RUE DU REFUGE
La rue du Refuge s'étend du sud-est au nord-ouest, de la rue des Condamines à la rue de Montreuil. Elle a 405 mètres de longueur et 9 mètres de largeur. Elle portait autrefois le nom de rue aux Bœufs. Ce nom lui était resté en souvenir de la route suivie par les troupeaux de bœufs, pour se rendre à Paris, avant la création de Versailles comme ville. Il y a quelques années, l'administration municipale lui a donné celui du Refuge, à cause du couvent de ce nom.
Cette rue originairement tortueuse a été redressée et élargie dans la partie comprise entre la rue d'Artois et celle des Condamines. L'administration municipale fait faire les travaux préparatoires pour rectifier le reste de cette rue, qui viendra déboucher directement au carrefour de Montreuil.
N° 3. — Maison du Refuge.
Les religieuses qui habitent cette maison vivent sous la règle de saint Augustin et les constitutions de saint François de Sales. Elles sont aujourd'hui au nombre de seize religieuses de chapitre ou de chœur, de six converses et de deux tourrières. La clôture, selon l'esprit de l'ordre, y a été établie d'une manière rigoureuse en 1843, par des constructions faites exprès.
Le 2 juillet 1804, ces religieuses se constituèrent de débris laissés par la révolution, et vinrent habiter Soisysous-Étiolles.
Un an après elles se fixèrent, au nombre de cinq, à Versailles, rue des Mauvaises-Paroles, et reprirent dès
lors leurs fonctions auprès des pauvres filles égarées.
En 1806, elles achetèrent la maison qu'elles occupent aujourd'hui et vinrent s'y fixer. Outre les cinq religieuses, il y avait alors quinze pénitentes.
En 1836, elles ajoutèrent à la grande classe, ou des pénitentes, une petite classe pour abriter de jeunes filles au-dessous de quinze ans. C'est la classe de préservation, qui compte aujourd'hui vingt-huit élèves, tandis que la grande classe en compte trente-trois.
La chapelle neuve a été construite par M. Blondel, en 1846, et tout le corps neuf du monastère, du côté du nord-est, date de 1855.
L'apport des religieuses a fait les frais des constructions et acquisitions successives. L'alimentation et les frais d'entretien reposent sur un secours annuel du Ministère des Cultes, de 2,000 fr., une allocation du département, de 1,000 fr., et une rente de 700 fr. ; le reste provient de la charité, car le produit des pensions des filles recueillies dans l'établissement subvient à peine à la moitié de leur dépense. La faiblesse morale, qui vient chercher là un abri, tient pour une large part à la misère physique;. Elle ne peut donc subvenir aux frais que commande sa guérison.
On n'entre dans la grande classe que de son choix et en promettant d'y faire au moins un séjour de six mois. La couture occupe aux heures que ne réclament pas la tenue matérielle de la maison et l'instruction morale et religieuse.
La petite classe est à la fois une école primaire et un ouvroir ; car on y entre à sept ans, et on en sort à quinze ans au plus tard.
RUE ALAIN -(iEU VAIS. 445
IN" 7. — Jardin appartenant autrefois au pharmacien Muury, et dans lequel fut enterré François Giroust, le dernier surintendant de la musique des rois de France.
François Giroust naquit à Paris le 9 avril 1730. Dès ses plus jeunes ans, il fit paraître beaucoup de goût pour la musique. Après l'exécution de quelques-unes de ses compositions à Notre-Dame de Paris, il fut nommé maître de chapelle de la cathédrale d'Orléans. L'attention publique fut attirée sur lui par un prix qu'il remporta en 1768, â la suite d'un concours ouvert au concert-spirituel, pour la meilleure musique écrite sur le Psaume Super flumina Babylonis. On l'appela à Paris pour être maître de chapelle des Innocents. Quelques années après, en 1775, il succéda à l'abbé Gauzagues dans la place de maître de la chapelle et de surintendant de la musique du roi. 11 écrivit beaucoup de motets pour la Chapelle et fit exécuter au concert-spirituel plusieurs Oratorios, entre autres celui du Passage de la Mer Rouge. Giroust ne quitta point Versailles après le départ du roi. Il accepta la place de concierge du Château, et dirigea la musique des fêtes nationales et républicaines qui eurent lieu à Versailles. 11 est l'auteur d'un chant républicain très-répandu alors, portant le nom de la Versaillaise. Il mourut assez ignoré, dans sa place de concierge du Château de Versailles, le 28 avril 1799. Sa veuve ne voulut point que son corps fût déposé dans la terre commune ; elle demanda et obtint de la Municipalité la permission de le faire porter dans le jardin d'un de leurs amis, où elle venait tous les jours le visiter.