‹ Histoire de VersaillesChapitre 14 sur 99 · HUE DU JEU-DE-TAUME · texte numérisé non relu

HUE DU JEU-DE-TAUME

par un échange et le mit ù la disposition de Gros pour y peindre les Pestiférés de Jaffaei la Bataille cTAboukii (1). »

L'Institut, sur la demande du ministre de l'intérieur, François de Neufchàteau, donna, en 1799, cette autre inscription, pour être mise sur la façade du Jeu-de- Pau me :

« DANS CE JEU-DE-PAUME, LE 20 JUIN 1789, LES DÉPUTÉS DU PEUPLE, REPOUS- SES DU LIEU ORDINAIRE DE LEURS SÉANCES, JURÈRENT DE NE POINT SE SÉPARER QU'ILS N'EUSSENT DONNÉ UNE CONSTITUTION A LA FRANCE, ILS ONT TENU PA- ROLE. ))

Sous la Restauration, le Jeu-de-Pau me servit de magasin de décors, et la table de bronze, placée par Gilbert Romme, fut retournée la face contre le mur.

En 1830, Louis-Philippe fit replacer l'inscription commémorative du serment, répara le bâtiment, et en fit l'atelier où Horace Vernet composa la Prise de la Smalah et la Bataille de PIsly.

Le \h mars 1848, la salle du Jeu-de-Paume fut transformée en salle de festin, et elle retentit pendant plusieurs heures de discours et de vivats républicains (2). Le 24 du même mois, le ministre de l'intérieur, Ledru- Rollin, prenait l'arrêté suivant :

« Considérant que les monuments historiques, dont l'État assure la conservation, doivent comprendre non-seulement les édifices précieux sous le rapport de leur exécution ou de l'histoire de fart en France, mais aussi ceux qu'un souvenir glorieux recommande au respect du peuple ;

« Considérant que la salle du Jeu-de-Paume, à Versailles, est le lieu où, pour la première fois, s'est produite avec éclat et solennité la volonté nationale ;

(1) Ch. Vatel, ouvrage cité.

(2) Voir le Moniteur du 16 mars 18'i8.

« Sur le rappo.it du directeur des beaux-arts : « Arrête :

« La salle du Jeu- de-Paume, à Versailles, est classée parmi les monuments historiques. »

Depuis cette époque, cette salle a servi à plusieurs expositions de peinture des artistes versaillais et à quelques concerts. Rétablie en 1855 en salle de jeu de paume, elle a été concédée à un entrepreneur. Ce qui ne l'a pas empêchée de servir depuis à quelques réunions publiques et entre autres aux séances générales de l'association de la Bibliothèque populaire de Versailles, dans lesquelles on entendit la voix éloquente de MM. Laboulaye et Saint- Marc-Girardin..

Le nom de cette rue vient d'un ancien manoir du nom de Satory, situé dans la plaine où elle aboutit. La rue Satory s'étend du nord au sud, de l'avenue de Sceaux à la grille de l'octroi. Sa longueur est de 910 mètres 80 centimètres, et sa largeur de 18 mètres.

Sous Louis XIV, toute la partie gauche de cette rue, depuis l'angle de l'avenue de Sceaux jusqu'au n° 19, était occupée par le mur de clôture du jardin de l'hôtel des Trésoriers des bâtiments, situé sur l'avenue de Sceaux. Plus tard, on construisit quelques maisons entre le mur de l'hôtel, devenu celui des chevau-légers, et la rue. Ce fut la cause du coude qu'elle fait en cet endroit, et explique pourquoi ce côté n'a pas la régularité de celui du côté opposé.

Le milieu du carrefour où cette rue se rencontre avec colle de l'Orangerie était occupé autrefois par un vaste

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