‹ Histoire de Vaugirard ancien et moderneChapitre 5 sur 24 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Eglise àe Vaugirard.

LVglIse de Vaugirard n'offrit jamais rien de complet et de rëgulier : construite sur une petite place commune, des deniers et par les soins du seigneur de Bucy, sans autre plan que Talignement des rues qui l'entourent, elle en suivit la direction défavorable. La porte principale ëtait primitivement rue Notre-Dame , derrière la chaire actuelle ; et à gauche en entrant on avait la nef et le maître-autel. Les renseignemens que j'ai recueillis, l'examen de la toiture et le bandeau de pierre qui couronne en forme de corniche le bâtiment principal , prouvent que le premier agrandissement eut lieu par la construction du bas côté, qu'on fut obligé de terminer en angle perdu, pour s'accommoder à la

disposition de la rae, et le second par la construction d'une sacristie. La première augmentation de la chapelle primitive fut faite par Mathieu Chartier, vers i4oo : on en a pour témoignages les Mémoires que Ton conservait autrefois dans les archives de la paroisse, et quelques écussons poses aux voûtes et aux piliers qui forment ce côté de T^lise (arch., S. SSgg). On abattit donc le mur de clôture de droite, qui était perce de fenêtres, semblables à celles de la gauche, et on éleva à la place des colonnes qui laissaient un libre accès au jour ; Ton construisit des voûtes ogivales, ornées de filets et d'arétes pour ce nouveau bas-côté, qui fui éclairé par de grands vitraux coloriés selon Tusage des riches paroisses. Les ressources pécuniaires permirent cette architecture un peu plus distinguée. L'élévation de la sacristie ne remonte qu'à 1623. Dans le mois de septembre de cette année, en effet, une requête fut présentée par les marguilliers, à Tefifet de bâtir une sacristie sur une petite place qui se trouvait à la pointe de l'église. La permission fut accordée, vu la bonne volonté du seigneur patron d'en faire les frais, et à condition que la croix qui était plantée en ce lieu serait transférée dans celui où était autrefois une autre croix, sur le grand

chemin tendant à Sèvres (arch., L. i3o); c'est probablement celle qui fat appelëe Croix de nwert II ne rësalta cependant de ces constructions qu'un tout incorrect, sans noblesse, sans agrément. Le clocher seul of&it un aspect grave et imposant, comme on le voit encore aujourd'hui. En vain perça-t-on plus tard la porte du côte de la Grand'-Rue, derrière la chapelle actuelle de la Sainte- Vierge, qui n'a éxé placée là que depuis i833; en vain, il y ia une trentaine d'annëes, construisit-on un portail du côté du cimetière, converti en place publique, et avec lequel l'église ne communiquait auparavant que par une issue dont an voit encore le ceintre sous le clocher; tous ces changemens n*apportèrent aucune amélioration notable à la défectuosité de ce temple. Â chaque période, on avait pour but de procurer une enceinte plus large aux fidèles ; on épuisait promptement les fonds, et l'on s'inquiétait peu de la perfection artistique.

Nous avons dit que l'église, bâtie par la piété des seigneurs et des habitans, avait été dédiée à la Sainte-Vierge ; elle ne tarda pas à être placée sous un double patronage. En i453, les reliques de saint Lambert, évéque de Maë'stricht, données probablement par l'abbaye de Saint-Ger-

main, furent apportées à Yaugirard avec une grande pompe. Un concours considérable 4e pâerins accourut de la ville et des bourgs voisins. Une confrérie s'ëtablit en l'honneur de ce hëros du christianisme : elle fut approuvée par lettres authentiques de Guillaume Ghartier, ëvéque de Paris, en date du 1 1 juin i4<S3. Les miracles qui accompagnèrent cette dévotion donnèrent lieu à de précieuses indulgences, que la cour romaine daigna concéder à cette confrérie. Les papes Urbain VUI , en juin 1 632 ; Glément IX, en 1669; et Clément XII, en octobre lySo, les renouvelèrent par des bulles spéciales (arch., S. 3599).

J'ai parcouru un superbe Missel que Ton conserve à la Bibliothèque royale ( manusc, 835), et dont parle l'abbé Lebeuf, qui avait appartenu à cette confrérie. L'office de saint Lambert y est tracé en post-scriptum ; et à la fin du livre on lit cette phrase : Jean Coullari, relieur de liçres, demeurant à Paris, pont Notre-^Dame, confesse avoir vendu ce Missel au maître de la confrérie de l'élise à P^augirard, pour la con-frèrie de saint Lambert. Il le promet et garantit entiers et contre tous, témoin son seing manueL Ce 6 octobre 1478.

