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CARREFOUR DE MONTREUIL

Le carrefour de Montreuil se trouve placé entre l'avenue de Saint-Cloud, la rue de Montreuil, et l'avenue de Picardie. Sa forme est ronde. IL a 95 mètres de diamètre. Pendant assez longtemps les exécutions capitales se firent sur cette place.

N° 2. — Villa Moricet.

C'était autrefois une petite maison appartenant au roi. Madame de Pompadour y venait quelquefois pour s'y promener et jouir du joli point de vue de la terrasse du jardin, donnant sur les étangs Montbauron. En 1760, il se passa dans cette maison une aventure ainsi racontée par madame Duhausset, dans ses Mémoires :

« Madame (1) me fit appeler un jour et entrer dans son cabinet où était le roi, qui se promenait d'un air sérieux. « Il faut, me ditelle, que vous alliez passer quelques jours à l'avenue de Saint-Cloud dans une maison où je vous ferai conduire; vous trouverez là une jeune personne prête à accoucher. » Le roi ne disait rien, et j'étais muette d'étonnement. « Vous serez la maîtresse de la maison, et présiderez, comme une déesse de la Fable, à l'accouchement. On a besoin de vous pour que tout se passe suivant la volonté du roi, et secrètement. Vous assisterez au baptême et indiquerez les noms du père et de la mère. » Le roi se mit à rire, et dit : « Le père est trèshonnête homme. » Madame ajouta : « aimé de tout le monde, et adoré de tous ceux qui le connaissent. » Madame s'élança vers une petite armoire, et en retira une petite boîte qu'elle ouvrit. Elle en sortit une aigrette de diamants, en disant au roi : « Je n'ai pas voulu, et pour cause, qu'elle fût plus belle. — Elle l'est encore trop. » Et il embrassa madame en disant : « Que vous êtes bonne! » Elle pleura d'attendrissement, et mettant la main sur le cœur du

(1) Madame Duhausset appelait toujours ainsi madame de Pompadour.

roi : «C'est là que j'en veux, » dit-elle. Les larmes vinrent aux yeux du roi, et je me mis aussi à pleurer, sans trop savoir pourquoi. Ensuite il me dit : « Guimard vous verra tous les jours pour vous aider et vous conseiller; et au grand moment vous le ferez avertir de se rendre auprès de vous. Mais, nous ne parlons pas du parrain et de la marraine ; vous les annoncerez comme devant arriver, et, un moment après, vous aurez l'air de recevoir une lettre qui vous apprendra qu'ils ne peuvent venir. Alors vous ferez semblant d'être embarrassée, et Guimard dira : « Il n'y a qu'à prendre les premiers venus; » et vous prendrez la servante de la maison, et un pauvre ou un porteur de chaises, et ne leur donnerez que douze francs pour ne pas attirer l'attention. — Un louis, ajouta madame, pour ne pas faire d'effet dans un autre sens.... » Guimard, dit le roi, vous dira les noms du père et de la mère. Il assistera à la cérémonie qui doit être le soir, et donnera les dragées. Il est bien juste que vous ayez les vôtres. Et il tira cinquante louis, qu'il me remit de cette mine gracieuse qu'il savait prendre dans l'occasion, et que n'avait personne autre que lui dans son royaume. Je lui baisai la main en pleurant. « Vous aurez soin de l'accouchée, n'est-ce pas? c'est une très-bonne enfant qui n'a pas inventé la poudre, et je m'en fie à vous pour la discrétion ; mon chancelier vous dira le reste, » dit-il en se retournant vers madame. Et il sortit. « Eh bien ! comment trouvez-vous mon rôle? dit-elle. — D'une femme supérieure et d'une excellente amie, lui dis-je. — C'est à son cœur que j'en veux, me dit-elle, et toutes ces petites filles, qui n'ont point d'éducation, ne me l'enlèveront pas. Je ne serais pas aussi tranquille si je voyais quelque jolie femme de la cour ou de la ville tenter sa conquête. » Je demandai à madame si la jeune personne savait que le roi était le père. « Je ne le crois pas, dit- elle; mais comme il a paru aimer celle-ci, on a craint qu'on ne se soit trop empressé de le lui apprendre; sans cela, on dit à elle et aux autres, dit-elle en levant les épaules, que c'est un seigneur polonais, parent de la reine, et qui a un appartement au château. » Cela a été imaginé à cause du cordon bleu que le roi n'a pas souvent le temps de quitter, parce qu'il faudrait changer d'habit.... Madame me dit: a Tenez compagnie à l'accouchée, pour empêcher qu'aucun étranger ne lui parle, pas même les gens de la maison. Vous direz toujours que c'est un seigneur polonais fort riche, et qui se cache à cause de la reine, sa parente, qui est fort

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