‹ Histoire de VersaillesChapitre 12 sur 99 · RUE DU JEU-DE-IAUME · texte numérisé non relu

RUE DU JEU-DE-IAUME

établi de menuisier, quelques planches et quelques banquettes; puis la délibération commence. Tout le monde craint que la séance royale annoncée ne soit qu'un lit de justice qui prononce la dissolution des États. Monnier propose de s'engager par serment à ne point se séparer avant que la Constitution n'ait été fondée. Cette proposition est accueillie avec enthousiasme. Barnave rédige la formule du serment, Bailly la prononce, et l'Assemblée entière la répète. Puis tous les députés, moins un [Martin d'Auch), viennent sceller de leur signature la résolution qu'ils ont prise, le serment qu'ils ont prêté à la face de la royauté et de la France. Telle fut la séance du Jcu-de-Paume (1). »

La grandeur de cette scène, et les résultats immenses qui en furent la suite, enflammèrent tous les esprits ; une réunion patriotique se forma presque aussitôt, sous la direction de Gilbert Bom?ne, et s'intitula : Société' du Serment du Jeu de Paume. Le 20 juin 1790, un an après, cette Société vint solennellement poser la table de bronze placée au milieu du grand mur de la salle, et sur laquelle sont gravés les termes du serment. Ce monument, dit Romme lui-même dans le compte-rendu de la cérémonie, est simple comme doivent être les monuments de la liberté. Il est formé d'une table de bronze, enchâssée dans une bordure de marbre de vert antique, et fixée par quatre clous de bronze. Sur îa table est gravé ce qui suit :

NOUS JURONS DE NE JAMAIS NOUS SÉPARER ET DE NOUS RASSEMBLER PARTOUT OU LES CIRCONSTANCES L'EXIGERONT, t JUSQU'A CE QUE LA CONSTITUTION SOIT ÉTABLIE ET AFFERMIE SUR DES FONDEMENTS SOLIDES.

(1) Hist. de la Salle du Jeu-de-Paume, par M. Vatel.

Au bas, on lit : Placée par la société des Patriotes, le 10 juin 1790, gravée par Beaublé.

« L'inscription a été scellée avec des pierres tirées des fondements de la Bastille, que la Société a apportées à cet effet. Les artistes qui ont travaillé à ce monument sont tous de la Société. C'est encore eux qui l'ont placé. Il n'est aucun des assistants qui n'eût voulu y mettre la main. Deux citoyens, l'un de Paris, l'autre de Versailles, ont placé, au nom de tous, deux pierres delà Bastille (1). »

Le 18 décembre de l'année suivante, 1791, la Société des Amis de la Constitution de Versailles venait placer en cérémonie, au-dessous de cette table de bronze, une autre sur laquelle on lisait :

« ils l'avaient juré, ils ont accompli leur serment. »

« Le 10 décembre 1791, l'an III de la liberté, par la Société des Amis de la Constitution de Versailles. »

Cette dernière table de bronze a disparu et n'a pu être retrouvée.

Le 7 brumaire an II (28 octobre 1793), sur la proposition de Chénier, la Convention décrète la maison du Jeu-de-Paume monument national, et ordonne de graver sur ses murs l'inscription :

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