Saint Lambert était surtout invoqué pour la

guéridon de la maladie de la pierre et des infir' mites produites par les hernies. Des vieillards m*ont rapporté avoir vu le sanctuaire tapisse des ligatures qu'une foule de malades guéris par son intercession y avaient laissées en témoignage de leur reconnaissance. J'ignore quels faits historiques motivaient cette confiance ; seulement la prose inscrite dans le Missel dont je viens de parler rappelle deux traits de la vie de saint Lambert assez ignorés. Il y est dit qu'il procura par ses prières, à toute une population, le bienfait d'une source d'eau douce et limpide , à la place d'un marais bourbeux et infect que la mer avait formé au milieu d*une vallée rendue inhabitable par les miasmes pestilentiels qui s'en exhalaient; qu'en un autre temps, voulant promptement obéir à son père, il s'était hâté de prendre du feu dans le pan de son manteau, et que Dieu avait récompensé la vivacité de son obéissance, en permettant que le drap restât absolument intact.

On connaît, du reste, le courage de ce saint prélat, qui périt victime de la fureur d'un lâche assassin, que Pépin d'Héristal, père de Charles Martel, avait soudoyé, en haine de ce que ce pontife l'avait réprimandé de son libertinage. Imitateur de la sainte liberté de Jean-Baptiste,

et dans les mêmes circonstances, il en ëprouya Je sort Son martyre loi roërita dans IVglise un culte solennel qui fut d'autant plus cher aux habitans de Vaugirard, qu'ils yoyaient les pèlerins affluer en plus grand nombre dans leur village. La dëvotion h saint Lambert se rëpandait jusque dans Paris, où le themin qui con-* duit à Vaugirard ëtait tellement fréquente par les pieux visiteurs, qu'il prit le nom de ce glorieux thaumaturge. En effet , la rue de Condë actuelle, qui commence au coin de la rue des Boucheries et aboutit à celle de Vaugirard , s'appelait, dans le principe, clos Bruneau, puis on l'appela rue JNeuçe-de-la-Foire; mais elle changea ce titre pour prendre celui de rue NeuçeSaint-Lambert, en i520, comme on peut le lire dans M. de Saint-Victor : ce n'est qu'un quart de siècle après qu'elle reçut la de'* nomination qu'elle a conservée.

Le martyr de Maëstricht fut désormais honoré , comme second patron de l'église , qui reçut le nom de Notre-Dame-de-Saint-Lambert.

Néanmoins, dans les provisions de la cure, en i564f et sur une épitaphe qui date de 1635, dit l'abbé Lebeuf, on ne lit plus que : Paroisse de Saint-Lambert Sa fête fut fixée à toujours au 17 septembre, ou au dimanche qui suit im-

médiatement ; l'office, qui d'abord avait été en usage, se perdit pendant la révolution , ou du moins il n'en resta plus que quelques copies incomplètes et fautives. C'est pourquoi , en 18349 le«:urë composa une prose .et une hymne nouvelles , compléta avec divers passages de rÉcriture sainte appropriés aux faits que présente la vie de saint Lambert, ce que la lithurgie parisienne renfermait en son honneur ; muni de l'approbation de M^' de Quélen, archevêque de Pari&i il dota la paroisse d'un office spécial et digne d'une telle solennité. M. l'abbé Notelet, curé de Saint-Maur, en composa le chant, qui est grave et plein d'harmonie. Le troisième dimanche après Pâque, on célèbre l'office de la translation des reliques du même patron. Ce jour était probablement dans l'origine celui oiï, pour la première fois, on avait possédé ses précieux ossemens.Quoiquebienavant 1 791 , et probablement pendant les guerres civiles du seizième siècle ils eussent été dispersés, anéantis, on ne laissa pas de faire cette fête avec la même exactitude; et aujourd'hui surtout on la célèbre avec d'autant plus de raison, que la paroisse a le bonheur de posséder des reliques bien certaines de saint Lambert. Elles les a reçues de M. Marduel, curé de Saînt-Roch. Ce vénérable prêtre pré-

serva de l'incendie el de la profanation, pendant la dernière révolution, une grande quantité de reliques, parmi lesquelles se trouvait un os de saint Lambert, échappé au pillage de la ville de Maestricht par les Français, en 1 794* Il fut présenté à M*' Tarchevêque, qui, après une enquête régulière et un examen sérieux de la châsse qui le renfermait, et des certificats qui y étaient joints, constata son authenticité, et par lettres datées de décembre 1828, permit qu'on rendît un culte public à ces restes mortels de l'illustre patron de Vaugirard.

A la confrérie de saint Lambert, il faut joindre celles qui se formèrent dès la fondation de l'église, pour avoir une idée exacte des habitudes du village : c'étaient celle de la Sainte- Vierge, dont le double but était d'honorer la mère de Dieu, et de distribuer des secours spirituels et corporels aux pauvres malades ; celle du saint Sacrement , puis plusieurs corporations, chacune sous l'invocation d'un patron particulier. Les vignerons se réunissaient sous le patronage de saint Vincent ; les laboureurs, voituriers et gens de marteaux, sous celui de saint Eloi ; les marchands de vins , sous celui de saint Nicolas; enfin, les jardiniers, sous celui de saint Fiacre. Tous avaient leurs jours

de fête, leurs statuts, leur bannièrej aiusi la religion concourait à la prospéritë de ce hameau. Entre ces confréries, deux seulement se sont soutenues jusqu'à nos jours, celle de la Sainte-Viex^e, qui contribue àrëdificationgi?n<Çrale et à F embellissement de l'ëglise, en même temps qu'elle se rend utile aux pauvres malades, selon Tesprit de sa première institution, et celle de saint Fiacre.

