‹ Histoire de vénérable P. Claude de la Colombière de la Compagnie de JésusChapitre 34 sur 38 · P. CLAUDIUS · texte numérisé non relu

P. CLAUDIUS

OP.11T XV. FEBRUA

— RII. 1682. yET —

ATIS SILE.

2° Une feuille de parchemin portant : au verso, le timbre de la généralité de Dijon et un paraphe au côté gauche: et au recto, l'attestation suivante: « Je soussigné déclare, premièrement, que la caisse que j'ai déposée chez les Dames de la Visitation Sainte -Marie de Paray, et qui est scellée du sceau de notre résidence dudit Paray, renferme les véritables ossements du R. P. Claude de la Colombière, jésuite; secondement, que la sainte Vierge que j'ai également déposée chez les mêmes Dames de la Visitation, est la même

sainte Vierge que colle dont fait mention le billet ci-joint. En foi de quoi j'ai signé la présente, et j'y ai appliqué le sceau de notre maison de Paray, ce vingt-troisième avril de Vannée mil sept cent soixante-trois.

« Hubert, jésuite, « Supérieur de la résidence.

« Place f du sceau.

« Je déclare que j'ai repris la sainte Vierge que j'avais déposée, et c'est en conséquence que j'ai raturé les trois lignes ci-dessus.

« Hubert, jésuite.»

3° Le chef entier, moins la mâchoire inférieure, du serviteur de Dieu. H contient encore le cerveau complètement desséché; l'os maxillaire supérieur est dépourvu de toutes ses dents, et il manque quelques petits fragments du nez; on remarque aussi que quelques parcelles ont été détachées de la partie postérieure du crâne.

4° Une clavicule dépourvue de quelques petites parcelles qu'on a détachées aux deux extrémités.

b° Cinq vertèbres dorsales qui se suivent sans interruption. .

6° Cinq vertèbres lombaires qui se suivent pareillement. Il manque quelques petits fragments à la partie postérieure de la plupart des dix vertèbres.

7° L'os sacrum.

8° Les deux iliaques ; le gauche est dépourvu d'une portion de la partie antérieure.

9° Les deux fémurs entiers, moins quelques petites parcelles.

10° Les deux omoplates, moins quelques petits fragments.

1 1° Les deux humérus, moins quelques petites parcelles.

12° Une petite nappe servant de suaire et contenant plusieurs petites parcelles.

Tous ces ossements sont munis d'un lien en fil, scellé à un papier, du sceau de la résidence des jésuites de Paray ; et les dix vertèbres sont attachées par une cordelette au chef lui-même; cette cordelette est scellée à un papier du sceau ci-dessus mentionné.

Les religieuses du monastère, interrogées touchant les ossements au sujet desquels on faisait enquête, ont exhibé d'abord une lettre écrite en mil six cent quatre-vingt-six ou mil six cent quatre-vingt-sept, par la bienheureuse Marguerite-Marie Alacoque à la Mère de Saumaise , alors à Dijon, et dans laquelle elle lui parle ainsi : « Je me fais un plaisir par avance de celui que vous aurez des reliques de notre saint P. de la Golombière , le corps duquel les Révérends Pères jésuites ont fait transporter dans leur nouvelle église; l'on nous a fait présent d'un petit os de ses côtes et de sa ceinture, mais en grand secret. Je veux bien partager avec vous , sachant que vous en ferez l'état qui convient par rapport à l'estime que vous avez pour ce grand serviteur de Dieu. »

De cette lettre, il résulte que le corps du serviteur de Dieu a été exhumé, ou plutôt retiré de son caveau ou de son sépulcre spécial , peu d'années après sa mort. On a remarqué sur son chef les traces de la chaux dont il avait été couvert, ce qui explique comment il avait été facile de l'exhumer promptement , et de commencer à distribuer les ossements.

Lesdites religieuses ont présenté ensuite une circulaire imprimée, envoyée par leur monastère, le cinq novembre mil sept cent soixante- cinq , et dans laquelle on trouve ce qui suit : « C'est en marchant sur les traces de celle qui, en faisant l'honneur de son peuple, nous a laissé de

si grands exemples d'humilité et de rabaissement (la bienheureuse Marguerite-Marie), que nous parviendrons à devenir les véritables filles du Cœur de Jésus. C'est toujours pour nous affermir de plus en plus dans ce sentiment que, par un trait de Providence aussi impénétrable que singulier, nous nous trouvons en possession des précieuses dépouilles du vénérable P. de la Golombiëre, mort en odeur de sainteté dans le collège de cette ville, d'où il était sur le point de partir, lorsque notre sœur Alacoquelui prédit sa mort prochaine. Ce précieux dépôt nous fut confié lors de la destruction de ce collège. Il repose dans notre sépulture intérieure, dans une châsse, près de celle de notre vénérable sœur Alacoque. C'est là que nous invoquons journellement ces deux amateurs du Cœur divin, pouvant bien nous écrier à la vue de ce spectacle : 0 AlLitudo ! Leurs tombeaux sont incessamment couverts de quantité de linges, que l'on y apporte de toutes parts pour les faire toucher, pour le soulagement des malades, qui fréquemment en ressentent les heureux effets, surtout les pauvres, sur lesquels leur protection se fait sentir plus spécialement. Fasse le Ciel que l'Église prononce un jour en leur faveur! »

