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RUE DU JEU-DE-PAUME

La rue du Jeu-de-Paume est dirigée du nord au sud. Elle commence à la rue de Gravelle et se termine à la rue du Vieux-Versailles. Elle a 71 mètres 20 centimètres de long-ueur, et 6 mètres 80 centimètres de largeur.

N° 1. — Le Jeu-de-Paume.

Ce bâtiment, devenu célèbre par le fameux serment qu'y prêtèrent les membres de l'Assemblée Nationale, fut construit dans l'année 1686, par Nicolas CreUé, paumier du roi, moyennant la somme de 45,503 livres.

Le jeu de paume était alors très à la mode. Il y en avait un dans tous les châteaux royaux. Louis XIV aimait beaucoup cet exercice, qui lui avait été recommandé par

ses médecins, et vint plusieurs fois à celui de Versailles. A l'époque de la Révolution, le Jeu-de-Paume était trèsfréquenté, parce que le comte d'Artois, très-habile à ce jeu, l'avait remis en vogue. Malgré l'état florissant de cet établissement, il serait oublié depuis longtemps et le bâtiment aurait probablement disparu, s'il ne s'y était passé l'un des plus grands événements de la Révolution.

On connaît les premières discussions qui eurent lieu entre les trois ordres, lors de la réunion des États-Généraux à Versailles, en 1789. Le Tiers voulait que la vérification se fit en commun ; la noblesse et le clergé s'y opposaient, et prétendaient la faire par chambre. Enfin, après plus d'un mois de débats inutiles, le 17 juin, l'assemblée du Tiers somme les deux autres ordres de se réunir à elle pour la vérification, et se déclare Assemblée Nationale. Le 19 juin, le clergé décide qu'il va se réunir aux Communes. La cour, effrayée, veut empêcher cette jonction, et décide le roi à frapper un coup d'État. Le 20, de grand matin , les alentours de l'Assemblée sont occupés par les gardes-françaises. Les députés apprennent alors que leurs séances sont suspendues jusqu'au 22 juin, jour où doit avoir lieu une séance royale, et lorsque Bailly se présente à la porte de la rue des Chantiers, l'officier de service lui permet seulement de pénétrer dans la cour pour y rédiger une protestation.

A cette nouvelle, les députés du Tiers s'assemblent en tumulte sur l'avenue de Paris; quelques esprits ardents veulent forcer les portes de l'Assemblée, quelques autres parlent de tenir séance sous les fenêtres" du roi; enfin l'un d'eux propose la salle du Jeu-cle-Panme, et les députés s'y rendent en ordre, guidés par Bailly, leur président. « Là, un bureau est improvisé et formé avec un

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