RUE DU VIEUX-VERSAILLES
Le comte de Falkenstein, quoique frère de la reine de France, aimait peu les Français, et il le manifesta dans plus d'une occasion. Il fit cependant un bon accueil aux hommes de lettres, aux savants et aux artistes éminents qu'il rencontra en France. Mais l'homme qu'il a le plus distingué, celui qu'il a le plus vu, le seul qu'il ait peutêtre envié, était un homme alors peu connu, l'une des gloires de notre ville, le vénérable instituteur des sourdsmuets, l'abbé de l'Épée. Il alla plusieurs fois le visiter, et ne pouvait se lasser de l'admirer. Il vint ensuite le prôner à Versailles, excita la reine à aller le voir, et le mit enfin à la mode. L'institution de l'Abbé-de-1'Épée ne désemplissait pas de gens de la cour allant assister aux exercices de ses élèves, et, grâce à ce mouvement général, le gouvernement prit enfin sous sa protection un établissement qui, sans cela, aurait peut-être disparu avec son pieux fondateur.
Sous Louis XIV, la maison de l'hôtel du Juste appartenait à La Quintinie, le célèbre créateur du Potager de Versailles.
N° 8. — En 1730, auberge A la Tour d'Argent. En 1777, cette maison et les dépendances, qui forment un passage donnant sur la rue de l'Orangerie, furent achetées par le comte d'Artois, pour y placer les offices de sa maison.
Nos 12, 14. — Ancien hôtel de Montchevreuil, sous Louis XIV et Louis XV.
N° 16. — En 1730. Au Petit-Cerf.
N° 20. — Au Roi Auguste.
N° 22. — Au Petit Trianon.
N° 24. — Au Panier Fleury.
N° 26. — Maison de Marigner. Marigner était un commis de Colbert. Il fit pour Mansart, pendant sa surintendance des bâtiments, un mémoire très-curieux sur les dépenses des bâtiments du roi, depuis 1664- jusqu'en 1689. Ce manuscrit est à la Bibliothèque impériale de Paris. Une copie collationnée existe à la bibliothèque de la ville de Versailles.
Sous le règne de Louis XVI, cette maison fut transformée en hôtel garni, sous la dénomination & Hôtel de Brissac.
N° 28. — Au Cheval Rouge.
N° 32. — Le 10 mars 1768, est né, dans cette maison, Pierre-François-Tissot.
Après avoir fait de brillantes études au collège de Versailles et à celui de Montaigu de Paris, Tissot, qui était entré chez un procureur au Chàtelet, s'occupa beaucoup plus de poésie que de procédure. Lié d'amitié avec Goujon qui devint plus tard son beau-frère, il alla habiter avec lui Meudon, où ils se livrèrent tous deux à des études sérieuses. Quoique son père fut attaché à la maison de la reine, et qu'il se fût fait à la cour de puissants protecteurs, il adopta avec enthousiasme les principes de la révolution. Il partit pour la Vendée dans un des bataillons de volontaires de Seine-et-Oise, et plus tard suivit son beau-frère envoyé en mission aux armées de la Moselle et du Rhin. Après la mort tragique de Goujon, qui se poignarda avec ses co-accusés en sortant du tribunal, le 29 prairial, an III (17 juin 1795), Tissot, resté le soutien de deux familles, chercha d'abord des res-
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sources dans l'industrie. Ayant obtenu, en 1806, une place qui lui laissait de nombreux loisirs, il en profita pour se livrer entièrement aux études littéraires. En 1810, Delille le choisit pour le remplacer dans sa chaire de poésie latine au collège de France. Ses facultés poétiques, son étude constante des littératures grecque et latine, et une diction élégante attirèrent autour de Tissot un nombreux auditoire.
Dans les premières années de la Restauration, Tissot soutint dans les journaux une lutte énergique contre les adversaires de la révolution. Le gouvernement, qui ne cherchait qu'un prétexte pour l'éloigner de sa chaire, profita pour le destituer d'un ouvrage qu'il publia en 1821, sous le titre de Précis sur les guerres delà révolution. Le roi Louis-Philippe le rendit à sa chaire, qu'il conserva jusqu'à sa mort arrivée le 7 avril 1854. Tissot était membre de l'Académie française et chevalier de la Légion d'honneur; il est auteur d'un assez grand nombre d'ouvrages, parmi lesquels on doit surtout signaler celui qui fait son vrai titre littéraire, intitulé : Etudes sur Virgile comparé avec, tous les poètes épiques et dramatiques des anciens et des modernes.
N° 34. — A V Image Saint-Pierre. — En 1789, passage sur la rue de l'Orangerie appartenant à la Maison des Pauvres dont nous parlerons plus tard.