C'est encore un spectacle consolant pour l'homme qui réfléchit, de voir le 3o août, chaque annëe, le concours de jardiniers qui s'empressent vers l'église, la joie pure qui ëclate sur tous les visages, les bouquets distribues avec profusion à tous les assistans, les masses de fleurs et de guirlandes dont l'église, dès. la veille, est embaumée par les soins de la confrérie. L'heure de la cérémonie est arrivée.

Voici que la statue du saint patron va faire son entrée dans le temple : elle est portée par les plus anciens de la corporation ;^ elle est entou* rée de tous les attributs du jardinage ; la bêche, le râteau, la serpe, le puits même avec sa pompe aspirante, rien n'y manque; tout est délicatement exécuté dans de petites proportions. Les tambours et la musique militaire s'avancent en tête du cortège, puis viennent les confrères ;

un des doyens tient haute et ëlevée la bannière, dont les plus jeunes se disputent les cordons ; les autorités municipales, revêtues de leurs insignes, prennent part à la fête et ferment la marche. Le saint sacrifice commence : toute cette foule, il n'y a qu'un moment si agitëe, se recueille; son attention redouble lorsque son pasteur, à qui depuis quelques jours on a fait cadeau du melon de fondation, monte en chaire et explique comment la religion sanctifie les travaux de Tannëe et les délassemens qui viennent si rarement les interrompre. Une quête termine la cërëmonie ; elle est faite par la fille d'un des plus anciens associes de saint Fiacre ; le plus souvent, elle est consacrée à une œuvre de bienfaisance. Piëtë franche , union sincère « gaietë honnête et chrétienne, tels sont les caractères de cette fête. On se croirait revenu aux temps de la cordiale simplicité qui régnait parmi nos ancêtres, si la vétusté et la pauvreté de Téglise ne rappelait qu'ils sont à jamais éteints.

Autrefois, en effet, à la droite du choeur était le banc des seigneurs - patrons, qui jouissaient des droits honorifiques ; leurs armes étaient aux clefs de quelques voûtes et aux belles grilles de fer qui décoraient l'entrée du chœur. A gauche était un banc pour les abbés de Saint-Germain,

qui, seigneurs hauts -justiciers d'une portion du village, y entretenaient un procureur fiscal , et avaient établi le poteau de la justice derrière la sacristie : un peu plus bas ëlait celui de Tabbé de Sainte - Geneviève , seigneur haut -justicier d'une partie moins considérable, lequel avait également son procureur fiscal , et avait fait planter un poteau de la justice en face du parc de TEcole royale militaire. Adossée au clocher, était une tribune élégante en boiseries , et réservée à la famille Ângran d'Âlleray, dont on vendit les débris à l'époque de la révolution : on en voit encore la porte extérieure, murée par ordre de l'assemblée révolutionnaire commua nale, du côté de la rue Notre-Dame. Les murailles de l'église étaient revêtues de boiseries ; les vitraux présentaient des peintures assez remarquables ; chandeliers, croix d'autel, lampes, bénitiers, burettes et vases sacrés étaient d'argent massif; quatre cloches annonçaient les cérémonies saintes ; un orgue, des ornemens très^ riches, neuf pièces de tapisseries donnaient de la pompe au culte : outre le maître - autel, il y avait trois autels inférieurs dignement décorés et dédiés à la sainte Vierge , à sainte Geneviève et à saint Joseph : le premier était placé près du lieu aujourd'hui occupé par la chaire, et en^

toure d'une grille artistement trayaillëe ; il fut installe 9 après la révolution , à Textrëmité du bas-côte\ dont il fermait le passage : ce n*est qu'en i83i qu'il fut transporté plus bas, sur la petite porte que l'on supprima, afin de rendre l'église plus saine. J'ai puisé ces renseignemens en grande partie dans les registres conservés a la mairie , et où se trouvent consignés tous les objets vendus révolutionnairement ; d'autres registres y en indiquant les lieux où reposent les corps de certaines familles inhumés dans l'église» parlent de l'orgue et des autels. Aux processions publiques étaient portées la slatue dorée de saint Lambert , ses ossemens ayant été perdus dans les troubles qui avaient affligé le royaume ; {^uis les reliques de saint Calcédoine, martyr ; de sainte Félicité , martyre , apportées de Rome par M. le cardinal de la Rochefoucauld, et données à la paroisse par Mathias Maréchal, en 1634 ; celles de saint Maximin et de saintBénigne; celles de saint Pacifique, de sainte Lucide , données à M. Lefebure , curé du lieu , par le pape ClémentX, en 167 1. Elles reposaient dansune châsse très-riche, présent fait, en 1 724* par M. Cotelle, bourgeois de Paris. ( Arch.,

