iBart|aii de

fat créé pair de

de «on noai<]ai

d Ammaj^ avait kéritê de son

d'Aamar, de to«s les biens pM-

le 2irniMâi. à Feicepcioo da domaine de

«. U a Clé le cWf de b braocke Le Pelecier

de Pa f a ég m ^ pedte-fiUe

W «ne mn^pe fn«c ■«» r le eomte Loms Le Peleder d*Aoaay, le ttcmiir Lie P timâu dTAsmar, mcif df^tf de la Pierre, dont un 4e» âà<^ 'MC èi> if > S% a»ème dêpôrtemcat : le Kanm Fêl» Le Peleder dTAvs^rr. amnem érumfi de ScÎMe^-et-Oise, ec Elisabecb Le Peleder ^ Atout, Barw wx cvai:^ <it* Li Mvre.

La ^-ot » Ejer^. r»^ ."•-*s.'i*î'i»i: le l^ix'jrn Félix d'Auoav. a jvi>>é à v^ isiti xaSruf. auruev « M- le boroo >éyi.-ir, d* soo TÎranC membre dr fAcatÀfinxif àr* *»n♦;«o^^.

Lj 3iairrt:2je iC** er: t:ï &U e: decu feUes décédé^ loas troi? san^ pdstir-.rf- S-T "L- e^^ri-'s» U c.i.-rî-;t^ des armes^ >e distingua sous Lo«ii> \V il -^ ^ r---.-^-^ .*^ 1753 à 17 VI, i* redra Ju service à U ^«i-v i* I7i''^ ca*:!!* Li poiv f« ^"ar-jî en IT7Î.

^ JxiTaiT i»».i ^f-j\ c:..<:> '•-fnr J:".f, bU dn frère aîné de «on père, e« s.\ r«^*T:i -s>;i> ^-f ^'ff - XI • ^. L is de *es neveni qui était ingénieur, iç«c eïîC Àmec- l.tfiZi'-^jn: ç*x>!ri\ e: -ui a eié fait comte p.ir Louis XIV

• Le ci.ir^ïr: d C-^^r-, >Inac d2n> la Tooraine* «ar la rire eaiicbe df ' «'•^^^ ^ .v*.:r i:rs; »i.-^ -.îe ii L-. .r». qui >e joignent à peti de di'icance, ^•'^-•' -i* *i v-vœ.«jce à: Ke^-zv. département d Indre-et-Loire.

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^ v^ ^.'aiu:i»e arcurtif^: au, >crd'bui j M. Apkon«e Millemu. . ^ "^^^"*~ *** F^cvite^ q-^i arjii été l'apanage de la nnrqui><

** V^*^* ô.-er^ ror elie à ion mari, vendu par les bériuers en lign< i\>i;a:?;xv- i* of i«-r;^T* aroartietit maintenant à M. le romtp de Vi-

en 17i6, sî^ait, du vivant du maréchal : Dapuia-Vaaban on Dapayvauban d* un seul moU Après la mort d|i marécbal, il n*a plus signe que Vauban. ^

Le comte' Vauban a eu deux fils : Tainé, qui était lieutenant général en 1758, n*a pas eu de postérité; le second a eu trois fils : le comte de Vauban, marécbal de camp en 1789, mort en 1816 au château de Vauban 1, dans le Cbarolais; le vicomte de Vau)>an, mort en 1832 à Dejon, et père de M. le colonel de Vauban, directeur des fortifications de Besançon, et un autre fils, mort à Paris en 1845 et qui était le second 3.

1 Le nom d^ Vauban avait été donné en 1725 à la terre de Saint- Semain, dans le Charolais , par les lettres patentes qui Térigeaient en comté en faveur du neveu du maréchal. Cette terre esc située près de la Pacaudière, au sud-ouest de la Clayette.

2 Al'goyat, t. n.

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