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RUE DE PROVENCE

La rue de Provence est dirigée du sud au nord, de l'avenue de Saint-Cloud au boulevard de la Reine. Elle a 260 mètres 52 centimètres de long, sur 11 mètres 70 centimètres de large. Son nom lui a été donné en souvenir de Monsieur, comte de Provence, frère du roi Louis XVI , et depuis roi lui-même sous le nom de Louis XVIII. En 1793, on l'appela rue Montesquieu. En 1806, elle reprit le nom de Provence. En 1840, elle prit celui de Jardin-des-Plantes, par suite de l'établissement du jardin dont nous allons parler; enfin en 1852, on la nomma de nouveau rue de Provence.

N° 5. — Ancienne entrée du Jardin-des-Plantes de la ville.

En 1832, un enfant de Versailles, François Philippar, botaniste distingué, proposa à l'administration municipale l'établissement d'un cours de botanique et la création d'un Jardin-des-Plantes à Versailles. Le cours gratuit fut commencé par lui, au mois d'avril 1833, et le jardin fut ouvert en 1834. Il était placé à l'endroit même où se trouve aujourd'hui le débarcadère du chemin de fer de la rive gauche. Ce jardin comptait un grand nombre de plantes, lorsqu'en 1838 l'administration du chemin de fer de la rive gauche s'en empara. Dans ce moment, les religieuses Augustines, établies sur l'avenue de Saint- Cloud, et dont nous avons déjà parlé, quittaient Versailles pour aller à Verdun. Leur jardin longeait celui du collège et appartenait à la ville, qui l'avait concédé provisoirement aux religieuses. La ville le reprit, y plaça le jardin botanique, et l'entrée fut établie sur la rue de Provence. Ce jardin, quoique situé un peu loin, était fréquenté par un assez bon nombre d'amateurs de plantes et par les jeunes gens s'occupant de l'étude des sciences. En 1851, le conseil municipal, voulant alléger le budget de la ville, supprima plusieurs dépenses qui lui paraissaient un peu lourdes, au nombre desquelles se trouva l'allocation votée chaque année pour l'entretien du Jardin-des-Plantes. 11 fut donc supprimé. Au moment de la suppression il contenait 6,000 plantes nommées et cataloguées (1).

N° k. — Maison où est mort l'avocat Armand-Emile

(1) Voir, pour plus de détails, le Catalogue méthodique des végétaux du Jardin-des-Plantes de Versailles; parM. F. -A. Philippar. Un volume in-8°.

Landrin. Né a. Versailles en 1803, Landrin devint un des avocats Les plus distingués du barreau de Paris. Nommé en 1848 Procureur de la République près le tribunal de la Seine, il déploya beaucoup de zèle au milieu des troubles de cette époque, et démocrate modéré il s'efforça toujours de rechercher les coupables sans distinction de personnes. Chargé de demander à l'Assemblée nationale l'autorisation de poursuivre M. Louis Blanc, et désavoué par M. Crémieux, ministre de la justice, il n'hésita point à donner sa démission avec un éclat fâcheux pour le ministre.

Nommé représentant de Seine-et-Oise, par 72, 208 suffrages, il résigna son mandat le 20 avril 1849, après avoir été élu par l'Assemblée nationale membre du Conseil d'État. Sorti du conseil par le sort, il reprit sa place au barreau de Paris et fut nommé au conseil de l'ordre, dont il avait déjà fait partie. Landrin est mort le 7 juillet 1859.

Autrefois la bifurcation des deux chemins de Vaucresson et de Saint-Cloud se faisait au haut de la butte. La route tournait à gauche, et la division des deux routes avait lieu à l'endroit où étaient les Moulins. Les difficultés que les voitures éprouvaient pour venir de Saint- Cloud à Versailles par cette voie, firent songer à son amélioration. En 1779, on perça dans la direction même de l'avenue un chemin au milieu des sables de la butte. Les sables furent rejetés de l'autre côté pour former l'énorme chaussée de Fausse-Repose, et la belle route de Ville-d'Avray.

Ces travaux durèrent jusqu'en 1782, et furent exécutés sous la conduite de l'ingénieur Le Brun, par le régiment de Picardie, qu'on avait fait venir exprès. Les promeneurs de Versailles qui avaient l'habitude d'aller voir ces travaux, surnommèrent ce régiment le régiment de la pioche. Cette portion de l'avenue de Saint-Cloud porte depuis cette époque le nom d'avenue de Picardie.

En 1793, elle' reçut les noms d'avenue de /' Orient- Extra ou de Ville- (VAvray. Depuis 1866, on la nomme de nouveau avenue de Picardie.

