A Calore
SIS LES ALBIGEOIS ET L'INQOISlTlOy
de bois ; et tout à côté sur la hauteur se montrait le château de Rodeilla, séjour du fameux Pons- Adhémar, précepteur et cousin du comte de Foix. Plus loin, ils traversèrent Saverdun, manoir d'Arnault de Villamur, l'un des chevaliers les plus accomplis de ce siècle. Il n'existe plus une seule pierre de son château*, dont le monticule est transformé en calvaire, où s'élève aujourd'hui dans un groupe de cyprès un Christ colossal, monument de la victoire catholique sur le catharisme qui niait, hélas I bien à tort, la crucifixion du Verbe éternel*. Arrivés à Pamiers, ville qui relevait du roi de France, les deux commissaires envoyèrent une nouvelle députation, probablement les abbés de Saint-Volusien et de Bolbonne, au comte de Foix. Roger-Bernard demeura inébranlable dans son courage inexpugnable et son inaccessible donjon. Épouvantés d'une nouvelle croisade, ses barons, ses consuls, ses serviteurs, vinrent se jeter à ses pieds. Le prince se laissa fléchir à leurs larmes et consentit enfin à l'entrevue qu'on lui offrait à Saint- Jean-des- Verges (San Joan de las Vergas), à une lieue au nord de Foix. La conférence devait avoir lieu dans l'église rustique, construite, ainsi que son bourg, sur un ancien camp romain, et dont le nom tristement symbolique convenait à cette scène où l'hérésie johannite allait de
1. C'est au château de Saverdun que furent célébrées les noces du comte Ramon-Roger, et de Philippa de Montcade, mère de Roger-Bernard (1178). Olhagaray.
2. Mais à côté s'élève un village d'origine évidemment cathare, Sainte-Colombe.