Au mois de brumaire an 2 de la république.

l*egUse fut arrachée au culte catholique, et coa^ sacrée à la déesse de la Raisoa : aussitôt furent dissipés tous les objets précieux qu'elle possédait. Ce qui prouve combien était prompte la transition du bien au mal, en ce temps de vertiges, c*est qu'en janvier 93 on avait acheté la^ chaire que nous possédons encore au couvent de Saint-François d*Issy, et à la fin de la même année on brisait une partie de cette même chaire, on vendait trois cloches, on portait à la Convention deux marcs et demi de vermeil, vingt -un marcs quatre onces d'argent, sans compter les étoffes, broderies et franges d'or provenant des ornemens ; les reliques avec leurs authentiques étaient brûlées publiquement; Vaugirard abjurait le nom de son preii)^er bienfaiteur, et devenait la commune de Jean-Jacques Rousseau; les rues recevaient les dénominations les plus ridicules. En vendémiaire an 3 étaient adjugés à la criée les modestes biens de l'église avec ceux des Angran, des Priest, des Duché « min , des Tersac et des diverses communautés dont nous raconterons l'histoire. Nous ne parlerons pas ici des maisons , terres labourables , rentes, fermes en location et autres propriétés dont l'église fut spoliée en ces tristes circonstances ; laissons-en dormir les titres aux archi-

Tes da royaume, où nous les avons parcourus ; Nous tairons aussi les noms de ceux qui profitèrent de la dépréciation attachée à ces biens, et de ceux qui se distinguèrent par leur fougue républicaine ; ils sont consignés dans les procèsverbaux de la municipalité de cette époque. On y lit la description de certaines processions où figuraient des dieux et des déesses, dont les en^ fans sont aujourd'hui de bien pauvres mortels ; on y a conservé des pièces poétiques très-peu dignes de passer à la postérité. Le i8 prairial et le 3o brumaire de Tan s furent les époques les plus déplorables. A ce dernier jour eurent lieu la fête de la Raison et la consécration du village aux mânes des martyrs de la liberté, Lepelletier et Marat. Après que Ton eut été à l'église détruire tous les souvenirs du fanatisme, comme on s'exprimait alors, les bustes de ces deux tyrans, précédés de ceux de Jean-Jacques et de Brutus, furent portés en triomphe sur un char où siégeaient la divinité de la Raison, personnifiée dans une femme Bertot, qu'entouraient plusieurs restales ; la divinité de la Liberté, représentée par une femme Villeneuve, habitante de la rue Zacharie, près Saint -Se vérin; enfin, un Hercule, sous les traits du sieur Bagueris, greffier du juge-de-paix d'alors ; lui, aussi bien

que le sieur Parigot , clerc greffier de la muaicipalité, poètes grotesques de ces saturnales.

Dans ces occasions y l'ëglise fut souillëe par des scandales et des orgies dignes du paganisme; puis elle devint tout à fait déserte » et fut transformée en un magasin de fourrages. Cependant l'erreur ne fut pas de longue durée : les fêtes irréligieuses 9 si l'on en croit les procès^verbaux de la municipalité, n'eurent lieu que trois fois^ et dégoûtèrent promptement la masse de la population. Le deuxième jour complémentaire de l'an 3 9 le temple chrétien fut rouvert , à la demande de presque tous les habitans, en tête desquels étaient André Maillet, menuisier, et P.-Guillaume Maillet, maçon, qui les premiers en acceptèrent les clefs et la garde. Son état était affreux , ainsi que le constatent les actes dressés pour sa restitution au culte cathi^lique : plus de vestiges des autels, quelques pierres seulement indiquaient les marches de l'autel principal ; plus de boiseries sur les murailles, dont la superficie était crevassée et exigeait un crépi complet ; les dalles étaient entièrement brisées, les vitraux fracassés , la statue miraculeuse de la sainte Vierge en morceaux. On a conservé le souvenir du malheur dont un sieur Déjouy, perruquier, fut victime. C'était lui qui portait le

premier coup dé hache à cette statue : un ëclat de bois vint le frapper à Tœil, et le hii creva ; un autre éclat sauta sur l'un des compagnons de son impiëtë, et lui cassa la jambe. Plusieurs témoins oculaires de cette punition providentielle m'ont raconté le fait. Enfin, le clocher seul et sa cloche , ainsi que l'horloge y étaient dans un état satisfaisant. L'église peu à peu se releva de ses ruines»

