HUE DE LA CHANCELLERIE. .'{K
fut admise pour les amuser, el presque point d'autre. Courcillon les écoutait, leur parlait dévotion, et des réflexions que son état lui faisait faire ; elles de l'admirer el de publier que c'était un saint. La d'Heudicourt et le peu d'autres qui écoutaient tous ces propos, et qui connaissaient le pèlerin, qui quelquefois leur tirait un bout de langue à la dérobée, ne savaient que devenir pour s'empêcher de rire, et au partir de là ne pouvaient se tenir d'en faire le conte tout bas à leurs amis. Courcillon, qui trouvait que c'était bien de l'honneur d'avoir madame de Maintenon tous les jours pour garde-malade, et qui en crevait d'ennui, voyait ses amis quand elle et sa mère étaient parties les soirs, leur en faisait ses complaintes le plus follement et le plusburlesquement du monde, et leur rendait en ridicule ses propos dévots et leur crédulité, tellement que, tant que cette maladie dura, ce fut un spectacle qui divertit toute la cour, et une duperie de madame de Maintenon dont personne n'osa l'avertir, et qui lui donna pour toujours une amitié et une estime respectueuse pour la vertu de Courcillon, qu'elle citait toujours en exemple, et dont le roi prit aussi l'impression, sans que Courcillon se souciât de cultiver de si précieuses bonnes grâces après sa guérison, sans qu'il rabattît quoi que ce fût de sa conduite accoutumée, sans que madame de Maintenon s'aperçût jamais de rien, et sans que, pour ses négligences même à son égard, elle se refroidît des sentiments qu'elle avait pris pour lui. Il faut le dire, excepté le manège sublime de son gouvernement avec le roi, c'était d'ailleurs la reine des dupes (1). »
Sous Louis XVI, on mit dans cet hôtel les gardesdu-corps de Monsieur, placés plus tard avenue de Sceaux, n° 8.
N° 10. — Hôtel de Luxembourg, sous Louis XIV. En 1734, hôtel de Pontchartrain.
Depuis longtemps on desirait avoir à Versailles une salle de concerts. Quelques habitants de la ville se réu-
(1) On peut voir dans la Vie de Dangeau, publiée en tête du Journal du marquis, par MM. Soulié, Dussieux, de Chennevières, Mantz et 'de Montaiglon, que madame de Maintenon n'était pas aussi dupe que veut bien le dire Saint-Simon.
nirent pour réaliser ce désir, et une société à responsabilité limitée fut constituée, au capital de 100,000 fr.
La place de cet ancien hôtel fut choisie pour y mettre la nouvelle salle de concerts, et la construction en fut confiée à M. Armand Petit.
La dépense de construction et de premier établissement s'éleva à la somme de 70,000 fr.
Cette salle, destinée d'abord à des concerts, à des représentations équestres, et à des bals, est devenue depuis quelque temps, plus spécialement, une salle de spectacle ; des loges y ont été installées dans les galeries du premier étage, la scène a été agrandie, et des aménagements pour les acteurs ont été établis.
La salle décorée simplement et élégamment est fort bien éclairée; elle peut contenir 1,200 personnes.
N° 12. — Hôtel du duc de La Vallière.
N° 14. — Hôtel du comte d'Évreux, puis du duc de Melun.
Cet hôtel appartenait, en 1700, au cardinal de Bouillon. Dans les papiers de la Secrétairerie d'État, aux Archives générales de l'Empire, on trouve, à la date du 12 novembre 1700, une lettre du Ministre ainsi conçue :
« Le Ministre à M. Bontemps (gouverneur de Versailles) .
« S. M. n'a pas voulu qu'on loue la maison du cardinal de Bouillon, rue de la Chancellerie, pour ne pas déplacer M. le comte d'Évreux ni M. le prince d'Auvergne. »
N° 16. — Vieil hôtel de Duras.
Nos 18, 20, 22. — Anciens hôtels de l'Extraordinaire