RUE DE LA CATHÉDRALE
Cette rue n'existe que depuis 1743. On la confondit d'abord avec la place Saint-Louis dont elle porta le nom. Pendant la révolution, elle fut nommée rue de l'Abondance, et depuis la création de l'évêché, elle s'appelle rue de la Cathédrale. Elle se dirige du nord au sud, de la rue de l'Orangerie à la place Saint-Louis, et a, de longueur, 32 mètres 50 centimètres, sur 17 mètres 50 centimètres de largeur.
COTÉ GAUCUE.
N° 1. — Au premier étage de cette maison vinrent se placer, le k mai 1789, le duc de Normandie (Louis XVII), et Madame, fille du Roi (ducbesse d'Angoulème), pour voir passer la procession des états-généraux.
COTE DKOIT.
N° 2. — Maison construite sous la fin du règne de Louis XV, par Dupont de Beauregard, l'un des chirurgiens de Monsieur, depuis Louis XVIII. Cette maison est encore connue sous le nom de Pavillon Beauregard.
La place Saint-Louis n'existe aussi que depuis 1743. Nommée place Saint-Louis dès son origine, on l'appela, en 1793, place de l'Abondance. Elle a repris son premier nom en 1806. La place Saint-Louis a 112 mètres 60 centimètres dans sa partie la plus étroite, et 116 mètres 95 centimètres daus sa partie la plus large. Sur le côté droit de cette place, du côté de la rue Satory, existe une fontaine, construite en 1766, sur les dessins de l'architecte
Pluyette. On vient de la réparer, et l'on y a inscrit les vers suivants faisant allusion au voisinage de l'église :
UNE EAU PLUS VIVE ICI PRÈS VOUS RÉCLAME : SON FLOT JAILLIT A LA VOIX DU PASTEUR, POUR APAISER TOUTES LES SOIFS DU COEUR ET LAVER LES TACHES DE L'AME.
montàlant-bougleui.
Cette fontaine vient de recevoir de l'eau de source.
Nous avons déjà dit qu'après le retour de Louis XV à Versailles, la ville s'était agrandie du côté du Parc-aux- Cerfs. Cet agrandissement était déjà tel, en 1725, que pour éviter aux habitants de ce quartier la nécessité d'aller à Notre-Dame assister aux offices, le roi fit construire une petite église, comme succursale de la paroisse, dans l'endroit même où se trouve aujourd'hui l'évêché.
Le 27 avril 1727, on commença à y dire la messe et à y enterrer les morts. On y baptisa, pour la première fois, le 17 mai 1728. Elle fut érigée en paroisse sous l'invocation de saint Louis, roi de France, par un décret de l'archevêque de Paris, du k juin 1730, et le 19 du même mois s'y fit le premier mariage. L'érection de la chapelle en paroisse fut confirmée par un édit du roi, du mois de décembre 1731, et le 8 mai 1734, le curé et les marguilliers de l'église Notre-Dame donnèrent leur consentement à l'enregistrement de cet édit.
Bientôt cette église devint trop petite pour le nombre toujours croissant des habitants de ce quartier. Le roi résolut alors d'en faire élever une plus grande, et adopta les plans présentés par Jacques Hardouin Mansart
de Sagonne, petit-fils de l'architecte de Louis XIV, et lui-même architecte du roi. Le 8 mai 1742, les premiers travaux furent commencés, et le roi ayant désiré poser la première pierre, cette cérémonie eut lieu le 12 juin 1743.
La veille, 11 juin, l'archevêque de Paris, de Vintimille, arriva à Versailles, et se rendit à la maison des Missionnaires de la paroisse Saint-Louis. Il alla ensuite processionnellement bénir une croix de bois, et la placer à l'endroit où devait être le maître-autel.
Le lendemain 12, la reine Marie Leczinska, voulant assister à la cérémonie, vint sur les onze heures du matin dans la petite église Saint-Louis, accompagnée de Mesdames de France et de toute sa cour, et y entendit la messe. Puis elle se plaça aux fenêtres de la communauté des Missionnaires, et peu d'instants après le roi arriva.
Louis XV était accompagné du dauphin. Il s'avança vers l'église et y monta par une rampe en pente douce et sablée, placée vers l'endroit où devait se trouver la principale entrée. Le contrôleur général des finances, Orry, directeur-général des bâtiments du roi, et le marquis du Muy, directeur-général des Économats, chargé spécialement de la surveillance des travaux , vinrent au-devant du roi, et lui présentèrent l'architecte Mansart.
Pendant ce temps, l'archevêque de Paris, revêtu de ses habits pontificaux, précédé de tout le clergé, la croix en tète, reçut le roi et le conduisit sous une tente, où l'on avait placé un fauteuil pour lui, et un tabouret pour le dauphin. L'archevêque, placé près de la croix posée la veille, commença les prières. Le roi les suivait dans un livre présenté par le premier aumônier. Lorsqu'elles
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furent achevées, le roi s';iv;inc,i vers la base du pilier du chœur le plus proche de l'autel, du côté de l'Évangile, pour y poser la première pierre.
Alors l'architecte Mansart présenta au directeur-général des bâtiments, Orry, la truelle d'argent faite par l'orfèvre du roi pour cette cérémonie. La truelle fut mise dans un grand bassin d'argent oblong, avec du mortier, et le directeur des bâtiments présenta le tout au roi, qui mit le mortier sur un des coins. Ensuite, l'architecte présenta au roi un autre bassin, dans lequel était un marteau d'argent, dont le roi donna trois coups sur le coin.
Après avoir ainsi posé la première pierre sous laquelle fut placée une boite en bois de cèdre, renfermant quatre médailles d'argent et une d'or, représentant le sacre du roi, son mariage, la naissance du dauphin, la dernière guerre avec l'empereur et le mariage de Madame avec don Philippe, et une plaque de cuivre doré indiquant l'époque de cette cérémonie, cette pierre fut plombée, nivelée, et le roi fit don de tous les outils d'argent à Mansart de Sagonne.
Pendant la pose de la pierre, l'archevêque de Paris, le curé de la paroisse et le clergé firent processionnellement le tour des fondations. L'archevêque donna sa bénédiction, et, immédiatement après, le directeur-général des bâtiments remit au roi une médaille d'or du poids de treize louis, qu'il donna à l'architecte. Il accorda ensuite aux ouvriers une gratification de cent louis d'or. Après avoir regardé avec beaucoup d'attention les plans présentés par l'architecte, le roi fit le tour des fondations, et se rendit à pied, accompagné de Mansart de Sagonne, dans la maison de ce dernier, rue des Tournelles, où
cet architecte avait exposé dans une de ses cours un fort grand modèle en pierre de l'église Saint-Louis. Louis XV l'examina avec soin, fit plusieurs observations tant sur l'intérieur que sur l'extérieur de l'édifice, donna beaucoup d'éloges à l'architecte, et retourna au château dans le même ordre de son arrivée.
Voici l'inscription gravée sur la plaque de cuivre doré, placée sous la première pierre :