M. J. - B. Dunepart fournit le premier «ux frais les plus urgens. Voici l'éloge que M. Martinaut de Préneuf en traça dans les registres de fabrique : « Ce fut lui qui, de concert avec quel- « ques personnes bien pensantes , releva l'autel « renversé , rendit aux fidèles de cette paroisse « les secours de la religion catholique, lui pro* (( cura un ministre qui, par sa mission légitime, ce remplaça le pasteur fugitif et exilé , ménagea « aux paroissiens les«mojens de se procurer les « sacremens et les secours de l'Eglise. Ce fut « lui qui répara les ruines du sanctuaire, inspira « la confiance aux fidèles, travailla de ses mains « à donner au culte public sa première splen- « deur. Associées à ses pensées, sa vertueuse tf épouse et sa digne fille n'ont cessé de conu sacrer leur temps à entretenir et à fournir à « leurs dépens la majeure partie des objets con-

« sacres au service divin. »Unbdn prêtre, qui avail fréquenté la paroisse dans des temps plus heu* reux, M. Etienne Massië, se soumettant au vague serment d'obéissance aux lois de la république, fut reçu par le conseil municipal , au mois de vendémiaire an 4 » il obtint la permission pure et simple de demeurer à Vaugirard : cela suffi* sait. Les bons fidèles qui allaient chercher les sacremens dans les paroisses voisines, soit à la campagne, soit à Paris, soit même dans les maisons particulières, pourvu qu'ils fussent assurés d'y trouver un prêtre orthodoxe et légitime, comme le prouve un registre d'enquête rédigé par M. Martinaut de Préneuf, et conservé dans les archives de la fabrique, n'eurent plus à s'éloigner de leur domicile. Ce prêtre eut pour succe6seur, après quelques mois, un ancien religieux de Saint-François, M. Gennet-Bonnet, excellent ecclésiastique, qui administra la cure jusqu'au retour du pasteur légitime. Il mourut universellement regretté en i8o5, et son corps repose au cimetière de la paroisse.

Revenu en 1801, M. Martinaut fit aussitôt pour 1800 fr. de dépenses, dont il remit à la fabrique la majeure partie, lorsqu'il fut trans* féré à la cure de Sceaux. Son zèle stimula celui de plusieurs paroissiens : une multitude d'objets

nécessaires au culte furent ou prêtes ou donnds. Les bienfaiteurs principaux ëtaient, comme on peut le lire dans les registres, M. Dunepart, qui donna le lutrin, quelques tableaux et du linge; M. Poultier, à qui l'on fut redevable de trois lus-très, quelques tapisseries, un buffet d'orgue estimé alors looo fr., et des tableaux, dont les plus remarquables que nous possédions encore sont ceux de la Résurrection, de ¥ Annonciation et de Sainte-Marguerite. M. Bazin, beau-père de M. Gautier, députe actuel d'Uzerche, donna un ornement rouge complet, et du linge : une table de marbre noir placée dans l'église rappelle sa mémoire et ses bienfaits. M. Huin, dont la veuve est aujourd'hui connue dans Yaugirard par sa bienfaisance si généreuse, fit aux vitraux une réparation que l'on évalua à 600 fr. ; enfin, pour la suite et pour des objets de moindre valeur, on peut citer M°" Bach et Pâques, M"'' Itas, Dupuis et Baron, et MM. Masson, Gallet, Maillet et Moreau. La religion reprit alors ses droits sur le cœur des peuples, et le 2 juin i8o4, on put bénir solennellement la croix du clocher, qui pèse quatre-vingt-dixhuit livres.

Pour terminer a peu près sur ce sujet, nous ajouterons quelques notes sur les dépenses plus

rëcentes faites par le conseil de fabrique. Depuis dix anS| i4fOOO fr. environ ont été employés à la restauration de Téglisé, sans y comprendre les frais annuels du service régulier: pour la peinture générale de ce temple, 2600; pour la réparation des sacristies , 5oo ; pour la refonte de l'ancienne cloche, 65o; pour la chapelle de la Vierge et sa grille, 55o ; pour la fermeture du porche et les barrières , 600 ; pour l'acquisition d'un orgue , 345o ; pour la construction d'une tribune, i5oo; pour le banc des magistrats, 100 ; pour la création d'une chapelle à la Chaussée-du-Maine, 900 ; pour la restauration des dalles et le transport des stalles dans le sanctuaire , afin d'agrandir la place des fidèles, 600; et le reste de la somme indiquée, soit pour l'entretien des autels, du linge, des omemens et des tentures, soit pour la clôture et l'embellis&ement de la place publique.

