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RUE D'ARTOIS

Avant la Révolution, cette rue portait le nom de rue Neuve-d'Artois, parce que le nom d'Artois était déjà donné à une autre rue du quartier Saint-Louis (portion de la rue Saint-Martin). On l'appela de ce nom parce que le comte d'Artois possédait dans cette rue une petite maison, qui existe encore . au n° 2. En 1793, elle prit le nom de la rue Neuve-aux- Boeufs. Elle a 131 mètres 95 centimètres de long, et 9 mètres de large.

N3 1 . — Ancienne manufacture des étoffes dites de Versailles, de M. Despréaux.

M. Despréaux fut l'inventeur d'une industrie nouvelle, consistant dans l'application de la gravure à toutes sortes d'étoffes, et même au cuir, ce qui lui permit d'imiter les belles étoffes et les cuirs de Venise.

M. Despréaux s'est occupé de cette industrie pendant plus de trente ans. Dans un rapport adressé au Ministre du Commerce et de l'Agriculture, en 1855, M. Albert Lenoir, professeur à l'Ecole des Beaux-Arts et architecte

RUE l'artois. 431

du Musée de Cluny, fait remarquer que M. Despréaux, réunissant à l'art du mécanicien et du graveur les connaissances chimiques, a pu obtenir : 1° des machines à mouvement continu et rapide ; 2° un système de gravure des plus précis pour la reproduction des formes, des plus économiques et des plus expéditifs pour l'exécution des gravures; 3° une combinaison des matières colorantes assez solide pour résister à tous les agents destructeurs.

Il ajoute que les résultats obtenus par cet habile industriel sont : 1° la reproduction, sur les cuirs et maroquins, des plus riches tentures vénitiennes gravées et dorées qui se fabriquaient au xvie siècle; — 2° l'application des dessins les plus délicats sur les velours de coton unis, ce qui les rend aptes à entrer dans les riches ameublements, la carrosserie, etc.; — 3° la confection de tapis de pieds, de tables, de tentures d'appartements, d'articles de vêtements en laine ; — k° sur tissus légers, l'impression de robes de femmes dans tous les genres, rideaux transparents, etc.; — 5° l'imitation, sur toutes étoffes de soie, des plus beaux effets du broché, par des procédés beaucoup plus rapides que le métier à la Jacquart; — 6° la reproduction, sur les étoffes lamées d'or et d'argent, des ornements d'église les plus riches, des tentures les plus brillantes. Tous ces produits présentent, dans les prix de revient, des réductions considérables sur les objets analogues.

N. 3. — École de garçons.

Pendant la Révolution, l'église fut transformée en école. On voit encore sur le linteau de la porte méridionale, en gros caractères à demi effacés, l'inscription :

432 HISTOIRE DE VERSAtLLES.

Ecoles gratuite. On doit croire que l'instituteur ne lut jamais son enseigne, ou qu'il en subit, en maugréant, la compromettante orthographe.

Au rétablissement du culte, l'école fut installée rue Champ-la-Garde, n° 7. En 1826, elle vint se fixer rue d'Artois, où elle est encore aujourd'hui. En 1850, cette école fut confiée aux frères de la Doctrine chrétienne. Aujourd'hui c'est une école laïque.

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