Les Sœurs ont ensuite présenté une caisse de forme quadrangulaire, oblongue, en bois de sapin, portant encore en quatre endroits, à la partie supérieure, le sceau de la communauté des jésuites de Paray, reconnu déjà sur les ossements du serviteur de Dieu, ainsi que sur les deux attestations du P. Hubert. Cette caisse porte aussi, en quatre endroits, le sceau de la commune de Paray sur deux bandes de papier. Les Sœurs ont déclaré en même temps que cette caisse était celle qui avait contenu les ossements du P. de la Colombière depuis mil sept cent soixantetrois jusqu'en mil huit cent vingt-neuf, et ont attesté, d'après la tradition de leurs devancières :

1° Que ce petit cercueil avait été confié, dans les premiers jours de la révolution, à sœur Marie-Madeleine Bouillet, religieuse de leur monastère; puis à sœur Marie-Thérèse Petit, sa compagne, laquelle avait déjà la garde du corps de la Bienheureuse;

2° Que sœur Marie-Thérèse Petit avait gardé dans sa maison à Paray les corps vénérés jusqu'en mil huit cent un, époque où la communauté commença à se réunir;

3° Que depuis lors la communauté demeura en possession du précieux dépôt des restes du P. de la Colombière ;

4° Qu'à Tépoque où la plus grande partie des Sœurs alla se réunir à la communauté de la Charité-sur-Loire, l'autorité civile de Paray, voulant assurer la conservation du corps du serviteur de Dieu, scella la caisse qui la contenait et la confia momentanément à M. le curé de le paroisse;

5° Que les sœurs qui restèrent alors à Paray, savoir : sœur Marie-Rose Carmoy et sœur Marie-Thérèse Petit, en devinrent les dépositaires après le départ de leurs compagnes;

6° Que la communauté s'étant rétablie dans son ancien monastère, le cercueil du P. de la Colombière y fut porté et gardé au même lieu que la châsse de la Bienheureuse ;

7° Que les Révérends Pères jésuites ayant établi une résidence à Paray en mil huit cent vingt- huit, ledit cercueil leur fut rendu par la Visitation ;

8° Qu'en mil huit cent vingt- neuf, le R. P. Debrosse, supérieur de la susdite résidence, fit confectionner la châsse où ont été trouvés les ossements du serviteur de Dieu, et les y déposa avec tous les autres objets indiqués , ayant rompu à cette fin les liens en fil et les bandes de papier scellées. qui liaient la caisse servant de cercueil, où il

laissa toutefois les restes du linge qui servait de suaire aux ossements ;

9° Qu'à cette époque, la caisse précitée avait été donnée au monastère, où elle a été conservée jusqu'à ce jour;

10° Que la châsse contenant le corps du serviteur de Dieu est demeurée, jusqu'en mil huit cent trente -trois, sous la garde du R. P. Debrosse, et, depuis cette époque, dans l'intérieur du monastère , où elle est restée déposée d'abord auprès du sépulcre de la Bienheureuse, et; depuis quelques années, dans le cabinet de la Mère supérieure. Interrogées si elles pouvaient rendre compte de la destruction ou disparition des ossements qui manquent au corps du Révérend Père, elles ont répondu et certifié que, depuis mil huit cent trente-trois, époque où ce corps leur a été confié sans être scellé, rien n'en a été distrait par les Sœurs du monastère ni par aucune autre personne; mais qu'elles ne peuvent dire si le P. Debrosse n'en avait rien distrait lors de la translation dans la châsse actuelle.

On a pu constater qu'en mil sept cent soixante-trois, les vertèbres qui manquent avaient été déjà données par les Pères de la maison de Paray, attendu que les dix qui demeurent avaient été attachées toutes ensemble à cette époque par le Supérieur de cette maison, et suspendues au chef par une cordelette scellée du sceau de la résidence de Paray. Nous avons une nouvelle preuve irrécusable de ce fait.

L'hospice de Paray possède un portrait du P. de la Colombière peint immédiatement après sa mort. Ce portrait avait été donné par les jésuites de la cité, lors de la suppression du collège, à une famille de Paray, dont la dernière représentante , au moment où éclata la révolution , était Mlle de la Dazolle.

Celle-ci, craignant alors d'être compromise, si le portrait était trouvé chez elle, le donna à sœur Daudron, l'une des

sœurs de Sainte-Marthe attachées au service dudit hos~ pice , ainsi qu'il conste de la tradition conservée dans cette maison. Or dans la partie inférieure du cadre de ce tableau se trouve une vertèbre dorsale du serviteur de Dieu , s'harmonisant parfaitement avec celles qui ont été trouvées dans la châsse. D'où Ton doit conclure qu'avant mil sept cent soixante-trois, les ossements du P. de la Colombière avaient été déjà distribués en partie par ses frères en religion, et ce, sans doute, à cause de la réputation de sainteté qu'il avait laissée après sa mort; ce qui est démontré, d'ailleurs, par la lettre de la bienheureuse Marguerite-Marie à la Mère de Saumaise qu'on vient de lire.

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