Ainsi, l'église possède aujourd'hui deux cloches : une petite de cent trente-huit livres, achetée par la confrérie de la Sainte-Vierge, bénite et nommée Giiberte, le 1 4 juin i8o4; une grosse, pesant mille trois cent quatre-vingt-douze livres, non compris le battant, qui est de quarantequatre livres, bénite solennellement, le 25 février i833, par M*' Guillon, évêque de Maroc,

aumônier de S. M. la reine, et nommëe Marie^ Lamberte par M. le comte Artus de la Panoaze et M"* Marie Desouches, veuve Huin. Elle possède encore un orgue compose de dix jeux, avec une belle montre résonnante , fait par M. Gadault , et reçu par des artistes distingues , le 1 7 mai i834- On y remarque, outre les tableaux dont nous ayons parle , deux anciennes peintures sur bois, dites chapelles, et à volets fermans, qui représentent Tadoration des mages ; les disciples d'Emmaiis, copie de Ijesueur, donnée par le préfet de la Seine ; une immense toile, dont le sujet est Notre-Dame des anges, cadeau de M. TabbéPoiloup; et une statue de saint Jérôme, en albâtre, don de M. Pemot ; enfin, quatre lustres très-riches, dont deux plus modernes proviennent d'une main qui a voulu rester inconnue. La boiserie sculptée de l'autel de la sainte Vierge est assez estimée ; elle est de la fin du siècle de Louis XV , ainsi que la statue de Marie, tenant son fils dans sts bras , et sculptée dans un seul bloc de bois : les ex-voto d^osés à %t% pieds sont les témoignages de la dévotion de la paroisse envers la très-glorieuse mère de Dieu. Quatorze gravures richement encadrées, et for-* mant un magnifique chemin de la croix , sont dues à la pieuse générosité de M. Joseph Bil-

lard; à lai revient la gloire d'avoir introduit dans la paroisse une dévotion bien utile et bien consolante, et qui datera du 19 juin i84o. Il a donne également le tableau de l'Immaculée conception, placé dans l'enceinte de la chapelle de la sainte Vierge.

Malgré ces dépenses et ces dons, l'église est toujours d'un aspect pauvre et désagréable. Dévastée pendant la révolution, elle n'a pu réparer ses ruines ; et sauf quelques mesures d'urgence pour la restauration de la toiture et de l'horloge, la commune n'a consacré aucun fonds pour son ornement , son assainissement , son agrandissement. Trop éloignée du centré de la population , elle n'intéresse plus que les âmes pieuses ; les autres la regardent comme un monument qu'il faut laisser se dégrader et périr. Cependant, sans église, que deviendront la morale et la religion ? Et avec une église trop étroite, trop distante, humide et misérable, quels fruits produiront le zèle et la charité dés pasteurs ? C'est afin de remédier à quelques - uns de ces obstacles que M. le curé eut' l'idée de fonder

une chapelle à la Chaussée-du-Maine , dans le quartier le plus reculé de la paroisse , et aussi le plus dénué des secours de la religion. Son projet fut goûté par les membres de la fabrique,

toujours disposes à favoriser les oeuvres utiles à la gloire de Dieu et au salut des âmes : on loua une maison convenable pour cet usage, et Ton fit les frais nécessaires pour la disposer. A l'aide d'aumônes recueillies chest ses amis, M. le curé parvint à garnir la chapelle d'un mobilier complet, et elle fut dédiée, le 25 juillet i835, à r Assomption de la sainte Vierge. Le dimanche d'après le 1 5 août est devenu, depuis cette époque, pour ce quartier, qui, sous le nom de village d^ Plaisemce, augmente considérablement en population, un jour de fête patronale. La religion encore aur^ favorisé le développement et la prospérité de cette portion deVaugirard. Depuis cette fondation , les prêtres de la paroisse Tont tour à tour, les dimanches et fêtes , célébrer la messe dans celte chapelle > et , pendant la belle saison, chaque semaine faire le catéchisme aux enfans : ils ont ainsi, généreusement et sans rétribution aucune, augmenté leurs fatigues , n'espérant que des consolations spirituelles en dédommagement d'un ministère si pénible.

reste , plusieurs paroisses jouissaient de ces prérogatives , comme on peut s'en convaincre par la lecture de lavertissement dont l'abbé Lebeuf fait précéder son troisième volume. Les unes étaient dépendantes de l'archi-prétré de Paris, les autres de l'archi-prêtré de Saint-Severin, et soit qu'elles fussent dans Paris, soit qu'elles fussent dans la campagne , elles étaient également exemptes de la juridiction de l'ar* chi-diacre et du doyen rural ; elles formaient la banlieue ecclésiastique, par analogie avec la banlieue civile, distinguée elle-même des simples communes rurales. II n'y avait dans la campagne, hors des limites de Paris, qu'une seule paroisse érigée au quatorzième siècle, qui eût été attribuée à l'archi-prêtre de Saint-Severin : c'était celle de Vaugirard, dont l'érection n'avait fait que restreindre un peu vers Paris l'étendue du doyenné de Château -Fort, qui dépendait de l'archi-diacre de Josas.

