GABRIEL, F1, A VERSAILLES
Voici comment M. Ferdinand Berthier, sourd-muet, doyen des professeurs de l'institution de Paris, raconte cette inauguration (1) :
« Le dimanche 3 septembre 1843, à midi et demi, au point de jonction des rues Royale et d'Anjou, la statue de l'abbé de TÉpée
(1) Ouvrage cité.
s'élevait sur un piédestal, couverte d'un voile. Une enceinte avait été réservée tout autour, par les soins de l'administration municipale ; des piquets de garde nationale formaient la haie ; aux deux côtés du monument se tenaient des sourds-muets de tout âge, de tout sexe, de toute condition, les élèves de l'institution de Paris, parmi lesquels on remarquait leurs jeunes frères d'Orléans, que l'administration du chemin de fer s'était empressée de faire transporter gratuitement, sous la conduite de leur respectable aumônier, M. l'abbé Bouchet. A une heure, la commission, précédée de son président d'honneur, M. Auhernon, pair de France et préfet de Seine-et-Oise, prit place sur la face principale du monument, ainsi que le corps municipal, en présence des autorités, des souscripteurs, et d'une immense affluence; là, aux applaudissements répétés de tous les spectateurs, M. le préfet, ayant donné l'ordre d'enlever le voile qui couvrait la statue, l'offrit à la ville.
Plusieurs discours furent ensuite prononcés par M. Aubernon, Préfet, M. Rémilly, Maire, M. de Saint-James- Gaucourt. M. Ferdinand Berthier, dans un discours mimé, paya ensuite un tribut de reconnaissance à la mémoire de l'illustre instituteur des sourds et muets (1).
La statue de l'abbé de l'Epée le représente debout, en habits de prêtre. Le vénérable instituteur des sourdsmuets tient de la main gauche un crayon, et une tablette sur laquelle est écrit le mot Dieu, d'abord en caractères symboliques, puis en caractères ordinaires. Sa main droite, élevée vers le ciel, indique le séjour de Dieu, et les doigts sont disposés de manière à former la première lettre de son nom. Le piédestal est de granit, et sur la face principale on lit :
l'abbé de l'épée, premier instituteur des sourds-muets, né a versailles, le xxiv novembre m i) cc xii.
(1) Voir Berthier, ouvrage cité.
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Avant la Révolution, le pourtour de ce marché se composait de deux rues séparées par la rue d'Anjou, la rue du Marché-Neuf contournant le marché au nord, et la rue Sainte-Famille le contournant au sud. Aujourd'hui, on l'a divisé en quatre : la rue de l'Orient, la rue Sainte- Famille, la rue de l'Occident et la rue du Marché-Neuf.