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HUE DE L'ORANGERIE

N° 55. — Maison appartenant, sous Louis XIV, au marquis d'Artagnan.

N"5 59-61. — Ancien hôtel du duc de Béthune, sous Louis XIV.

N09 63, 65, 67, 69. — Maisons bâties sur un terrain taisant partie, sous Louis XIV, de l'hôtel de la Trésorerie, de la Marine et des Galères, placé sur l'avenue de Sceaux.

CÔTÉ DUOIT.

Nos 10-12. — Sous Louis XIV, hôtel du marquis de Seignelay, le fils de Colbert. Le marquis de Seignelay est mort à Versailles, le 3 novembre 1690, à l'âge de quarante ans. On le rapporta, des appartements du château où il expira, dans son hôtel de la rue de l'Orangerie. Ce fut là que Dionis, le premier chirurgien des Enfants de France, fit l'ouverture de son corps, et l'embauma.

Cet hôtel, acquis par le roi à la mort du marquis de Seignelay, devint l'habitation des officiers des bâtiments. En 1683, Louis XIV fit venir à Versailles François Muguet, son imprimeur à Paris, et le plaça dans l'hôtel Seignelay. C'est donc dans cet hôtel qu'a été établie la première imprimerie de Versailles.

Le Cicérone de Versailles, de l'année 1804, contient, à propos de cet hôtel, une note curieuse de M. Antoine- Nicolas Duchesne, professeur d'histoire naturelle à l'école centrale de Seine-et-Oise, et censeur au lycée de Versailles (1). Il dit que c'est pour les fenêtres, au midi, du corps de logis entre les deux cours, que furent faites, en 1727, les premiers contrevents en lames inclinées, depuis nommées jalousies ou persiennes, par leur ressemblance

(l) M. A.-N. Duchesne est père du savant M. Duchesne, conservateur des estampes à la Bibliothèque impériale de Paris, mort en 1856.

avec certaines claires-voies des sérails de Perse; et il ajoute que V inventeur est Antoine Duchesne, son père, prévôt des bâtiments du roi.

Nos 14, 16. — Hôtels appartenant à un garde-magasin des bâtiments du roi Louis XIV, nommé Deslouits ; et n° 18, hôtel de Courtanvaux. En 1718, le fameux Lavv, nommé contrôleur-général des finances, fit venir d'Angleterre environ deux cents ouvriers, et établit dans ces hôtels une manufacture d'horlogerie. Voici comment le Mercure de France parle de cet établissement :

« Au mois de février 1718, le sieur Sully conçut le dessein et forma le projet d'un établissement propre à mettre l'horlogerie sur un meilleur pied qu'elle ne l'a été jusqu'ici en France.

« 11 s'adressa à M. Law pour en faire la proposition à S. A. R. Mgr le duc d'Orléans, Régent. Ce prince l'approuva et chargea M. Law d'aider au sieur Sully dans l'exécution de son projet...

« On a amené en France, à grands frais, un assortiment des plus excellents ouvriers anglais en chaque branche d'horlogerie. On les a établis à Versailles dans des maisons royales, avec des avantages considérables, pour leur rendre leur état plus agréable et pour y en attirer d'autres dont on pourrait avoir besoin dans la suite

« On y emploie pareillement ceux des bons ouvriers français qui veulent s'assujettir aux règles de l'établissement, dont on a soin de les avertir en les recevant.

« On y reçoit aussi des jeunes gens pour apprendre l'horlogerie dans toutes ses parties, et on leur enseigne aussi bien la théorie que la pratique de leur art.

« Cet établissement est donc en même temps, et une fabrique propre, dès à présent, à produire des ouvrages dans la dernière beauté et perfection, et une académie propre à former des ouvriers habiles et savants pour l'avenir.

« En conséquence de cet établissement, M. Law a eu l'honneur de présenter au roi, le 17 de ce mois (janvier 1719), la première montre qui y a été faite et finie. S. M. a témoigné en être trèscontente. Cette montre est petite et d'une beauté singulière. La

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chaîne d'or qui y est attachée est d'un ouvrage exquis. M. Law a présenté en même temps au roi le sieur Sully, directeur en chef de cette lubrique, et le sieur Rcith, sous-directeur. S. M. a reçu l'un et l'autre très-favorablement. Le même jour, S. A. R. agréa une lielle montre à répétition de la même fabrique. S. A. R. eut la bonté, en cette occasion, de témoigner à M. Sully sa satisfaction de la conduite qu'il avait tenue jusqu'à présent dans cette entreprise, dont on pouvait espérer, dans la suite, un avantage considérable pour le royaume. »

Narbonne dit que clans cette fabrique on fit fondre une quantité prodigieuse de pièces d'or frappées en 1716, pendant le ministère du duc de Noailles, et qu'on appelait à cause de cela louis aVor de Noailles ; qu'avec cet or, ces ouvriers faisaient des boites et des cadrans à leurs montres; que ces montres sont devenues très à la mode; que tout le monde voulait en avoir; que les plus simples particuliers, et jusqu'aux maîtres laquais, portaient des montres, des tabatières et des cannes à pomme d'or, et qu'il ne doute pas que cette fureur n'ait beaucoup contribué à rendre plus rare l'or monnayé.

Le 7 mai 1721, après la cbute de Law, on arrêta, dans cet hôtel, Guillaume, son frère; on mit les scellés sur tout ce qui lui appartenait, et il fut conduit à la Bastille^).

La manufacture d'horlogerie tomba avec son protecteur. Cependant le directeur, M. Sully, était resté à Versailles. « Au mois de juin 1723, dit le Mercure, M. Sully, horloger anglais, demeurant à Versailles, présenta au roi une horloge d'une nouvelle invention, qui aurait eu la propriété de ne se déranger ni sous l'influence du frottement des ressorts, ni par le froid et la chaleur, ni par

(1) Mercure de France, mai 1721.

l'inégalité de pesanteur, ni par les mouvements d'un vaisseau en mer ou d'une voiture.