M. de Préneuf fait remarquer que les prérogatives dont il s's^t, sont d'ailleurs fondées sur la distinction établie par le rituel lui-même, entre les curés du diocèse. Dans l'article qui concerne les synodes, il est question des curés de la ville et des curés suburbains, qui doivent se réunir sous la présidence de Tofficial, ensuite

des carës ruraux, qai s'assemblent sous celle de Tarchi-diacre. Le rituel règle après cela le rang que chacun doit occuper au synode gênerai:

les chanoines de IVglise mëtropolitaine , les prieurs et les abbes, les chanoines des églises collégiales précèdent les cures urbains et suburbains ; mais ceux-ci sbnt suivis des curés ruraux et des vicaires de toutes les paroisses. « Lorsque ce le roi, continue M. de Préneuf, ordonna les « assemblées qui devaient nommer les députés tf aux états-généraux , les curés de Vaugirard , <x Montrouge, Conflans, Charonne, La Chapelle, c< Montmartre, Clichy, Neuilly, Passy, Âuteuil, « Boulogne, qui n'avaient jamais été convoqués « en assemblée avec d'autres curés que ceux de (( l'intérieur, le furent avec le clergé rural ; à la u tête de mes confrères, et pour maintenir nos (( droits , j'ai fait et lu en pleine assemblée , le « 24 avril 1789, une protestation contre cette « innovation injuste , et je l'ai déposée sur le (c bureau en me retirant de l'assemblée , ainsi (Y que le plus grand nombre de mes conte frères. »

Ainsi placé dans les rangs des curés suburbains, celui de Vaugirard avait droit aux distinctions des curés urbains eux-mêmes : c'est pour cette raison que M. Lefebure fut trois fois

syndic de la faculté, fonction que n'auraient pu remplir, suivant les statuts de la société, les curés dit vicani; car bien que docteurs, ils n'auraient pas eu, comme l'exigeaient ses règlemens, leur domicile dans Paris. C'est encore pour cette raison qu'ils refusèrent , à diverses reprises, les prières nominales aux religieux de Saint-Germain, qui prétendaient les y astreindre et les assimiler, par cette exigence, aux curés de campagne. £n vain Tabbaye intenta-telle un procès au curé, en 1718, et le fit-elle condamner à accorder les droits honorifiques par une sentence qui ne lui donnait que lé nom de vicaire perpétuel (Ârchiv., L. i3o); le curé fit casser la sentence par un jugement de Toflicialité diocésaine, et fut maintenu dans sa prérogative de n'accorder un tel honneur qu'aux seuls seigneurs patrons. En outre , la paroisse de Yaugirard ne fréquentait dans ses processions, extérieures que des églises de Paris, différente en cela des paroisses de campagne, dont les églises étaient l'une pour Fautre un but de station : c'étaient le mardi de Pâques, les incurables ; le mardi de la Pentecôte , les damés religieuses de Liesse ; le lundi des Rogations, Sainte^Geneviève-du-Mont ; le mardi, les dames du Calvaire ; le mercredi, les Carmes

déchausses (Ârch., S. SSgg). Ces usages ëtaient une confirmation des privilèges de la cure.

Voici les curés sur lesquels j'ai pu découyrir quelques renseignemens. En 1 4oo , Jean Demeyille ; il était en même temps conseiller au Parlement de Paris. En i46o, le vénérable Jean de Montholon, docteur en droit à l'âge de vingtdeux- ans. Il était frère du célèbre garde-dessceaux de ce nom. On a de lui un traité latin très-estimé sur le droit divin et le double droit humain. Il était en même temps chanoine de Saint-Victor, à Paris, et fut nommé dans sa vieillesse au cardinalat ; mais il n'en reçut pas les honneurs, étant mort dans son abbaye, en i528, avant d'être pourtu de la confirmation de sa dignité. En i537, Louis Lasocré, prêtre du diocèse de Tours et maître ès-^urts, savant du temps , qui mourut avec lé double titre de curé de Vaugirard et de curé de Saint-Benoît. En 15479 Alexandre Gouirot, conseiller au Parlement. En i55i, Ives Rivière; petit-fils de Mathieu Chartier, seigneur patron de la paroisse, réputé de sainte vie, dit le registre que nous avons consulté aux archives;. En! i583, Nicolas Tavemier, maître ès-arts, ^ui mourut doyen des curés de Paris, après avoir rempli pendant cinquante ans, à Vaugirard, la charge

pastorale ; ce fait est confirmé par le préambule du registre baptistaire de 1609, où îl ëcrivait de sa propre main qu*il y avait alors vingtsix ans qu'il avait pris possession , et par le registre de i633, constatant son convoi, auquel Cyprien Pourschal , cure d'Issy, officia solennellement, et le père Lecœux, Jacobin, prononça l'oraison funèbre. En i633, Pierre Poussemotte , avocat au Parlement , bailli de Saint- Marcel, dît curé prêchant, à cause de son éloquence. En 1639, Pierre Coppin , docteur de la Faculté de Paris, théologal de Blois, conseiller et annaliste du roi. En 1662, Claude Lefebure, qui fut trois fois syndic de la Faculté de Paris, et dont on lit un acte solennel, insent aux registres baptistaires de son époque , par lequel lui et ses deux vicaires, en date du 26 juin 1664^, anathématisent la doctrine de Jansénius, et souscrivent pleinement aux bulles qui l'ont condamnée. Il fut aussi professeur en théologie en la maison de Navarre : sa chaire fut érigée en chaire de fondation royale, avec 1000 livres tournois de revenu par Louis XI V, le 6 octobre i683; enfin, en 1 788, Gilbert- Jacques Martinaut de Préneuf, prêtre du diocèse de Clermont, docteur en théologie, ancien chanoine et vicaire de Saint-Méry. Ne pouvant prévoir