L'avenue de Picardie se dirige du sud au nord, du carrefour de Montreuil à la barrière de Picardie. Elle a 687 mètres 55 centimètres de longueur, et 58 mètres 50 centimètres de largeur. Ses quatre rangées d'arbres ont été replantées comme celles de l'avenue de Saint- Cloud, en 1772.

Nous avons déjà dit que Louvois avait choisi la butte de Montbauron pour y faire arriver l'eau de la machine de Marly. Pour faciliter cette arrivée, on construisit, tout le long du côté droit de l'avenue de Picardie, un aqueduc reliant la butte de Picardie à celle de Montbauron. Cet aqueduc, que l'on appelait aussi le gros mur de Montreuil, avait 1,056 mètres de long, sur 30 mètres de hauteur; sa base était de 4 mètres 65 centimètres, et la partie sur laquelle se trouvait la conduite d'eau, de 2 mètres. Les travaux de cet aqueduc commencèrent en janvier 1684, et furent terminés en novembre 1685. Il était bâti en pierres meulières, et présentait de distance en distance des arcades pour la communication des chemins.

Cet aqueduc donnait à cette partie de Versailles un

aspect curieux, que Monicart rappelle ainsi dans son Versailles immortalisé :

Les arcades de pierre, et qu'à main droite on voit, Égales en hauteur aux montagnes voisines,

Qui semblent même, on le croirait, Soutenir un grand pont sur leurs larges machines, Portent dessus leur cintre un long et creux canal,

Qui fournit au séjour royal

Des eaux

Puis il ajoute plus loin, en parlant du même aqueduc :

Il a six mille pieds de long, Quatre-vingts de hauteur, large à proportion : Où peut-on dire ailleurs qu'un semblable se trouve? Il décharge ses eaux sur ce sablonneux mont Qui s'appelle ici Montbauron, Dans de grands réservoirs qui sont les réceptacles De celles qu'on conduit à ses divers jardins, Pour y former des mers, des étangs, des bassins, Et qui te paraîtront comme autant de miracles. Avant que d'achever ces immenses desseins, Il a fallu, mortel, vaincre beaucoup d'obstacles, Et raser de ces monts les étendus pinacles ; Car ils portaient leur cime autrefois dans ces lieux Bien plus haut qu'à présent, et touchaient jusqu'aux cieux, Et l'on vit employer à ce pénible ouvrage

Vingt mille hommes et davantage; Mais ce qui rendait plus ces travaux surprenants, Et que l'on peut nommer insignes, C'est qu'on les fit en moins de temps Qu'il n'en aurait fallu pour vendanger les vignes,

Qui de ces mêmes monts pourraient couvrir les flancs.

Nous avons déjà dit que le peu d'eau amené par la machine de Marly fit renoncer à son emploi pour Versailles, et qu'on la consacra tout entière à Marly. Depuis longtemps il ne passait plus d'eau sur l'aqueduc de Montreuil, quand le duc d'Antin en ordonna la démo-

lition. Elle eut lieu en 1739. Les pierres provenant de cette démolition servirent à faire le grand aqueduc souterrain, qui s'étend de la rue Neuve à Gallie. Cet aqueduc coûta 828,310 liv. 4 s. 8 d.

Les deux moulins qui étaient au haut de la butte ont été bâtis en 1780, par un nommé Boullet. On les avait construits pour les usages du Marché de Versailles, alors très-considérable.

C'est par la grille de l'avenue de Picardie, qu'en 1830 le roi Charles X entra à Versailles, le lendemain des journées de Juillet. Entouré de ses gardes-du-corps et d'une partie de sa garde, il se rendit à Trianon, et le lendemain il gagna Rambouillet, d'où quelques jours plus tard il partit pour l'exil. Dix-huit ans après, le 24 février 1848, Louis-Philippe, le roi que la Révolution avait porté sur le trône de Charles X, traversait à son tour cette barrière, mais sans gardes et dans une voiture de louage, pour aller aussi à Trianon, et de là dans l'exil, chassé aussi par une révolution populaire. Triste exemple des vicissitudes de ce monde- et du peu de solidité des grandeurs de la terre !

RUE TRAVERSIERE.

Cette rue s'étend du sud au nord, de la rue de Montreuil à l'avenue de Picardie. Elle a 81 mètres de long, sur 5 mètres 35 centimètres de large. Elle portait autrefois le nom de rue de l'Égout, à cause d'un égout dans lequel venaient se jeter les eaux du quartier. Depuis que cet égout a été placé sous l'un des bas-côtés de l'avenue de Picardie, elle a recule nom de rue Traversière.

RUE DU REFUfiE.

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