« Il en a expliqué à S. M. les propriétés, en présence des princes, des principaux seigneurs de la cour et de plusieurs savants. S. A. R. Mgr le duc d'Orléans l'a voulu voir en particulier, Ta examinée avec beaucoup d'attention et en a témoigné publiquement son approbation. Le roi a fait donner à M. Sully une gratification considérable.

« M. Sully travaille à présent à une de ces horloges pour le roi, à une autre pour Mgr le duc d'Orléans, et à une troisième pour MM. de l'Académie royale des sciences, qui a nommé un de ses membres pour examiner cette machine. »

En 1780, ces hôtels furent disposés pour recevoir le garde-meuble de Monsieur, les offices de Madame, et pour loger les officiers des bâtiments de Monsieur.

JN° 20. — En 1730, maison du Franc-Cœur.

N° 22. — Par suite du décret du 23 août 1793, pour la recherche du salpêtre, des ateliers nationaux furent établis partout. L'année suivante , un nommé Pelletier commença dans cette maison un établissement pour la fabrication de ce sel. Cette fabrique fournissait, par an, de 250 à 300 kilogrammes de salpêtre. Elle dura jusque sous l'Empire.

Le 1er novembre 1827, est mort dans cette maison un homme qui fut tout à la fois dessinateur, peintre, architecte, voyageur et écrivain, Louis-François Cassas.

Cassas, après avoir passé une partie de sa jeunesse en Italie, à dessiner les vues les plus remarquables de la Sicile, de l'istrie et de la Dalmatie, accompagna M. de Choiseul-Gouffier dans son ambassade à Constantinople. Une fois en Orient, Cassas, poussé par le désir de connaître cette antique région, berceau de la civilisation,

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témoin de tant d'événements importants, et d'étudier les restes des pompeux monuments des peuples qui l'habitèrent, parcourut la Grèce, l'Asie-Mineure, la Syrie, la Palestine, et poussé par son enthousiasme d'artiste, brava tous les dangers pour visiter les ruines imposantes de Balbek et de Palmyre. 11 revint en France, chargé de nombreux et riches portefeuilles. 11 publia de magnifiques planches sur la Syrie, la Palestine, la Grèce, la Sicile et les sept collines de Rome, et un ouvrage complet sur l'Istrie et la Dalinatie, rédigé par J. Lavallée. Ce grand et bel ouvrage fait partie de la collection des voyages de la Bibliothèque de la ville de Versailles.

Cassas fit encore exécuter à grands frais une sorte de musée des plus beaux monuments d'architecture des différents peuples. Cette belle collection, inappréciable pour l'étude de l'architecture, et à la confection de laquelle il passa plusieurs années, est aujourd'hui exposée à l'école des Beaux-Arts.

Nommé inspecteur général de la manufacture des Gobelins, il contribua aux perfectionnements des produits de cet établissement. Il habitait Versailles, lorsqu'il fut frappé d'une attaque d'apoplexie, et mourut rapidement dans cette maison, à l'âge de 71 ans.

Il avait été nommé chevalier de l'ordre de Saint- Micbel et de celui de la Légioa d'honneur par le roi Louis XVIII.

N° 2G. — Sous Louis XIV, Hôtel d'Humières. Sous Louis XV, on établit dans cet hôtel une Fauconnerie, qu'on appelait le vol du Cabinet. On y dressait divers oiseaux de proie pour la chasse au vol. Cette fauconnerie exista dans cet hôtel jusqu'en 1770.

il 20

N° 28. — Hôtel de Fagon, premier médecin du roi Louis XIV, et longtemps habité par son fils, conseiller d'État sous Louis XV.

N° 30. — Maison appartenant, sous Louis XIV, à Lejongleur, ingénieur pour la recherche des eaux. Lejongleur fut chargé de rechercher toutes les eaux des sources des environs et de les amener à Versailles; il s'acquitta de cette tâche avec beaucoup d'habileté, et fournit ainsi, pendant tout le règne de Louis XIV, d'excellentes eaux à boire à la ville. On a malheureusement laissé détériorer les beaux travaux de Lejongleur, et aujourd'hui Versailles est presque entièrement privé de ces eaux de source, dont Louis XIV, grand amateur d'eau, appréciait si bien la bonté.

N08 32, 34. — Maisons appartenant, sous Louis XIV, à Denis père et fils, tous deux commandants des fontaines de la ville et des parcs de Versailles.

Le réservoir qui formait la fontaine des Quatre-Bornes date de l'époque de Louis XIV; cette fontaine recevait de l'eau de source. On a vu, dans le récit du massacre des prisonniers d'Orléans, que Richaud (Hyacinthe), alors maire de Versailles, écoutant la voix de son cœur, et sans calculer ce que pouvait avoir de dangereux pour lui son opposition à des crimes qui semblaient autorisés par le gouvernement de cette époque, fit des efforts surhumains pour s'opposer à des actes de cruelle barbarie, et fut lui-même sauvé du massacre par le dévouement d'un de ses concitoyens. Depuis cette époque, le nom de Richaud était resté vénéré des habitants de Versailles ; mais aucun monument public, aucune inscription ne rappelaient cet acte d'héroïsme civique à la recon-

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naissance publique. Il y a déjà quelques années cependant, l'administration municipale donna son nom à l'une des rues de la ville. Aujourd'hui elle vient de l'aire graver sur cette fontaine publique, devant laquelle s'est accompli l'acte de dévouement civique de Richaud , une inscription destinée à en rappeler le souvenir. Là voici :

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