quelles seraient les suites des principes révolutionnaires, il ne lutta pas d'abord contre la tempête, et consentit à devenir membre de la première assemblée municipale, où l'appelaient les vœux unanimes des babitans : il y remplit, pendant quelques mois, les fonctions de procureur fiscal, fonctions à cette première époque toutes pacifiques; apaiser les différends élevés entre les particuliers, réconcilier deux compagnies de gardes nationales dont l'antipathie était portée jusqu'à la fureur, couronner cette paix jurée de part et d'autre par une grand'messe et un Te Deum d'actions de grâces :

tels sont les faits que nous révèlent les archives municipales. En novembre 1 7 9 1 9 voyant sts efforts infructueux à repousser des motions incendiaires, il comprit les conséquences malheureuses d'un serment irréfléchi : alors il le révoqua courageusement, et exigea , séance tenante, qu'il en fut dressé acte sur le registre municipal. Dès ce moment, il fut remplacé par un nommé Pierre Bernard, envoyé de l'évéque Gobel, et qui, lui-même, céda promptement la place à un certain Gilbert Bourdeaux, lequel se fit gloire d'être l'élu du peuple. Ce dernier, en avril 1793, subit devant les officiers municipaux

un jugement déshonorant, où ses moeurs furent

gravjement compromises. La place n'ëtait plus teuable; aussi se retira -t-il; et l'on apprit par les papiers publics qu'il ëtaît venu à la Convention abjurer la foi catholique, et y déposer &es lettres de prêtrise : apostasie qui ne le sauva pas de la mort à laquelle il fut condamne en 94^ ainsi que l'indigne ëvéque de Paris. Ce mauvais prêtre eut pour successeurs Hardy, vicaire de Saint-Sulpice,. et Ferdinand Leininger, prêtre styrien ;. mais ce ne fut pas pour long-temps, car la fermeture des églises arriva trois mois après. M. de Prëneuf ëtait reste pendant quelques mois encore à Vaugirard, d'abord d'une manière ostensible, puis caché dans la maison de M. Dunepart. Le i3 août 1792, une visite domiciliaire fut faite chez ce particulier, accuse de donner asile au cure déchu de sa cure par la rétractation de son serment. On saisit tous les effets meublant cette retraite, et on les confisqua. Voyant qu'il courait journellement risque de la vie, il se réfugia donc à Paris. C'est de là qu'il avait fait déjà imprimer en forme de réclamation, contre les envahissemens des intrus, une instruction pastorale, qu'il était parvenu à répandre dans toute la paroisse. En novembre 91 , l'assemblée communale. la déférait, à la Convention 9 et accusait en outre son auteur

d'être débiteur de fortes sommes envers la commune. Par suite de ces circonstances , M. de Prëneuf fut incarcéré aux Prémontrës, et M. Duneparty qui avait parle en sa faveur, ne tarda pas h yenir partager sa réclusion. Ce dernier, cependant, rëclamë par sa famille et par les bons habitans, recouvra sa liberté, et il n'en profita que pour défendre avec courage les intérêts de son ami. A ses sollicitations, et sur sa promesse de payer lui-même les dettes qui seraient reconnues véritables, le conseil de commune demanda l'élargissement de M. de Préneuf : on dit alors qu'on ne l'avait fait mettre en prison que pour le sauver de la fureur du peuple. Ce bon prêtre, écHappé à la mort, s'enfuit en Hollande, et résida quelques années à Bruxelles, où il ne cessa de penser à son troupeau, comme le prouvent les notes qui ont facilité notre travail. Il revint en 1801 de son douloureux exil, et se consacra de nouveau au bonheur d'une paroisse qui lui était si cbère. Nommé en 1807 à la cure de Sceaux, il n'y demeura que peu d'années , et devint curé de Saint-Leu, à Paris. Il y mourut entouré d'une vénération bien méritée par ses travaux , son savoir et sa grande charité.

Nous finirons ce chapitre par la liste générale

des cures , telle que nous l'avons recueillie aux archives (S. 3599). Les corps de la plupart de ceux qui ont existé avant la révolution reposent^ suivant l'ancien usage, dans l'église paroissiale.

Curés Bomnié •■

I*^ Jean iTisa, i346

2«. Pierre PaouET^ iSSg

3^ Jean Garde, 1870

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